Élisabeth Routhier souhaite que son intervention lui permettra de recouvrir le service de soins à domicile qu’elle bénéficiait depuis huit ans.
Une dame de 84 ans de Lyster ne reçoit plus les soins à domicile
C’est en prenant son courage à deux mains qu’une dame de 84 ans de Lyster, Élisabeth Routhier, a osé porter plainte le 18 février dernier auprès de la Commissaire locale aux plaintes et à la qualité des services afin que le Centre de santé et de services sociaux d’Arthabaska-et-de-l’Érable lui redonne le service de soins à domicile qu’elle bénéficiait depuis huit ans et dont on la prive depuis le 14 février pour des raisons budgétaires avance-t-elle.
C’est sa belle-fille qui a alerté les médias de la situation mardi après l’avoir rencontrée au cours de la fin de semaine. «Elle se disait fâchée par ce qui m’arrivait», de dire Mme Routhier qui, depuis, a reçu la visite non pas de son infirmière habituelle mais plutôt celle de plusieurs journalistes.
Depuis son opération en 1987 durant laquelle les médecins lui ont implanté une prothèse à l’aorte, la dame doit régulièrement subir des prises de sang dont les résultats sont acheminés à son cardiologue de l’Hôpital Saint-Sacrement pour déterminer la médication dont elle a besoin.
Depuis 2000, ces prises de sang sont effectuées par une infirmière qui se rend à la maison de Mme Routhier. «C’est quelqu’un de Lyster qui m’avait fait savoir que je pourrais bénéficier de cette aide. J’aurais donc aimé que le personnel du CLSC-CHSLD de l’Érable m’en parle avant. Cela m’aurait épargné de nombreux voyages entre Lyster et Plessisville, surtout après le décès de mon mari en 1998».
«Je considère ce service essentiel. Mon cardiologue peut exiger des prises de sang jusqu’à plusieurs fois par semaine, il en va pour ma santé et on ne rit pas avec ça», raconte-t-elle. «Je ne comprends pas ce qui se passe. Le gouvernement veut donner les soins à domicile pour que les personnes âgées puissent demeurer le plus longtemps à la maison. Je suis bien chez moi et je veux continuer à y vivre. Oui, je conduis encore ma voiture mais pour me déplacer au village et faire mes commissions. J’ai trop de craintes à prendre l’auto et faire 30 kilomètres pour me rendre à Plessisville, surtout en hiver».
Comme une infirmière se déplace une fois aux deux semaines au Foyer de Lyster, Mme Routhier s’y est rendue le mardi 26 février pour subir sa dernière prise de sang qui démontrait que son sang était trop épais. «Mon cardiologue voulait qu’une autre prise de sang soit faite mardi (5 mars) mais je ne me sentais pas capable de me déplacer, cette fois, à Plessisville. Et je n’ai aucun autre rendez-vous de pris».
Mme Routhier affirme ne pas avoir eu l’occasion de parler à la commissaire aux plaintes mais que sa secrétaire lui avait dit que son cas était à l’étude pour 45 jours, soit jusqu’au 3 avril prochain.
Avec son intervention publique, Mme Routhier espère que les choses vont bouger et que sa sortie aidera d’autres personnes qui pourraient être placées dans une situation semblable à la sienne. «Il y a des limites à se laisser faire même si on est des personnes âgées».
Elle s’est également dite contente lorsque la Municipalité, la FADOQ et les Chevaliers de Colomb ont contesté la décision du CSSSAE de ne plus offrir le service de prise de sang au Foyer de Lyster aux deux semaines. «C’est grâce à cette solidarité que le service a finalement été maintenu».
La dame qui ne paraît absolument pas son âge est encore très active. Elle fait encore son pain, tricote et joue du piano. «Il faut que je bouge pour ne pas m’ennuyer», de dire celle qui fait encore son bénévolat en allant distraire «ses p’tits vieux», comme elle les appelle amicalement, au Foyer de Lyster.
Jenny La comique
Commentaire mis en ligne le 11 mars 2008Bonjour, je suis indignée de voir que des soins à domiciles peuvent être ainsi coupé, sans avoir été réorganisé autrement. Dommage que notre gouvernement fasse des compressions budgétaire dans les soins de santé; prendre soins de la santé des gens, n'est-il pas essentiel?Et combien de gens sont ainsi laissés pour compte et qui n'osent pas porter plainte, de peur ou d'épuisement? Ce n'est pas un simple article dans un journal caché dans le fin fond d'une page sur le net qui va y changer quelque chose; il faudrait utiliser tous les médias; radio, télévision,pour faire un maximum de vagues et pour attirer l'attention des élus, allez voir le député, s'il n'est pas en voyage... Et bonne chance dans votre combat, luttez chère dame, luttez!