MONTREAL - Janette Bertrand et sa fille Dominique Lajeunesse, deux survivantes du cancer du sein, se font les porte-parole de la première campagne de financement en 25 ans d'existence du Groupe de recherche en cancer du sein (GRCS) du CHUM.
Le groupe de recherche a dit mardi espérer recueillir 10 millions $. L'objectif est de faire connaître et démystifier la recherche clinique, alors que le taux de participation à ces études n'atteint que 5 pour cent des patientes au Québec. En 20 ans, la recherche clinique a permis de réduire le nombre de décès des suites d'un cancer du sein de 50 pour cent à 25 pour cent des personnes atteintes.
"Le nombre de patientes admises aux études cliniques au Québec a connu une progression remarquable. La bataille est bien loin d'être gagnée cependant", a soutenu le directeur médical du GRCS depuis 20 ans, le docteur André Robidoux.
Il a souligné que la survie des enfants atteints de cancer a connu des gains importants parce que la participation aux études cliniques a été encouragée. Il a dit souhaiter qu'on fasse de même pour le cancer du sein.
La recherche a notamment permis au cours des dernières années d'améliorer le taux de survie des femmes atteintes du cancer du sein, de développer des traitements moins invasifs et d'atténuer les effets secondaires de la chimiothérapie.
Mmes Bertrand et Lajeunesse ont dit vouloir sensibiliser les Québécoises à l'importance de la recherche et du dépistage précoce.
Depuis 1998, le ministère québécois de la Santé a permis l'implantation progressive d'un programme de dépistage pour le cancer du sein. Mais peu de femmes s'en prévalent. Dans la région montréalaise, seulement 30 pour cent y participent.
La célèbre auteure et animatrice de "Parler pour parler" et "Avec un grand A" a appelé les femmes à surmonter leurs peurs et à profiter du programme de dépistage, car plus un cancer du sein est dépisté tôt, plus il y a de chances de s'en sortir.
"Nous voulons les convaincre, parce que cela pourrait leur sauver la vie", a-t-elle affirmé.
"Les femmes pensent que la mammographie fait mourir. C'est ça qu'il faut changer. La mammographie, c'est du dépistage qui va te garder en vie, comme cela nous est arrivé", a confié Dominique Lajeunesse, qui a travaillé pendant 25 ans dans le domaine de la publicité, de la radio et de la télévision, avant de réaliser son rêve de parcourir les pays d'Asie et de l'Amérique du Sud.
Janette Bertrand a confié avoir vécu des moments difficiles de découragement et de peur depuis l'annonce du diagnostic en 2006, mais a dit avoir toujours pu compter sur la franchise et la compassion de l'équipe du docteur Robidoux à l'Hôtel-Dieu du CHUM.
"Au début, c'est le déni. On ne veut rien entendre, a confié Mme Bertrand. Je sortais du bureau du médecin et je n'avais rien compris. J'appelais l'infirmière pivot et je lui demandais ce qu'avait dit le médecin. Celle-là, il faudrait la cloner tellement elle est bonne."
Selon Mme Bertrand, l'équipe du docteur Robidoux a permis à elle et à sa fille d'éviter une ablation des seins - ce qui n'aurait pas été possible il y a 20 ans - et d'avoir accès à des traitements qui les ont gardées en vie.
"Ce qui est merveilleux, c'est la compréhension, la compassion, a-t-elle confié. Et ils savent nous dire la vérité, avec des bémols, avec douceur, et tu sais toujours que ton médecin ne te ment pas. Tu sais qu'ils vont te dire la vérité même si elle fait mal."
Mme Lajeunesse a fait valoir que le groupe de recherche clinique avait des équipements à la fine pointe, et pouvait offrir les plus récents médicaments sur le marché. "Il faut que ça grossisse, que ça rejoigne le plus de femmes possible. La recherche est fondamentale pour garder les femmes en vie, les jeunes surtout qui sont atteintes à 30, 40 ans. Elles ont des enfants en bas âge, des carrières", a-t-elle lancé.
La majorité des cancers surviennent après l'âge de 50 ans, mais le cancer du sein est tout de même la première cause de décès chez les femmes de 35 à 54 ans.
Le docteur Robidoux dirige une équipe de recherche composée de 18 personnes.
Avec cette campagne de financement, le Groupe de recherche en cancer du sein fait appel à ses partenaires, aux entreprises, mais surtout à la population. Tout don peut être fait en ligne sur le site Internet du GRCS
www.grcs-crchum.ca) ou en composant le 514 890-8000, poste 14191.
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