Édith Hamel
Édith Hamel met tous ses neurones à lutter contre l’Alzheimer
La neurobiologiste honorée du prix Adrien-Pouliot
Née et ayant grandi à Victoriaville, la neurobiologiste Édith Hamel vient d’être honorée, par l’Association francophone du savoir (ACFAS), du prix Adrien-Pouliot pour la qualité de ses travaux, leurs retombées au Québec et ailleurs dans le monde, ainsi que pour les liens particuliers qu’elle a su tisser avec la France.
Depuis plus de 20 ans, cette spécialiste du cerveau concentre ses recherches sur les migraines et la maladie d’Alzheimer.
Elle n’en est pas à ses premiers honneurs, elle à qui, en 2001, le gouvernement français attribuait la prestigieuse chaire internationale Blaise-Pascal. Elle était la première femme à la décrocher.
Professeure et chercheure, elle dirige actuellement le laboratoire de recherches cérébrovasculaires de l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal.
On peut lui attribuer, à elle et à son équipe précise-t-elle, ces découvertes sur la façon dont une famille d’antimigraineux (les Triptans) agit sur certains récepteurs du cerveau. C’était au milieu des années 1990.
Cette percée l’a fait connaître et reconnaître au plan international.
Ces années-ci, la spécialiste cherche comment on pourrait «normaliser» la circulation cérébrale chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ce qui, selon son hypothèse pourrait freiner la dégénérescence des neurones.
«Actuellement, on ne peut traiter les malades que pendant les six premiers mois, après on ne peut plus rien. Et on est incapable non plus de prévenir la maladie. D’ailleurs, cette pathologie n’est génétique que dans 5% des cas. C’est une maladie associée au vieillissement. Couplées au vieillissement, des pathologies comme les problèmes cardiaques, le diabète, l’hypertension, peuvent la déclencher.»
La chercheure de 52 ans fonde des espoirs sur les résultats très probants d’expériences menées sur des souris transgénétiques auxquelles elle a administré des médicaments pas du tout destinés à cet usage. «Et on observe que la médication renverse la pathologie vasculaire, rétablit le fonctionnement normal des vaisseaux sanguins.»
Obtiendrait-on les mêmes résultats chez l’humain? C’est le grand défi que s’impose Mme Hamel. «Je suis têtue, dit-elle. Si au moins on pouvait régler ne serait-ce qu’un tout petit problème relié à l’Alzheimer, je serais satisfaite.»
Sensible à la condition des personnes atteintes, Édith Hamel dit toutefois que jamais elle n’a envisagé la médecine. Même si les temps sont plus durs pour les chercheurs toujours en quête de budgets, la neurobiologiste trouve encore du plaisir à son travail.
Ayant mené ses études postdoctorales et travaillé en France durant quatre ans, Édith Hamel entend désormais rester au Québec, pouvant rester en relation avec des chercheurs français, américains et danois.
La neurobiologiste habite à Montréal, mais revient souvient dans son patelin sylvifranc, qu'habitent toujours ses parents. Et c'est au Lac Nicolet qu'elle s'oxygène le cerveau.