Claude Audy et Lucie Gendron
Une coalition s’organise pour contrer la fermeture de 62 lits d’hébergement
Une coalition se met actuellement en branle afin de contrer ce projet du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable de fermer 62 lits des centres d’hébergement, dont les 39 du Foyer des Bois-Francs à Plessisville. «Par une pétition, des prises de position publiques, une manifestation, on voudrait pouvoir renverser cette décision avant le début de l’été», espère Claude Audy, vice-président régional de la CSN, mais aussi travailleur dans un centre d’hébergement.
«Ce que l’on veut, c’est empêcher le transfert du public au privé des lits d’hébergement», précise Lucie Gendron, également travailleuse en centre d’hébergement et présidente du Syndicat de la santé et des services sociaux du CSSS.
Elle et M. Audy affirment que cette lutte dépasse largement les intérêts de leurs membres syndiqués. «On ne le fait pas pour sauver nos jobs. C’est normal qu’on soit les premiers à réagir, parce que c’est nous qui côtoyons tous les jours les personnes âgées en perte d’autonomie», dit Lucie Gendron.
La mobilisation est à la fois urgente et laborieuse, admettent Mme Gendron et M. Audy. «Surtout, parce que le discours des autorités du CSSS passe bien, tant auprès des personnes âgées, même aux yeux de nos travailleurs. Personne ne refuserait un projet de réorganisation qui promet plus de services à domicile. Le message que les gens entendent, c’est qu’ils pourront rester chez eux et qu’on leur offrira plus de services. Mais ce n’est pas ce qui va se passer», prétendent les instigateurs de la coalition.
Selon eux, lorsque les autorités du CSSS parlent de «services à domicile», ils incluent aussi ces foyers privés qui, précisent-ils, se multiplieront sur le territoire. «À la longue, avec le vieillissement de la population, les ressources intermédiaires seront plus nombreuses et, parce qu’elles auront faim, qu’elles seront en concurrence, elles voudront accueillir une clientèle de plus en plus lourde. Les aînés en perte d’autonomie constituent, pour le privé, une richesse naturelle à exploiter.»
Lucie Gendron considère que la qualité des soins est bien meilleure dans un îlot de centre d’hébergement de 15 personnes que dans une ressource privée de neuf personnes.
Les instigateurs de la coalition voient dans ce projet de réorganisation la première étape d’un complètement désengagement public à l’égard des personnes âgées en perte d’autonomie. «C’est une vague de fond pour privatiser les services, faire passer les ressources financières du public au privé, les remettre complètement entre les mains de propriétaires privés. La gestion et la surveillance de ces ressources privées deviendront de plus en plus compliquées.»
À plus ou moins longue échéance, ce sera, disent Mme Gendron et M. Audy, la fin des centres d’hébergement public.
Ce projet de réorganisation des services aux aînés ne peut être comparé à la fermeture du Foyer de Kingsey Falls en 1997, soutiennent encore les porte-parole de la coalition. «Il n’y avait plus de demande pour ce Foyer dont on se servait pour héberger des gens d’ailleurs que Kingsey Falls. Aujourd’hui, il y a une liste d’attente pour les lits d’hébergement de Victoriaville et de Plessisville», souligne Lucie Gendron.
Les quelques membres du noyau de coalition ont fait parvenir une centaine de lettres de demande d’appui à des organismes, des municipalités et une pétition a commencé à circuler. La Municipalité de Saint-Valère aurait donné son appui à la coalition, soutiennent les porte-parole.
Claude Audy se désole que le Comité des usagers du CSSS ait, finalement, retiré son appui à la Coalition. «Un premier vote nous l’avait donné et, lors d’une réunion subséquente, il nous a été retiré.»
La coalition devrait organiser une séance d’information au début du mois de mai pour «replacer le discours». Mme Gendron et M. Audy espèrent que des organismes prendront publiquement position contre le projet de fermeture des 62 lits d’hébergement.
On peut s’informer davantage auprès de Claude Audy au numéro 819 604-0730.