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Anny Berthiaume en conférence à l’École Sacré-Cœur de Princeville

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Article mis en ligne le 18 janvier 2008 à 18:12
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Quelques extraits du témoignage d'Anny Berthiaume
Anny Berthiaume en conférence à l’École Sacré-Cœur de Princeville
La grande brûlée Anny Berthiaume, que l’on reconnaît sur plusieurs des panneaux de la campagne promotionnelle québécoise en prévention des incendies, était de passage à Princeville pour livrer une conférence aux élèves de niveau primaire de l’École Sacré-Cœur. Une conférence qui en a allumé plus d’un sur les dangers de jouer avec le feu.
«J’avais six ans quand mon père, un soir de camping, a tenté d’ouvrir une bouteille d’alcool (de bois) qui a ensuite explosé. On ne sait pas pourquoi, mon père, qui avait la bouteille dans les mains, n’a rien eu. Moi, j’ai été brûlée sur 55% de mon corps», a raconté la conférencière, devant son auditoire attentif.

Invitée par le Service de sécurité incendie de la Ville de Princeville et son directeur Christian Chartier, Anny Berthiaume a fait prendre conscience aux enfants que plusieurs objets du quotidien, qui peuvent sembler inoffensifs à prime abord, peuvent se révéler extrêmement dangereux dans certaines situations.

«Je connais une amie qui est devenue une grande brûlée, parce que son frère et ses amis se sont mis à jouer avec un briquet trouvé par terre. Sa jaquette a immédiatement pris feu!», a confié celle qui restera la porte-parole de la Semaine de prévention des incendies pour les trois prochaines années.

Mme Berthiaume a tenu également à rappeler que les liquides chauds, comme l’eau de la bouilloire, du bain (quand on joue avec les robinets) et le café représentent les principales causes de brûlures parmi les enfants de douze ans et moins. «Si ça vous arrive, en attendant les secours, il faut mettre immédiatement la brûlure sous l’eau froide», leur a conseillé Mme Berthiaume.

«Les poignées d’une casserole, qui dépassent du poêle pendant que la soupe cuit, ça peut être aussi très attirant pour vos petits frères ou petites sœurs!», a averti le directeur Chartier. Celui-ci a par ailleurs révélé que depuis que l’on «travaillait à temps plein» au niveau de la prévention auprès des jeunes, le taux d’accidents avait largement diminué. «Les jeunes retiennent bien les consignes qu’on leur donne. C’est pourquoi c’est important de les informer, même très jeunes, et de répéter continuellement l’exercice», a souligné M. Chartier.

Les élèves ont été particulièrement curieux d’en apprendre plus sur le vêtement spécial que portait la grande brûlée pour faciliter sa guérison. Aujourd’hui, ce vêtement représente encore le principal traitement pour accélérer la guérison de la peau chez les grands brûlés.

Pour permettre une meilleure compréhension auprès des élèves, Anny Berthiaume avait apportée avec elle «Angela», sa poupée qui la représente, à ses six ans.

«Ce vêtement était très serré. Il était fait sur mesure et servait à guérir mes brûlures, a-t-elle raconté. Je n’avais pas le droit de le retirer plus de quinze minutes par jour.»
Une leçon de vie
Anny Berthiaume en a profité pour sensibiliser les élèves aux dégâts causés, cette fois, par le harcèlement de nos pairs.
«Quand j’ai dû retirer mon vêtement et montrer mon visage, plusieurs m’ont traitée de monstre et me disaient que j’étais laide. Je sais ce qu’on ressent quand on se fait crier des noms et j’aimerais que ça n’arrive plus à personne», a confié Mme Berthiaume, qui a tout de même su tisser un grand réseau social autour d’elle, à force d’humour et de joie de vivre.

Utilisant également son humour pour faire passer ses messages en conférence, elle a souligné aux élèves de sixième année combien elle aurait souhaité avoir « tous les boutons du monde» à la place de ses cicatrices, à l’adolescence.

«Les jeunes mettent trop d’emphase sur leur apparence. J’essaie de leur démontrer qu’il existe d’autres façons pour améliorer l’estime de soi», a révélé la conférencière, après la fin de la séance.

Anny Berthiaume a été reçue le 1er août 1977 aux soins intensifs du petit hôpital de Sainte-Agathe-des-Monts. Une infirmière qui a pansé ses plaies à son arrivée, a d’ailleurs témoigné récemment du courage de cette petite fille de six ans, sur le forum de son site web. Elle a dû subir jusqu’à maintenant une trentaine d’opérations, dont une dizaine de greffes.

La jeune femme de trente ans, originaire de la rive nord de Québec, partage aujourd’hui son temps entre les nombreuses conférences qu’elle donne depuis 1988 et la profession d’inhalothérapeute qu’elle exerce à temps partiel depuis une quinzaine d’années.

Mme Berthiaume a visité à maintes reprises les étudiants du secondaire à Plessisville, mais c’était la première fois que les élèves de l’École Sacré-Cœur recevaient sa visite.

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