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Cyberpédophiles, qui sont-ils?

Julie Roy veut comprendre afin de mieux protéger les enfants

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 10 juillet 2007 à 10:57
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Cyberpédophiles, qui sont-ils?
La criminologue Julie Roy
Cyberpédophiles, qui sont-ils?
Julie Roy veut comprendre afin de mieux protéger les enfants
Qui sont ces individus qui se délectent de pornographie infantile? L’avènement d’Internet a-t-il contribué à accroître le nombre de ces crimes? Ces cyberpédophiles en viennent-ils à passer de l'écran à l'acte? Pourrait-on tracer un portrait-robot de ces individus? La jeune criminologue, Julie Roy, tente depuis quelques années de décrypter ce phénomène, de le comprendre en vue de mieux protéger les enfants qui en sont les victimes.
Malheureusement, pourrait-on dire d’emblée, le portrait-robot du cyberpédophile est impossible à dessiner, tant il y a des «zones de gris» comme dit la criminologue de 29 ans, originaire de Drummondville, oeuvrant actuellement à l’évaluation des signalements au bureau victoriavillois des Centres jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Avec Francis Fortin, un policier affecté au module de cybersurveillance et de la vigie de la Sûreté du Québec où elle a effectué son stage de maîtrise, Julie Roy a été invitée à signer un article dans ce gros ouvrage de 678 pages intitulé Psychologie de l’enquête criminelle : la recherche de la vérité qui vient de paraître aux Éditions Yvon Blais.

Cette anthologie, orchestrée par le lieutenant à la retraite (chef du module de profilage criminel) Michel Tanguay et le psychologue judiciaire (SQ) Michel St-Yves, collige les textes de près d’une trentaine de spécialistes d’enquêtes criminelles de la SQ, de la GRC, du FBI, même d’un commandant de Scotland Yard.

En vingt chapitres, l’ouvrage aborde un large éventail de sujets liés aux enquêtes criminelles, comme les entrevues d’enquête, les fausses allégations de crime, les faux appels d’urgence, les fausses agressions sexuelles, l’évaluation des risques et menaces, les crimes sexuels.

Julie Roy cosigne le chapitre 17, un texte d’une trentaine de pages, intitulé Cyberpédophilie : profils d’amateurs de pédopornographie. Il fait écho à la recherche qu’elle avait menée à l’issue de son stage de maîtrise, une Étude exploratoire des événements et des caractères des individus mis en cause dans des cas de possession et de distribution de matériel pornographique juvénile sur Internet.

«Il existe beaucoup d’études sur la pornographie «régulière», mais je me suis aperçue que ma recherche sur la cyberpédophilie constituait une première au Québec», explique Julie Roy, curieuse de psychologie humaine.

Et parce qu’elle a fait œuvre de pionnière, elle a été invitée à prononcer une conférence, à accorder une entrevue à un journaliste d’Enjeux et à signer, toujours avec son superviseur de stage, un autre texte sur le sujet dans la revue spécialisée Criminalité au printemps 2006.

Dans l’ouvrage qui vient de paraître, Julie Roy et Francis Fortin, utilisent, pour ainsi dire, un pinceau plus large pour recenser les conclusions d’études menées sur la cyberpédophilie ailleurs dans le monde.

Ce texte répond à plusieurs questions, mais il en suscite aussi beaucoup, reconnaît la criminologue.

Pour conclure et décrire les amateurs de pornographie juvénile, les coauteurs recourent à l’image de la gare. «Certaines études suggèrent que, pour certains d’entre eux, ils y sont arrivés par le train de l’agression sexuelle, ou encore, pour le prendre (…) Le fait de voir passer les trains, diront certains, leur serait suffisant. À cet égard, la gare demeure un endroit de prédilection pour observer et agir sur les grands et les petits voyageurs.» (Page 497)

Vrai, poursuit Julie Roy, qu’il n’y a rien de rassurant à constater, au fil des recherches, que les individus qui se font prendre ne représentent que la pointe d’un iceberg. Que, mis à part le fait qu’il s’agisse généralement d’hommes, leur âge, leur profil, leur statut social sont très variables.

«C’est un phénomène de société que seul le système pénal ne parviendra pas à éradiquer», croit encore la criminologue. «Je ne prétends pas connaître la solution, mais je pense qu’on ne peut pas, comme parents, comme société, comme gouvernement, se mettre la tête dans le sable pour ignorer le phénomène»

Dans l’intimité des chambres, l’obscurité des sous-sols, il y a beaucoup d’ordinateurs ouverts. «La surveillance, ça peut commencer à la maison…»

Julie Roy n’hésiterait pas une seconde à dénoncer un conjoint qu’elle surprendrait l’œil rivé à une «fenêtre» donnant sur une scène pornographique impliquant un enfant. Consommer de la pornographie infantile, posséder une collection d’images, les distribuer, sont autant de façons de cautionner les crimes sexuels commis à l'égard des enfants, rappelle-t-elle.

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