Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
La Nouvelle / L'Union
Pub en Folie
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Harper se défend de paniquer, mais sort 745 millions $ de son chapeau

Presse Canadienne Article mis en ligne le 6 octobre 2008 à 23:00
Soyez le premier à commenter cet article
Harper se défend de paniquer, mais sort 745 millions $ de son chapeau
Le chef conservateur Stephen Harper. LA PRESSE CANADIENNE /Tom Hanson
TORONTO - Le chef conservateur Stephen Harper se défend de faire preuve de panique devant la déroute des bourses et la perspective d'une récession mondiale, mais cela ne l'a pas empêché de promettre, mardi, une aide totalisant 745 millions $ pour les secteurs de l'aérospatiale, de la défense, de l'automobile et de la fabrication.
M. Harper a profité d'un discours prononcé devant le Canadian Club et l'Empire Club de Toronto pour dévoiler la plateforme électorale conservatrice, devenant ainsi, sept jours avant le scrutin, le dernier chef de parti à le faire. Le document de 41 pages, illustré de 22 photos du premier ministre sortant, est intitulé "Un Canada fort et libre".
La plupart des mesures présentées dans le programme ont déjà été annoncées au cours des quatre premières semaines de campagne. Devant la chute de ses appuis au Québec et en Ontario, Stephen Harper a toutefois réservé une surprise: de l'aide pour les secteurs industriels dominants de ces deux provinces dont les conservateurs ont absolument besoin pour se maintenir au pouvoir.
Le parti s'engage donc à hausser de 200 millions $ le budget de l'Initiative stratégique pour l'aérospatiale et de 200 millions $ celui du Fonds d'innovation pour le secteur automobile, le tout sur quatre ans. Il s'agit là de contributions remboursables.
A l'intention du secteur manufacturier, les conservateurs promettent d'abolir les droits de douane sur plusieurs pièces de machinerie et d'équipement importées, ce qui devrait permettre aux fabricants d'économiser 345 millions $, selon les calculs du parti.
Les conservateurs soutiennent que leurs promesses coûteront 8,7 milliards $ en quatre ans (environ 6,5 milliards $ pour des réductions fiscales et 2,1 milliards $ pour de nouvelles dépenses). Le plan s'appuie sur les prévisions du budget de février, alors que les économistes projetaient une croissance économique de 1,7 pour cent cette année. Or, plusieurs prévisionnistes ont revu leurs calculs à la baisse depuis.
"Nous allons évidemment étaler (la mise en oeuvre des engagements électoraux) en fonction des conditions économiques et fiscales", a expliqué M. Harper.
Réactions
Les partis d'opposition n'ont pas tardé à fustiger la plate-forme conservatrice.
Lors d'un point de presse sur le tarmac de l'aéroport de Vancouver, le chef libéral Stéphane Dion a qualifié le programme conservateur de "brochure" qui fait état de "l'immobilisme au pouvoir" et d'une "absence de vision".
De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a carrément accusé Stephen Harper de manquer de sens des responsabilités.
"En improvisant un programme à la dernière minute, M. Harper a démontré sa fragilité politique et surtout, qu'il n'a rien compris à la fragilité de l'économie", a-t-il lancé à Trois-Rivières.
"C'est clairement un geste désespéré de dernière minute", a quant à lui déclaré le chef néo-démocrate, Jack Layton, sur les ondes d'une station de radio de Vancouver.
"Les plates-formes des partis de l'opposition sont écrites dans un monde imaginaire où l'argent pousse dans les arbres", a rétorqué Stephen Harper.
Rappelant les gestes que son gouvernement a posés au cours des derniers mois pour échapper à la crise financière mondiale, le premier ministre a mis en garde les électeurs contre un changement de direction.
"Comme le dit le dicton, "il ne pleuvait pas quand Noé a construit son Arche", a affirmé M. Harper. Et quand la pluie est venue, Noé n'a pas paniqué et il n'a pas changé de bateau."
"Dangereux"
La crise financière a une fois de plus placée le chef conservateur sur la défensive, mardi, alors que l'indice composite de la Bourse de Toronto accusait une nouvelle chute, cette fois-ci de 3,9 pour cent.
"Beaucoup de gens paniquent actuellement, a estimé Stephen Harper en conférence de presse. Je pense qu'il y a probablement de bonnes occasions d'achat qui émergent en bourse en raison de cette panique. (...) Mais la pire chose qu'un premier ministre pourrait faire serait de répondre en montrant de la panique, que (je suis) déconcerté, inquiet ou déphasé avec ce qui se passe. Ce serait extrêmement dangereux non seulement pour notre campagne, mais que ce serait aussi un signal extrêmement dangereux à envoyer aux marchés."
M. Harper a imploré les nombreux électeurs qui ont vu leurs épargnes fondre comme neige au soleil au cours des dernières semaines de ne pas se laisser influencer par leurs "émotions" et de songer aux différentes possibilités qui s'offrent à eux.
Les partis d'opposition proposent "de très mauvaises idées qui empireraient les problèmes des gens ordinaires, la création d'emplois et les épargnes investies en Bourse", a-t-il prétendu. Puis il a ajouté qu'un gouvernement dirigé par un autre chef que lui recréerait au pays les graves problèmes que connaissent les économies les plus mal en point du monde. Cela reviendrait à "sauter en bas d'une falaise", a-t-il lâché.
"Si nous ne sommes pas réélus, l'Ontario de Bob Rae ressemblera à une ville en pleine croissance", a-t-il ironisé, en s'en prenant à l'ancien premier ministre néo-démocrate de la province et actuel candidat libéral fédéral.
Dans le but de maintenir l'intérêt médiatique, les conservateurs entendent annoncer d'autres mesures d'ici le 14 octobre, même s'ils ont déjà dévoilé leur plateforme.
"Il y aura probablement des choses que le gouvernement fera sur les marchés au cours des prochains jours pour répondre à la crise du crédit auquel font face certaines de nos institutions financières", a ainsi confié Stephen Harper au réseau de télévision CBC, mardi après-midi.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

Chez nos voisins