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Duceppe monte le ton sur une promesse de Harper; les artistes en remettent

Presse Canadienne Article mis en ligne le 24 septembre 2008 à 0:00
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Duceppe monte le ton sur une promesse de Harper; les artistes en remettent
Jack Layton, mercredi. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
MONTREAL - Les propositions des conservateurs pour durcir les peines réservées aux jeunes contrevenants continuent d'être dénoncées au Québec par des criminologues et des policiers, mais ce sont des propos du chef bloquiste Gilles Duceppe qui ont eu le plus d'effet, mercredi.
Depuis deux jours, M. Duceppe ne cesse de critiquer l'approche des conservateurs, la jugeant excessive et mal adaptée à la réalité québécoise. Mercredi, le chef du Bloc a été jusqu'à faire appel à une image sordide pour illustrer les impacts que pourrait avoir l'incarcération d'un jeune de 14 ans dans une prison pour une longue sentence.
"Envoyer des jeunes en prison, c'est l'université du crime. Si on veut être sûr d'en faire des criminels, faisons cela. Et puis, c'est de la jeune chair, on ne se contera pas d'histoires avec ça", a commenté M. Duceppe, en point de presse à Montréal, au terme d'une rencontre avec la direction de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
En d'autres mots, a-t-il dit, la promesse des conservateurs est un engagement "stupide" qui menace l'intégrité physique des jeunes adolescents engagés sur la pente du crime.
Les propos ont rapidement été qualifiés "d'extrêmes" par le chef conservateur Stephen Harper. Mais ce dernier ne s'attendrit pas pour autant sur le sort qui serait réservé aux adolescents trouvés coupables de crimes graves.
"On parle de sentences pour des crimes très graves, très sévères comme des meurtres, homicides, de graves crimes sexuels. C'est évident que la population, au Canada ou même au Québec, pense que la vraie sentence pour un tel crime n'est pas la garderie", a fait valoir le chef conservateur, en campagne en Colombie-Britannique.
Mais si des mesures de ce genre trouvent leurs adeptes dans l'Ouest du pays, leur popularité reste encore à faire au Québec.
Après des députés de l'Action démocratique du Québec, qui ont pris leur distance mardi, c'était au tour du ministre québécois de la Justice, Jacques Dupuis, de faire état du désaccord de Québec.
Sa voix s'est ajoutée à celle du président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, qui a carrément démoli les conservateurs dans une lettre ouverte publiée mercredi. La promesse des conservateurs d'imposer des peines très sévères aux jeunes de 14 ans et plus coupables de crimes graves ne "résiste pas à la réalité", écrit M. Francoeur, qui poursuit en indiquant que l'approche québécoise a fait ses preuves.
"Il me semble que si vous aviez vraiment l'esprit pragmatique, ce sont des mesures visant à exporter le modèle québécois d'un océan à l'autre que vous devriez annoncer, pas le contraire. Mais non, vous êtes un idéologue", poursuit le policier, qui critique aussi la position des conservateurs envers le registre des armes à feu.
Il n'y a pas que sur le front de la justice où les critiques ont fusé, mercredi. Au lendemain du spectacle contre les coupes en culture, les artistes, du Québec et du Canada anglais, ont réitéré leur message, soulignant à grands traits l'apport économique du secteur culturel.
"Personne ne s'insurge du fait que le gouvernement investisse dans d'autres types d'industries, que ce soit l'aéronautique ou l'industrie de la pharmacologie. Il y a aussi des crédits d'impôt, des subventions. On réclame juste la même chose pour l'industrie des arts et de la culture", a insisté Raymond Legault, président de l'Union des artistes, en conférence de presse.
C'est d'ailleurs la situation économique qui a rattrapé, une fois de plus, Stephen Harper. Le chef conservateur a dû encore se faire rassurant et affirmer que les déboires des Etats-Unis ne contamineront pas le Canada, où les assises sont plus solides à son avis.
Ca n'empêche pas M. Harper d'entretenir un double discours puisqu'il n'hésite pas à souligner que le pays fait face à des temps "incertains" afin de recueillir des appuis.
Quant au chef néo-démocrate, Jack Layton, il a promis de mettre la hache dans l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre. Il a fait valoir que cet accord a "vendu" le secteur forestier canadien qui en arrache depuis.
De son côté, Stéphane Dion a dû faire taire une voix dissidente de son parti, l'ancien président du Parti libéral du Canada, Stephen LeDrew, qui prédit rien de moins qu'une "raclée" aux troupes libérales, le soir du 14 octobre prochain.
Le chef libéral, qui faisait campagne à Winnipeg, a laissé entendre qu'il ne se préoccupait pas de ce genre de commentaires.
M. Dion a aussi une fois de plus fermé la porte à toute possibilité de coalition pour vaincre les conservateurs.
M. Dion n'a pas parlé directement de la possibilité de diriger une coalition pour battre les conservateurs, mais il a indiqué que les libéraux ne pourraient peut-être pas travailler avec les néo-démocrates. Selon lui, le fait que le NPD insiste pour hausser l'impôt des sociétés rend toute collaboration impossible.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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