Défense des droits : un soutien insuffisant
Depuis plusieurs années déjà, les organismes québécois de défense collective des droits (DCD) (plus de 340 dont 11 dans le Centre-du-Québec) interpellent le gouvernement Charest ainsi que les partis d’opposition afin d’obtenir une réponse favorable à leur demande d’augmentation des sommes dévolues à ce secteur plus que défavorisé du mouvement communautaire autonome.
Ce rehaussement est plus que nécessaire puisque le sous financement chronique ne permet pas aux organismes de DCD de réaliser pleinement leur mission première soit celle d’offrir à la population des lieux d’apprentissage, de promotion et de défense collective de leurs droits.
Ce travail d’éducation populaire contribue non seulement à ce qu’un plus grand nombre de citoyennes et de citoyens participe à la vie démocratique du Québec, il les outille afin qu’ils puissent prendre part aux grands débats sociaux qui les touchent directement.
Avec l’accroissement continu des inégalités sociales, les nombreuses pertes d’emplois, le recul sur différentes questions touchant les femmes, la fragilité des acquis juridiques pour les personnes de différentes orientations sexuelles, la détérioration des conditions de travail, les multiples coupures dans les programmes sociaux, la remise en question de l’accessibilité et la gratuité des services publics, la détérioration de l’environnement et les impacts découlant de la mondialisation des marchés ne font que rappeler la nécessité et la pertinence des groupes de défense collective des droits.
Dans les faits, ces organismes défendent sans relâche les droits légaux et sociaux des personnes exclues, discriminées et moins bien nanties de notre société : locataires, chômeurs, personnes assistées sociales, femmes victimes de violence, personnes handicapées, travailleurs non-syndiqués, accidentés du travail, consommateurs lésés, personnes se préoccupant de l’environnement, personnes discriminées en fonction de leur orientation sexuelle, etc.
Bref, ils contribuent au respect des droits généralement reconnus par les chartes et les pactes internationaux auxquels le Canada et le Québec ont adhérés. En région, nous pouvons mentionner quelques organismes dont CDPAS (Comité pour les droits des personnes assistées sociales), Regroupement des sans-emploi de Victoriaville, l'ACEF des Bois-Francs.
Carrément sous financés
Le financement des organismes de défense collective des droits par le gouvernement du Québec est octroyé via le Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS).
Si le financement de base des organismes se chiffrait en moyenne, pour l’année financière 2006-2007, à ± 51 000 $, environ la moitié des organismes reçoivent moins de 50 000 $, certains recevant aussi peu que 4 000 ou 5 000 $ par année.
Quand on sait que le financement de base sert à payer l’ensemble des dépenses reliées au fonctionnement d’un organisme (loyer, téléphone, activités, déplacements, salaires, etc.), on constate aisément que ces organismes ne roulent pas sur l’or.
Les demandes financières déposées par les organismes de défense collective des droits auprès du SACAIS sont claires : nous demandons, pour 2008-2009, une augmentation de 5.5 millions de l’enveloppe globale, afin que soit indexé et augmenté à un seuil minimal de 50 000 $ le financement de base de chacun des groupes de défense collective des droits du Québec qui sont déjà financés et afin que soient accueillies les demandes des groupes qui sont présentement en attente de financement.
Soulignons qu’une part importante des organismes communautaires en santé et services sociaux bénéficient d’une indexation régulière de leurs subventions.
Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les organismes œuvrant en défense collective des droits? Nos demandes visent à obtenir un traitement équitable de la part du gouvernement envers l’ensemble des organismes communautaires québécois.
Par conséquent, l'AGÉPA demande à chaque député de la région siégeant à l’Assemblée nationale de se prononcer sur ses demandes et de s’engager à les défendre, et ce, afin de contribuer à l’avancement de la démocratie québécoise.
Caroline Moreau
Co-coordonnatrice AGÉPA