Noée Murchison, journaliste… et maman
Noée Murchison, jeune recrue du Journal de Montréal, s’est retrouvée dans son cégep de Victoriaville, pour parler, particulièrement, de sa percutante enquête Sorry I dont speak french parue dans les premières pages du quotidien montréalais en janvier et, plus généralement, de son travail de journaliste.
L’activité s’inscrivait dans le contexte des Mercredis des sciences humaines et se déroulait devant un auditoire de collégiens et d’enseignants.
Sous la forme d’une interview menée par le prof Louis-Simon Pilote, la jeune femme de 26 ans, originaire des Bois-Francs (Tingwick), déjà maman de trois enfants (9, 7 et 3 ans), s’est généreusement prêtée au jeu des questions et réponses.
Par son enquête, elle a démontré qu’il était facile de se faire embaucher dans des restos, cafés, boutiques montréalais même si l’on ne parlait que l’anglais. Aux 97 employeurs à qui elle avait fait parvenir son curriculum vitae unilingue, huit seulement avaient refusé d’emblée ses services. Pendant sept semaines, elle a cumulé divers emplois dans 15 établissements, où elle ne s’adressait aux clients qu’en anglais. Un seul employeur l’a finalement envoyée travailler dans le «back store», quelques autres lui demandaient simplement de dire «bonjour» ou «merci» en français.
Elle s'adressait aux clients uniquement en anglais, sans soulever leur indignation. Même que certains baragouinaient l’anglais pour se faire comprendre plutôt que d’exiger de se faire servir en français. «Réflexe de colonisés?», a demandé une prof à la jeune journaliste.
Relatant les explications d’experts avec qui elle s’est entretenue, Noée Murchison a répondu que depuis le référendum de 1995, les francophones préfèrent éviter le trouble et la confrontation. «Et puis, quand tu vas acheter des jeans ou un savon, t’as pas envie de faire un statement politique chaque fois qu’on s’adresse à toi en anglais. C’est généralement une rencontre humaine entre personnel et clients, une relation où l’on est gentil et conciliant.»
Éthique?
Oui, elle s’est, à certains moments, sentie inconfortable de mentir à des employeurs et d’infiltrer leurs établissements pour mener son enquête journalistique, a-t-elle répondu à M. Pilote qui lui demandait si cette façon de faire était «éthique et morale».
La jeune reporter estime que la méthode était, dans ce cas, justifiée. C’était, selon elle, la seule façon d’observer de l’intérieur les pratiques quotidiennes de plusieurs commerces, les relations avec les clients. Comme journaliste, il lui aurait été difficile de se poster longtemps au même endroit pour noter ses observations.
Félicitations, plainte et menace de mort
Les réactions qu’a provoquées son enquête ont largement dépassé tout ce à quoi elle s’attendait. «D’abord, c’est sorti très gros!», a-t-elle dit. @R:La semaine a été «éprouvante» pour elle, étant invitée à donner des entrevues à toute une série de médias.
Son reportage a suscité une large gamme de réactions, des débats dans les quotidiens francophones et anglophones, des prises de position des partis politiques, des félicitations, un appel de l’ex-premier ministre Bernard Landry la remerciant d’avoir mis au jour des pratiques dont on soupçonnait l’existence.
Mais elle a eu aussi droit à des courriels haineux, certains lui reprochant d’avoir été «traître» et «rat». «Et j’ai même eu une menace de mort.»
Le mouvement Alliance Québec y est allé d’une plainte au Conseil de presse à l’encontre de la journaliste et du Journal de Montréal leur reprochant de «déconstruire l’harmonie sociale». «C’est une accusation qui va un peu loin, a dit la journaliste. C’est vrai, on le constate, que le sujet de la langue soulève les passions.»
Journaliste et maman
Noée Murchison ne saurait dire quelles répercussions à long terme aura son enquête. Est-ce que la Charte de la langue française sera renforcée? Est-ce que les établissements commerciaux modifieront leurs pratiques? «Je ne le sais pas, mais au moins ça a remis le sujet sur la place publique», a dit la journaliste.
Au plan personnel, ce reportage lui aura valu un poste permanent au Journal de Montréal, une «chance» inouïe, dit-elle.
Encore cette semaine, elle faisait la une du quotidien, s’étant cette fois «infiltrée» dans les autobus de la STCUM, réussissant, 27 fois sur 28, à ne pas payer son passage. Pour cette enquête, son «inconfort» était vraiment passager.
Le métier de journaliste la ravit. «C’est un métier qui change et qui propose un nouveau défi tous les jours.» Il faut assimiler et vite comprendre pour écrire un jour sur le réseau d’aqueduc et le lendemain sur la chasse aux phoques ou les déneigeurs, a-t-elle raconté.
Parfaite bilingue, on s’en doutait, elle tient à préserver ce double héritage qu’elle a reçu, le français de sa mère, l’anglais de son père (Bruce, originaire d’Ontario, prof de langues au Cégep) en envoyant ses enfants à l’école anglaise, comme ses parents l’ont fait avec elle. «Je sais l’importance de préserver le français et ça ne m’inquiète pas d’envoyer mes enfants étudier en anglais, parce que, à la maison, on parle français.»
Elle est arrivée au journalisme par un baccalauréat en sciences politiques à l’Université du Québec à Montréal et diverses expériences à la radio et dans des journaux étudiants de l’UQAM. Sa sœur, journaliste aussi, a été pour elle une source d’inspiration.
Concilier journalisme et famille? «Je ne suis pas la seule journaliste à avoir des enfants, dit-elle. C’est une question d’organisation. Et puis, j’ai de l’aide. Avoir des enfants, ça ne devrait pas nuire ni être un frein.»
Noée Murchison croit, au contraire, que d’être mère enrichit son point de vue et son jugement de journaliste.
ANGÈLE cÔTÉ
Commentaire mis en ligne le 8 octobre 2008Je suis estomaqué! comment avez vous choisis vos personnes pour visiter Montréal? Il y a des limites; quand je suis allé a Montréal pour la première fois il n'y as pas si longtemps je ne cherchais qu'avoir des choses nouvelles un peu comme quelq'un qui ce rend dans 1 autres pays car il est grand notre Québec. Vous devriez entendres les Montréalais qui viennent a Forestville et qui cherches les ours et les oriqnaux comme ci ceux ci venaient brouter sur nos pelouses. Bon J'ai vidée mon trop plein de venin et j'esp`re quùn jour que vous chosiré comme sujet de chronique "les Montréalais qui crois que les patates et les carottes poussent dans les arbres ,moi des Montréalais me l'ont déja demandés. Sans racune mais je voulais faire une mise au point. Angèle Côté p.s Jài une rose qui est entrain d'éclores etnous sommes le 8 octobre la