Boucar Diouf présentera un extrait de son spectacle «D’Hiver cité» au cabaret théâtre le 25 mars, et sa version intégrale le 4 avril, au Cinéma Laurier. (photo:www.boucardiouf.com)
De l’humour typiquement «Boucarien» au menu du cabaret théâtre
Concernant le numéro qu’il présentera le 25 mars prochain au cabaret théâtre du Parminou, l’humoriste Boucar Diouf hésite encore entre plusieurs extraits de son spectacle, qu’il qualifie de «savoureux mélange d'humour, de contes humoristiques, de proverbes et de chansons africaines, comme un voyage aller-retour entre la savane et la banquise».
«Ce sera en tout cas un mélange heureux entre l’humour québécois et africain, bref, ce sera totalement «Boucarien»!», a lancé l’humoriste originaire du Sénégal, au téléphone. «Quand j’écris que je suis afro-québécois, je me sens exactement comme le trait d’union : entre les deux!»
Comme certains passages de son spectacle se rapprochent énormément du conte, Boucar Diouf entend probablement utiliser ceux-ci pour se mêler à la thématique choisie pour la 15e édition.
«Ce sera la première fois que je visite Victoriaville. Les organisateurs du Parminou, m’ont déjà approché l’an dernier, alors que j’offrais un spectacle à Drummondville, et c’était impossible pour moi à ce moment de participer. Cette année, je me suis dit qu’il fallait absolument que je participe!», a déclaré M. Diouf en expliquant qu’en fait, c’était pour lui un juste retour de balancier. «Le Parminou travaille également en Afrique dans ce qu’on appelle, nous, du «théâtre utile», alors c’est un grand plaisir pour moi de supporter une équipe qui travaille aussi fort ici, comme là-bas».
En effet, le Parminou ne diffuse pas seulement son théâtre d’intervention sur le territoire canadien, mais également en Europe, aux États-Unis et en Afrique. En territoire africain, le théâtre de Victoriaville s’est associé, entre autres, à la troupe Bamtaare du Sénégal pour monter un spectacle sur la violence faite aux femmes.
Pour se rendre jusqu’à la scène humoristique québécoise, Boucar Diouf a suivi auparavant un parcours assez tortueux. Sixième fils d’une famille de neuf enfants au cœur d’un fief de l’ethnie sérère, au Sénégal, il a longtemps travaillé, aux côtés de sa famille, dans les champs d’arachides. Ayant terminé une maîtrise et une attestation d’études approfondies à la Faculté des sciences de Dakar, il obtint une bourse pour faire un doctorat en océanographie, au Québec.
Armé d’une thèse sur l’adaptation des poissons au froid, il a par la suite enseigné la biochimie et la physiologie à l’Université du Québec de Rimouski pendant huit ans. Finalement, il y a moins de deux ans, Boucar Diouf s’est installé à Québec pour poursuivre sa carrière d’humoriste. Que s’est-il passé entre-temps pour que l’humour prenne autant de place dans le cœur du professeur?
«L’humour a toujours été bien présent chez moi, bien avant la science. Le Québec représentait le terrain idéal pour l’expérimenter, car en Afrique, ce genre d’occupations est plutôt refréné par les pressions sociales», a répondu l’humoriste. «L’humour, je m’en servais toujours à l’intérieur de mes cours, c’est un excellent médium de communication!», a de plus souligné M. Diouf, en expliquant que ce sont finalement ses étudiants qui l’ont fortement incité à participer à l’audition pour l’École de l’humour.
Pour l’humoriste, le 15e cabaret théâtre du Parminou sera également une excellente occasion d’obtenir une première réaction du public victoriavillois, lui qui présentera son spectacle «D’Hiver cité» dans sa version intégrale le 4 avril, au Cinéma Laurier.