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Non pas un, mais deux palmarès des écoles secondaires sont publiés

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 septembre 2008 à 23:00
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MONTREAL - Huit écoles privées et deux écoles publiques figurent au sommet du palmarès des écoles secondaires du Québec réalisé par l'Institut Fraser cette année.
Sans surprise, le Collège Jean-de-Brébeuf, le Collège Jean-Eudes et le Collège Régina-Assumpta obtiennent une note parfaite, tant pour la dernière année scolaire 2006-2007 que pour le bilan des cinq dernières années.
Les deux écoles publiques francophones qui se classent parmi les 10 premières sur 474 écoles évaluées sont l'Ecole internationale de Montréal, à Westmount, et le Collège Saint-Louis, à Montréal.
Même s'il sait son palmarès controversé, chaque année, l'Institut Fraser en justifie la nécessité. "C'est pour les enfants, c'est pour améliorer l'état de l'éducation. C'est un service qu'on rend à tous les parents du Québec", a commenté Tasha Kheiriddin, co-auteure du bulletin.
L'école Pierre-Dupuy, du quartier défavorisé Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, arrive 474e sur 474. La tendance pour cette école est même à la baisse.
Fait nouveau cette année, l'Institut Fraser ne s'est plus associé au magazine L'Actualité, avec lequel il collaborait depuis le début de ses palmarès, mais plutôt avec le Journal de Québec et le Journal de Montréal. Le cahier de samedi des deux quotidiens comprendra les informations complètes à ce sujet.
"L'Actualité voulait prendre une nouvelle direction. On se cherchait un nouveau partenaire média", a expliqué Mme Kheiriddin. Quebecor était le partenaire tout désigné puisque l'Institut collaborait déjà avec d'autres quotidiens du groupe de presse ailleurs au pays.
De même, il y a non pas un seul palmarès, mais deux, un pour les écoles publiques et un pour les écoles privées.
L'Instit Fraser publie des palmarès similaires en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, où il offre également un palmarès des écoles primaires. Il n'est cependant pas question qu'il élabore un palmarès des écoles primaires au Québec. "On aimerait bien, mais malheureusement, il n'y a pas de données qui sont recueillies par le ministère ici sur les écoles primaires. Alors on ne peut pas", a justifié Mme Kheiriddin.
Réactions
Le palmarès a été sans surprise décrié par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui regroupe les syndicats d'enseignants des écoles primaires et secondaires au Québec.
Ce palmarès "est un exercice improductif qui induit les parents en erreur, car il ne tient pas compte du fait que les élèves sont différents d'un milieu à l'autre. Les contextes socioéconomique et culturel expliquent souvent en grande partie les différences et les écarts entre les écoles", estime le président de la Fédération, André Caron.
"Toute tentative de comparaison entre les écoles publiques et privées, et même entre écoles publiques, demeure un exercice inutile qui ne fait que saper davantage le moral de ceux qui travaillent au quotidien à faire réussir nos élèves, en plus de mobiliser les énergies du réseau scolaire qui seraient mieux investies ailleurs", a poursuivi M. Caron.
Même son de cloche du côté syndical. Le palmarès des écoles "démotive les jeunes et leurs parents, creuse les écarts entre les écoles publiques et privées et décourage le personnel", proteste le président de la CSQ, Réjean Parent.
"En fait, les palmarès nous informent tout autant sur les différences socio-économiques existant entre les écoles secondaires que sur leur prétendue performance scolaire respective", ajoute-t-il.
Le dirigeant syndical nie l'argument de l'émulation saine entre les écoles qui les pousse à faire réussir un plus grand nombre d'élèves grâce à ce palmarès. Il en prend pour preuve le fait que depuis que le palmarès existe, soit depuis 2000, le taux de diplomation et le taux de décrochage sont restés les mêmes.
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