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Harper se dirige vers un deuxième gouvernement minoritaire, avec plus de sièges

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 septembre 2008 à 23:00
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Harper se dirige vers un deuxième gouvernement minoritaire, avec plus de sièges
Le chef conservateur, Stephen Harper. LA PRESSE CANADIENNE /Tom Hanson
MONTREAL - Le chef conservateur aura gagné son pari d'obtenir un deuxième mandat au gouvernement, mais les électeurs semblent avoir décidé de garder Stephen Harper en laisse en lui refusant la majorité qu'il souhaitait tant.
Le Parti conservateur obtient cependant des résultats plus forts qu'à la dernière élection, et menait la course avec 142 candidats élus ou en avance. Les libéraux suivent avec 78, le Bloc québécois avec 49, les néo-démocrates avec 37 et deux indépendants ferment la marche.
Ce deuxième mandat des conservateurs est surtout dû à leurs avancées en Ontario. Ils ont cependant eu l'aide des néo-démocrates, qui ont grugé les appuis du Parti libéral du Canada (PLC) dans cette province qui compte 106 des 308 sièges aux Communes. La division du vote a largement miné la performance des libéraux, notamment dans la banlieue de Toronto.
Mais c'est au Québec que la majorité a échappé à M. Harper, qui n'a pu faire mieux qu'à l'élection de 2006, où il avait fait élire 10 députés à la grande surprise de tous.
"Nous avons atteint notre objectif. Sans le Bloc québécois ce soir, Stephen Harper formerait un gouvernement majoritaire", a lancé le chef Gilles Duceppe, lors de son discours devant ses partisans, précisant qu'il s'agit de la dixième majorité consécutive obtenue par son parti.
Si, en début de campagne, les conservateurs croyaient au moins doubler leur nombre de sièges au Québec, leurs attentes se sont dégonflées.
Le ministre non élu Michael Fortier n'a pas réussi à se faire élire dans Vaudreuil-Soulanges, où il termine au deuxième rang, loin derrière la bloquiste Meili Faille.
Même résultat pour l'ancien député André Bachand, qui tentait un retour dans Sherbrooke.
Les bleus ont tout de même pu résister au vent de grogne qui a soufflé sur le Québec, en conservant leurs acquis dans la région de Québec. Seul Luc Harvey, dans Louis-Hébert, a été mis en échec par le bloquiste Pascal-Pierre Paillé.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le ministre Jean-Pierre Blackburn reprendra la route d'Ottawa, tout comme son collègue Denis Lebel.
Les Maxime Bernier, Josée Verner et Lawrence Cannon ont tous été réélus sans difficultés.
Le Bloc québécois menait la course avec 49 candidats élus ou en avance, les libéraux suivaient avec 14, les conservateurs 10, et le NPD avec un seul. André Arthur, indépendant, a été réélu dans Portneuf-Jacques-Cartier.
Le seul néo-démocrate encore dans la course au Québec, Thomas Mulcair, livrait une bataille très serrée contre le libéral Sébastien Dhavernas, les deux hommes s'échangeant tour à tour la position de tête.
Au Québec, les troupes de Stephen Harper ont couru à leur perte en abordant des sujets peu populaires.
La déconfiture des conservateurs a commencé à s'annoncer dès la troisième semaine de campagne. Il y a eu d'abord la publicité présentée par Michael Fortier, selon qui le Bloc québécois avait coûté 350 millions $ aux contribuables québécois, sans rien apporter en retour. Quelques jours plus tard, le Parti conservateur dévoilait sa promesse d'imposer des peines très sévères pour les adolescents coupables de crimes graves.
Ces éléments, combinés à la campagne anti-conservateur lancée par les artistes mécontents des coupes en culture, ont eu pour effet de miner les chances des conservateurs au Québec, et de propulser le Bloc vers une popularité renforcée.
En Ontario, où plusieurs luttes à trois se déroulaient, les conservateurs se sont finalement imposés devant les libéraux. Il s'agit de tout un revers pour le chef libéral Stéphane Dion. Par le passé, l'Ontario était le château fort des libéraux, où leur domination leur permettait de s'emparer du pouvoir.
