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Textes et chansons
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Luc Vandel répond aux questions de notre collaborateur

Article mis en ligne le 20 janvier 2008 à 8:02
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Luc Vandel répond aux questions de notre collaborateur
Luc Vandal
Luc Vandel répond aux questions de notre collaborateur
Bonjour amis (es) lecteurs et lectrices! Myspace est un outil merveilleux pour découvrir des artistes et des paroliers de partout dans le monde. J’ai fait la rencontre de Luc Vandel. Sans aucune hésitation, il a accepté de répondre à mes questions. Pour vous, amis lecteurs, voici ce qu’il a partagé avec générosité.
Vous mentionnez par écrit que les mots et les tournures de phrases et que même les mélodies vous choisissent! Est-ce que vous croyez à une bibliothèque céleste où tous les succès sont déjà écrits et que nous avons qu’à le demander?

C’est un peu ça, il s’agit plus d’être à l’écoute de son intuition. Olyam parle de «disponibilité» et je suis d’accord là-dessus : les éléments arrivent et nous les organisons à notre manière, sans que l’intellect prenne une trop grande place. A ce moment là, on peut atteindre une certaine sincérité dans la composition. Pour la musique, nous travaillons toujours de manière spontanée, en évitant si possible tout «blocage» : on tente d’agir comme un canal au travers duquel passe de l’information (provenant de ce que vous nommez la «bibliothèque céleste», certainement) et on organise le tout. Pour mes textes, c’est le même principe : les émotions sont génératrices de mots. Il faut faire confiance à ses émotions et son intuition. je pense que l’analyse doit parfois intervenir, mais toujours après. Sinon, la spontanéité en souffre. Demander à recevoir, oui, mais en étant disponible au moment opportun, c’est très important, primordial, même.

Est-ce que votre carrière a été propulsée au moment où vous avez décidé de travailler avec OLYAM, votre alter égo, comme vous dites? Si oui, pourquoi?

Je me souviens avec un certain amusement que j’avais pris contact avec Olyam à un moment où nous avions plutôt tendance à faire un tri sévère quant aux musiciens souhaitant collaborer avec chacun de nous… le concernant je l’ignorais, mais il m’a reçu et il a accroché à ce que je lui ai présenté. Il a souhaité entamer une collaboration, qui n’était pas forcément faite pour durer. Mais nos buts en matière de musique et nos points de vue se rejoignent en bien des points. Je pense que nous avons tenté d'habiller mes textes de la meilleure manière qu'il soit, sans en trahir l’esprit. Olyam a l’esprit ouvert et ne rejette rien au départ, qui nous permet de travailler sans barrière et je sais qu'il est aussi exigeant que moi. Olyam a un passé de guitariste de rock, une culture classique comme moi, il a réalisé plusieurs albums qui mêlent des instruments ethniques avec des synthés et des guitares dans des ambiances electro… Ses albums personnels reflètent d’ailleurs assez bien cette diversité. Il a cette faculté d’adaptation et de «captation» d’une émotion au travers de mots, d’idées, de sons, qui lui permettent d’apporter des idées pertinentes rapidement. Ce qui explique aussi pourquoi il adore faire de la musique de films, et qu’il est un fan de cinéma aussi. Il travaille en ce moment sur son prochain projet en solo qui a rapport avec le cinéma, justement…Olyam marche par «fulgurances» quand il compose, et moi avec, du coup. Donc oui, il m’a permis de concrétiser mes chansons, et ça m’a donné l’occasion de lancer une carrière plus sérieuse, plus concrète. Ce travail à deux est très riche, forcément.

Souhaiteriez-vous partager à vos confrères et consœurs paroliers une façon de travailler qui vous semble inédite ou que très peu de gens savent?

Vous savez, il n’y a pas de réel secret là-dedans. Ni même de profonde originalité. Ma façon de travailler est la plus simple du monde et est vieille de plusieurs siècles. Je m’assois devant mon piano et soit il se passe quelque chose, auquel cas je note tout sur mon enregistreur portable, ou bien il ne se passe rien et je vais me coucher. Je n’ai pas de réelle méthode, sauf celle qui est accessible à tout créateur : écouter son intuition et ce qu’elle veut nous dire. A moi ensuite de traduire correctement tout ca… Après, on décide avec Olyam si on garde ou si on jette, même s’il n’a jamais réellement touché aux textes. S’il n’aime pas, il me le dit direct. Ca semble assez passe-partout comme méthode, mais je peux vous garantir que pour moi, ça fonctionne. J’ai toujours écrit comme ça, spontanément. Je ne peux pas écrire autrement.

