VICTORIAVILLE - Les adéquistes sont prêts à mettre de côté les intérêts du Québec afin de s'assurer que les candidats conservateurs qu'ils appuient leur renverront l'ascenseur aux prochaines élections provinciales, a indiqué vendredi le premier ministre Jean Charest.
M. Charest a accusé le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, d'avoir ménagé les intérêts de son parti en ne prenant pas position contre les récentes compressions des conservateurs dans la culture et le développement économique régional.
Depuis le début de la campagne fédérale, l'ADQ a multiplié les signes d'appui aux conservateurs et, vendredi, M. Charest a affirmé que cela démontrait où se trouvent les intérêts du parti, qui forme l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.
"Mario Dumont n'a rien à dire sur les artistes, a-t-il déclaré lors d'un point de presse. On voit où campent les intérêts de M. Dumont. C'est pas dans la défense des intérêts du Québec, c'est d'essayer de se coller sur un parti politique fédéral."
Vendredi, M. Charest, qui concluait une réunion de ses députés amorcée jeudi, a soutenu que les Québécois ne voulaient pas de ce genre de compromis sur les intérêts du Québec.
M. Proulx a riposté vendredi aux attaques de M. Charest en affirmant que ses déclarations témoignaient d'une "presque hypocrisie".
Le leader de l'opposition a soutenu que la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, appuie le candidat libéral Denis Coderre à Montréal. M. Coderre nie l'existence du déséquilibre fiscal et ne reconnaît pas la nation québécoise, a indiqué M. Proulx.
"On ne peut pas dire que ça va dans le sens des intérêts du Québec", a-t-il dit lors d'une entrevue téléphonique.
M. Proulx a déclaré que personne dans son parti ne s'attend à un retour d'ascenseur de la part des conservateurs.
M. Charest, qui a refusé de dire pour qui il voterait au prochain scrutin, s'est d'autre part défendu d'avoir donné le mot d'ordre d'ouvrir le feu contre les conservateurs cette semaine relativement aux compressions qu'ils ont décidées dans les mois précédent le déclenchement de la campagne électorale.
Il a affirmé que son gouvernement ne faisait que prendre la défense des intérêts du Québec lorsque la situation l'exige.
"Il n'y a pas de mot d'ordre d'attaquer qui que ce soit et il n'y a pas de mot d'ordre de ne pas le faire, a-t-il dit vendredi. Le mot d'ordre, c'est les intérêts du Québec."
Jeudi, M. Charest a laissé entendre à Stephen Harper qu'il n'avait pas de compte à lui rendre concernant sa décision d'accorder des baisses d'impôt grâce à des fonds fédéraux provenant d'un règlement du déséquilibre fiscal.
Cet accrochage a été le point culminant d'une semaine d'échanges musclés entre ministres fédéraux et québécois au sujet des financements annulés, du déséquilibre fiscal et du projet conservateur de commission nationale des valeurs mobilières.
En concluant le caucus libéral, en vue de la prochaine session parlementaire qui commence en octobre, M. Charest a évoqué de nouveau les contentieux avec les conservateurs, mais cette fois pour accuser M. Dumont d'être resté silencieux.
Par ailleurs, M. Charest a admis que M. Harper n'avait pas prévenu son gouvernement avant de promettre, jeudi, d'augmenter de 25 millions $ la participation du Canada dans la chaîne francophone internationale TV5, dont Québec est l'un des partenaires.
Comme Québec et Ottawa assurent conjointement le financement canadien de TV5 suivant une proportion de 60-40, cela obligera le gouvernement québécois à majorer sa propre contribution, a confirmé M. Charest.
"C'est le reflet des discussions qu'on a, a-t-il dit. La décision de M. Harper de dire: je suis prêt à avancer les fonds, je décide d'y aller, c'est sa décision. Ils ne nous ont pas annoncé ça beaucoup à l'avance, ils ont décidé de le faire."
M. Charest a néanmoins salué cette annonce, qui vise à augmenter la diffusion de programmation canadienne québécoise sur la chaîne.
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