Les paramédics Philippe Girouard et Marcel Duquette entourent les deux héros, Kathy Pelchat et Suzie Ouellet.
Résidence du Couvent : deux employées sauvent une vie
L’importance de la RCR
Un homme, âgé de 76 ans, victime d’un arrêt cardiorespiratoire, doit la vie à l’intervention de deux employées de la Résidence du Couvent à Victoriaville qui, en attendant l’arrivée des paramédics d’Urgence Bois-Francs, ont pratiqué les manœuvres de réanimation cardiorespiratoire (RCR) nécessaires.
L’incident s’est produit le matin du jeudi 21 février vers 7 h 30. L’infirmière auxiliaire Kathy Pelchat se trouvait dans la chambre du septuagénaire et de sa conjointe. «La dame se préparait à se rendre à l’hôpital, ce qui rendait l’homme nerveux. Assis sur un fauteuil, il a soudainement été victime d’un arrêt cardiorespiratoire», raconte-t-elle.
À deux reprises, elle compose le 911, mais trouvant le temps trop long, elle sollicite l’aide de Suzie Ouellet, une préposée aux bénéficiaires, qui accourt sur-le-champ.
Les deux femmes étendent l’homme par terre, et pendant que Suzie s’empresse d’aller récupérer un masque de poche pour le bouche à bouche et d’alerter la centrale 911, Kathy déchire la chemise de la victime, la place sur la bouche pour entreprendre la respiration.
À son retour dans la chambre avec le masque, Suzie s’affaire à procéder à la ventilation pendant que Kathy effectue le massage cardiaque.
Cinq minutes après l’appel d’urgence, les paramédics Philippe Girouard et Marcel Duquette se pointent sur les lieux et prennent la relève en utilisant le moniteur défibrillateur. Quatre chocs ont été nécessaires pour que le cœur du patient batte de nouveau.
Huit jours plus tard, l’homme, toujours hospitalisé, a téléphoné à Johanne Croteau, la directrice de la Résidence du Couvent. «Il m’a téléphoné ce matin (jeudi). D’une bonne voix, il s’est dit bien content et fier du travail des employées. Il a dit qu’il les remerciait, sachant qu’il est venu bien près de passer de l’autre côté», confie la directrice.
Nul doute que l’intervention des deux femmes a été salutaire. «Leur action a permis un apport d’oxygène et le massage a fait en sorte de garder une certaine activité au cœur», a commenté le paramédic Philippe Girouard.
«Sans cette intervention en RCR, le patient ne serait pas là aujourd’hui. Les manœuvres nous permettent d’acheter du temps», renchérit le paramédic Marcel Duquette.
Les paramédics souhaitent bien que ce cas vécu permette de sensibiliser la population. «Tous les citoyens devraient suivre une formation. La réanimation cardiovasculaire sauve des vies. Nous avons ici un cas bien réel», note M. Duquette.
Trop souvent les paramédics constatent que plusieurs personnes entourent une personne inconsciente sans agir. «Sans les manœuvres, les chances de survie diminuent de 10% à chaque minute écoulée. Les secondes font la différence. Ce qu’on conseille au grand public, c’est de pratiquer des manœuvres de réanimation. Et le répartiteur de la centrale 911 peut indiquer la marche à suivre», signale Marcel Duquette.
Les intéressés à suivre la formation RCR peuvent notamment s’informer auprès d’Urgence Bois-Francs.
Appelées à commenter leur geste héroïque, les deux femmes ont réalisé, après coup, leur bonne action. «J’ai réalisé qu’on a sauvé une vie lorsque l’homme a téléphoné pour parler à la directrice. Là, j’ai dit ouais!», confie Suzie Ouellet.
«Sur le coup, on ne pense pas à la situation. On pense juste à sauver la vie. On a fait de notre mieux, selon nos connaissances», témoigne Kathy Pelchat.
La directrice se dit bien fière de ses employées et applaudit sa décision d’exiger que tout le personnel en lien avec les résidants possède la formation en RCR. «Ce matin-là, je suis arrivée à la Résidence vers 8 h. Personne ne travaillait, tous parlaient de l’incident. J’ai réalisé que ma décision de demander la formation RCR était bonne», mentionne Johanne Croteau.
La Résidence du Couvent emploie, au total, 23 personnes et héberge 103 résidants dans ses 98 chambres.
Entre bonnes mains
Les paramédics d’Urgence Bois-Francs obtiennent une bonne note, avec un taux d’efficacité de 97% en matière de réanimation et d’administration de médicaments, alors que l’Agence de santé et de services sociaux exige une note de 95%.
«Toutes nos actions sont enregistrées numériquement sur une carte dans le moniteur défibrillateur. Et toutes les données sont vérifiées et analysées. Ça démontre que la formation est bien apprise et bien appliquée sur le terrain», explique M. Duquette.
«On peut dire que la population des MRC d’Arthabaska et de l’Érable est entre bonnes mains», n’hésite pas à dire Philippe Girouard.
De plus, le déploiement dynamique, instauré par Urgence Bois-Francs, se traduit par un service ambulancier amélioré. «Le fait de positionner les ambulances dans des endroits stratégiques permet une diminution de 30% à 40% du temps de réponse. C’est le plus gros «move» qu’on a fait», conclut le paramédic Duquette.