Est-ce que l’écriture de texte est pénible pour vous?

Non. C’est après que je peux avoir comme un «coup de barre». Mais tant que je sais que mon texte n’est pas réellement bouclé, ou que les mots ne sont pas justes par rapport à mon ressenti, j’y songerai sans arrêt, et il m’arrive parfois de me lever la nuit en me disant «mais oui, voilà, c’est ça, la phrase juste c’est ça !!!». Après, je sais que le boulot est fait et là, c’est «relâche» et je ressens parfois de la fatigue. C’est un peu le côté sportif de l’écriture : de l’endurance parfois, des sprints souvent, avant que la sensation ne s’envole, et que la traduction de cette émotion ne devienne inexacte. nous parlons ici de fulgurance, comme je disais tout à l’heure, et je crois qu’il s’agit bien de cela. Certes, ça peut être exténuant nerveusement, psychiquement parfois, mais la sensation créative de ces moments est tellement belle. Je ne vois pas de pénibilité réelle durant la phase d’écriture. Je suis au taquet, avec ce défi constant : «comment vais-je traduire cette émotion?». Ce n’est pas pénible, c’est passionnant. Et comme toute passion, ça peut fatiguer!!

Quel est le type de chansons que préférez-vous écrire? Les textes d’ambiances, scénarios ou travelling?

Ah ça, Olyam adorerait la formulation de cette question! Il s’agit effectivement, comme dans un film, d’ambiances, de scénarios et de mouvements de caméras. En ce moment, peut-être plus qu’avant, je travaille beaucoup par images, justement : L’idée est exprimée par symboles, couleurs, plus rarement par travelling, même s’il subsiste une certaine chronologie dans mes textes. Les scénarios pourraient être comparés à des plans-séquences. Olyam et moi aimons cette comparaison. Ce sont de petits courts métrages, essentiellement focalisés sur la lumière, le cadrage, éléments primordiaux pour transcrire le feeling et l’émotion. Les mots créent des images, la musique tout autant. L’auditeur a alors une certaine liberté pour imaginer, ressentir. Les chansons en ressortent affranchies, libres… Je dirais que j’apporte les mots «scénarisés» avec certains mouvements de caméras, et l'habillage musical élargit et consolide l’ambiance, pour parfois emmener l’ensemble vers des travellings que le texte seul ne faisait parfois qu’effleurer. C’est là toute la magie créative. J’ai souvent simultanément à l’écriture, des idées musicales qu’Olyam sait adapter en les mêlant à ses propres idées. Je ne me suis jamais dit en écrivant : «tiens, là, ça va être un texte d’ambiance». Le résultat ne se voit qu’à la toute fin du processus de création. Je n’ai donc pas réellement de préférence. L’intuition me dicte et j’exécute, peu importe la forme finale. Ma collaboration avec Olyam nous emmène d’ailleurs dans des directions imprévisibles, et ça, j’adore.

6. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes paroliers et parolière ?

Au risque de me répéter, le seul conseil normatif que je serais en droit de donner serait : suivez votre intuition. Faites confiance à vos ressentis, vos émotions sont vos richesses. Voyez toujours légèrement plus haut que ce que vous pouvez atteindre au moment présent. Cette vision des choses fait avancer, progresser, et évite souvent toute stagnation. Écrivez tout, n’importe quoi, mais sincèrement. Faites le tri après. Mais ce que vous aurez écrit sera alors un véritable reflet de vous-même. Sachez être vrai dans votre écriture, ne trahissez pas vos émotions, car vous vous trahirez vous-mêmes. Je me permets de dire ça, car je parle en connaissance de cause, et si le doute fait partie de tout processus créatif, sachez que c’est juste un garde fou qui évite tout dérapage égotique. Le doute n’est pas un frein ni un obstacle. Doutez, écrivez, doutez, recommencez et soyez spontanés.

La réalisation que vous êtes le plus fier (texte de chanson)?

Il y en a plusieurs dont je suis content. Le mot «fier» est trop fort, sans doute. Je citerais, dans le désordre, «quelques mots à Polnareff», «qui vivra sera»… C’est une question difficile… Chacune des chansons représente quelque chose auquel je tiens, j’y suis attaché affectivement… La chanson sur laquelle nous travaillons actuellement me semble bien écrite, aussi. Aux auditeurs de juger… Je ne peux pas vous donner de réponse très claire, je n’ai pas assez de recul pour l'instant, probablement.

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