Une des membres de la communauté du Désert, Marie-Josée Roux, en compagnie du fondateur, l’abbé Gérard Marier
Dire encore sa foi dans l’espace public
16e Marche du Vendredi saint
Pour une 16e année consécutive, la communauté du Désert et la zone pastorale de Victoriaville organisent, à l’occasion de la fête de Pâques, la marche du Vendredi saint, le 21 mars, à 19 h.
La marche de deux kilomètres a pour point de départ la communauté du Désert au 90, rue Saint-Paul à Victoriaville. «L’an dernier, nous étions une soixantaine au départ, puis d’autres personnes ont joint les rangs pour ainsi faire grimper à 250 le nombre de participants à notre arrivée à l’église», rappelle Marie-Josée Roux, membre du comité organisateur et de la communauté du Désert.
Il s’agit aussi d’une marche animée. «J’anime la marche avec Jacques Martel, mentionne Gérard Marier, prêtre et fondateur de la communauté du Désert. Il y aura alternance entre chants et prières. Et c’est une femme, Johanne Hamel, qui portera la croix cette année.»
Les marcheurs se dirigeront vers l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. «Les personnes qui ne peuvent marcher peuvent se rendre directement à l’église dès 19 h où une animation est prévue», précise l’abbé Marier.
Au cours de la soirée, des témoignages seront entendus, dont celui d’un jeune. «Il nous racontera comment il a fait l’expérience de Jésus. Les jeunes, ils ont une sensibilité spirituelle», fait remarquer le prêtre.
Gérard Marier aussi prendra la parole pour élaborer sur le thème Dire encore sa foi sur la place publique.
À ce sujet, l’abbé Marier compare la religion à la politique. «Les politiciens ont un souci majeur, faire sortir le vote. Parce que la vie politique n’a plus la cote, ils appréhendent l’absentéisme de leurs partisans qui pourrait leur coûter la victoire. Les responsables de l’Église ont un souci comparable, exprime-t-il. Parce que la religion n’a plus la cote non plus, ils doivent redoubler d’effort pour faire sortir la foi.»
En ce sens, souligne Gérard Marier, la marche du Vendredi saint dans les rues représente une excellente façon de faire sortir la foi.
Et, ajoute-t-il, la foi doit s’exprimer publiquement, même si aujourd’hui, les fidèles sont plus réticents, «plus frileux», à s’afficher, à dire leur foi. «J’ai l’obsession que la religion soit offerte, et non imposée, sur la place publique. Parce que si la religion ne devient qu’une affaire privée, ce n’est plus une religion. Ce n’en est plus une si la religion cesse d’avoir un impact social», note le prêtre.
«Ma foi, poursuit-il, il faut que je l’offre. Le monde en fera ce qu’il voudra, mais c’est une responsabilité que de l’offrir.»
Mais en marchant, souligne-t-il aussi, on ne fait pas que montrer la foi. «Une raison profonde nous fait marcher ce Vendredi saint. On emboîte le pas à Jésus qui porte sa croix. Mais nous marchons également à la suite de nos aïeux qui ont fait de la croix leur étendard de procession. Il y a un ancrage dans l’histoire qu’on ne peut nier. C’est important cette relation avec l’histoire», estime Gérard Marier.
Quant à l’avenir de la foi, selon lui, elle passe par la pastorale de la rue. «L’avenir se trouve dans la place publique. Il faut apprendre à parler sans blesser et dans un langage que les gens comprennent», soutient l’abbé Marier.
Bon nombre de prêtres, croit-il, sont débranchés. «C’est un grand drame de voir l’Église vivre sans la culture. Il y a une rupture entre l’Évangile et la culture. Il faut parler avec des termes que les gens comprennent. Quant aux jeunes, ils ne reviendront pas vers les églises. L’Église doit aller vers eux», conclut-il.