Victoriaville Matière Sonore, avec un Victoriavillois d'origine, Mathieu Lévesque (photo : Martin Morissette )
FIMAV: les concerts continuent de surprendre, mais l'affluence se maintient
Avec 5 000 entrées, soit à peu près le même nombre que l'an dernier, les organisateurs du Festival international de musique actuelle de Victoriaville en sont à se questionner à savoir quoi faire pour attirer davantage de spectateurs à cet événement musical de grande qualité.
«Nous espérions environ 500 entrées de plus, a avoué le directeur général et musical du FIMAV, Michel Levasseur. Avec 5 000 entrées, nous anticipons donc un déficit entre 15 000 et 20 000 $, comme l'an dernier».
Mais ce déficit financier n'a rien de critique, selon ce qu'en dit M. Levasseur puisque l'organisme peut absorber la perte en allant piger dans son bas de laine, constitué de 50 000 $.
«Dans l'ensemble nous sommes satisfaits. Nous avons eu de très bonnes salles et nous parvenons à maintenir notre public», estime-t-il. Non seulement le public se maintient, mais il se renouvelle aussi en allant chercher des gens différents pour les soirées plus rock ou jazz.
L'an dernier, les 5 000 entrées s'expliquaient par une absence de jazz au festival, ce qui n'est pas le cas cette année. «Nous n'avons pas identifié de raison pour ce résultat cette année puisque le jazz est revenu. Le public change alors c'est déjà bien qu'on se maintienne et qu'on continue d'être à l'avant-garde», note-t-il encore.
Il faut dire que le créneau de la musique actuelle ne peut attirer 15 000 visiteurs. Même à Montréal ou à New York, le public est limité. «Ce ne sera jamais un festival accessible. C'est au public à accéder à la musique», croit la présidente du conseil d'administration, Isabelle Voyer.
Au FIMAV, on remarque aussi que le public est de plus en plus jeune. «Ces gens regardent la programmation et choisissent une journée et une soirée. Alors qu'il y a 10 ans, ils venaient en moyenne deux journées», ajoute Michel Levasseur.
Le public est plus jeune, donc plus limité financièrement, ce qui pose problème pour l'hébergement, qui n'est pas nécessairement à leur portée.
Mais cela amène des questionnements pour les organisateurs qui devront voir s'il faut réaménager dans le temps le festival et revoir la mise en marché. Ce dont ils sont certains, c'est de la pertinence de tenir l'événement dans sa forme actuelle, toujours à Victoriaville.
Une réussite artistique
Si le bilan financier et l'assistance pourraient être meilleurs, il n'en demeure pas moins que sur le plan artistique, le FIMAV est une réussite. «Le point important à retenir c'est la gamme de concerts hors-normes présentés, comme celui de Jean-François Laporte, de Theresa Transistor, de Victoriaville Matière Sonore et de la danse de Fine Kwiatkowski et Hans Tammen. Cela démontre une belle dynamique au niveau du festival», ajoute Michel Levasseur. Les gens qui fréquentent le FIMAV aiment être surpris et déplacés dans un contexte inhabituel, ce qu'ils ont pu vivre cette année.
Pour le directeur artistique, le festival a passé rapidement cette année et a encore une fois été l'occasion d'assister à de beaux moments musicaux. «Pour moi il y a eu des grands concerts cette année. C'est le cas d'Anthony Braxton, un classique, qui a présenté un grand concert du FIMAV».
En effet, les deux prestations du saxophoniste ont été remarquées. Une première en trio et l'autre avec 12 musiciens. «Les musiciens qui viennent au FIMAV ont de bonnes conditions techniques et d'accueil. Ça me fait un petit velours de dire qu'on peut présenter de tels concerts à Victoriaville», a-t-il ajouté.
Le FIMAV a aussi été l'occasion de belles surprises pour le directeur artistique, comme le spectacle de Koenji Hyakkei. «Il y a aussi eu John Zorn en solo. Ça représentait un challenge pour lui que de jouer en solo, ce qu'il fait rarement maintenant. Il a 20 ans de carrière et ça paraît. Son solo a évolué et il a été bien accueilli du public.»
Pour ce qui est des spectacles qui ont attiré le plus de spectateurs, celui qui arrive en tête de liste c'est celui des Melvins avec 450 entrées. Viennent ensuite Acid Mothers Gong et John Zorn avec respectivement 400 et 350 entrées.
Dans l'ensemble, le public a été satisfait de cette 24e édition du Festival international de musique actuelle.
Vers le 25e
L'année 2008 marquera la 25e édition du FIMAV. Une occasion qui sera soulignée, on ne sait pas encore comment puisque le 20e FIMAV avait été fêté en grand. «Au niveau artistique, il y a déjà des concerts dans l'air. J'ai deux ou trois gros projets en branle actuellement, ce que je ne fais pas aussi tôt habituellement», a avoué le directeur artistique. Mais pour ces concerts d'envergure et les événements spéciaux, il faudra des fonds supplémentaires», note-t-il encore.