Les résultats n'étaient pas encore complètement dépouillés que des libéraux commençaient déjà à affirmer que les jours de leur chef étaient désormais comptés.
En Atlantique, les nouvelles étaient un peu plus réjouissantes pour les libéraux. Ils auront résisté, avec quelques difficultés toutefois, aux assauts de leurs adversaires, mais non sans avoir dû céder quelques sièges, notamment au Nouveau-Brunswick.
A Terre-Neuve-et-Labrador, les conservateurs fédéraux ont carrément été rayés de la carte. Ils n'ont pu résister à la campagne "n'importe qui sauf les conservateurs" menée par le premier ministre terre-neuvien Danny Williams.
Les conservateurs, qui détenaient trois des sept sièges de la province au déclenchement de l'élection, ont dû en faire leur deuil, en cédant deux aux libéraux et un au NPD. En fait, dans les pourcentages de voix exprimées, les conservateurs terminent au troisième rang dans cette province.
Cette croisade de M. Williams découle d'un différend sur les revenus des ressources non renouvelables et de la péréquation. Le premier ministre terre-neuvien n'a pas raté une occasion de répéter son message tout au long des cinq semaines de la campagne.
Mais l'influence du bouillant premier ministre terre-neuvien n'a pas atteint les trois autres provinces de l'Atlantique.
A l'Ile-du-Prince-Edouard, la domination totale des libéraux a été ébranlée, le Parti conservateur réussissant à s'emparer d'un des quatre comtés, par une faible majorité toutefois.
En Nouvelle-Ecosse, les partis ont conservé leurs acquis, à l'exception de l'ancien ministre libéral Robert Thibault, qui s'est incliné devant le conservateur dans Nova Ouest.
La chef du Parti vert, Elizabeth May, n'aura pas réussi à se faire élire dans Nova Centre, où elle affrontait le ministre de la Défense, Peter MacKay.
Dans son discours, Mme May a admis que la taxe sur le carbone des verts et des libéraux a joué un rôle important dans la campagne.
"C'était sûrement un sujet dominant dans ce comté et partout en Atlantique c'était vraiment impopulaire", a-t-elle déclaré.
C'est au Nouveau-Brunswick que les libéraux ont subi les plus grands revers. Le Parti conservateur leur a soutiré le comté de Fredericton détenu par les libéraux depuis plusieurs années, ainsi que ceux de Saint-Jean et de Miramichi.
Dans les quatre provinces de l'Atlantique, les libéraux se sauvaient avec 17 candidats élus, les conservateurs 10, le NPD quatre et un indépendant a été élu, soit l'ex-conservateur Bill Casey.
Si les conservateurs présenteront le gain de mardi comme une victoire importante, il reste qu'ils n'auront pas su convaincre suffisamment d'électeurs pour obtenir une majorité.
Pourtant, lorsque le premier ministre Harper s'est présenté devant la gouverneure générale pour demander la dissolution du Parlement, le 7 septembre dernier, l'horizon semblait prometteur pour les conservateurs. Forts de leur bilan au pouvoir, ils comptaient profiter de l'incertitude économique pour présenter leur chef comme le meilleur leader pour guider le pays en ces temps difficiles.
L'état de l'économie s'est rapidement transformé en boulet pour les conservateurs qui n'avaient pas vu venir la suite des choses.
La débâcle économique qui a accablé fortement les banques américaines, puis les marchés boursiers mondiaux, a semé dans la foulée des craintes de récession. Les déclarations répétées de M. Harper sur la solidité des assises financières canadiennes n'ont pas eu l'effet escompté.
Et lorsqu'il a déclaré que l'écrasement des marchés était l'occasion de réaliser de "bonnes affaires", ses adversaires en ont profité pour renforcer l'image d'un chef insensible aux déboires financiers et qui ne se soucie que très peu des petits épargnants et des retraités.
C'est à ce moment que le vent a commencé à tourner pour le chef libéral Stéphane Dion, qui s'est attaqué systématiquement à la capacité du chef conservateur de protéger les avoirs des Canadiens. Le chef néo-démocrate, Jack Layton, a lui aussi continué de taper sur ce clou, qu'il enfonçait depuis le début de la campagne.
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