MONTREAL - L'ex-joueur étoile du Canadien Guy Lafleur affirme avoir perdu confiance dans le système de justice en raison de la conduite conjuguée d'un juge, d'un policier et d'un procureur de la Couronne qui ont participé à l'émission d'un mandat de perquisition à son égard.
Selon l'avocat de Lafleur, cette mesure n'était pas nécessaire et elle a brimé les droits fondamentaux de son client.
L'ex-hockeyeur vedette se trouvait jeudi au premier rang d'une salle d'audiences du Palais de justice de Montréal, son épouse et un ami à ses côtés, pour écouter la plaidoirie finale de son avocat qui cherche à convaincre le juge Claude Parent, de la Cour du Québec, d'ordonner l'arrêt des procédures intentées contre lui relativement à des témoignages contradictoires rendus dans le cadre de l'enquête sur remise en liberté de son fils Mark. Dans cette affaire, la Couronne accuse Guy Lafleur d'avoir caché le fait que Mark était allé coucher à l'hôtel deux fois avec une nouvelle petite amie, alors que le tribunal lui avait ordonné de dormir chez son père.
Me Louis Belleau a fait valoir que le fait d'émettre un mandat d'arrestation à l'encontre de son client était "illégal, déraisonnable et violait ses droits les plus élémentaires".
"Il n'y avait aucune espèce de nécessité de procéder à l'arrestation de Lafleur. Il n'y avait aucun motif raisonnable de croire que le père de Mark Lafleur tenterait de se soustraire à la justice et qu'il en allait de l'intérêt de la justice", a fait valoir l'avocat.
Me Belleau attribue plutôt la façon de procéder, soit l'émission d'un mandat, à la volonté de la Couronne d'exercer un effet sur son client en prévision du prochain témoignage dans le dossier de son fils.
Pour Me Belleau, la policière au dossier cherchait à obtenir un tête-à-tête avec Guy Lafleur pour avoir une déclaration, avoir sa version des faits, hors la présence de son avocat.
Me Belleau a insisté sur l'obligation qu'ont les acteurs du système de justice d'agir de façon à brimer le moins possible les droits fondamentaux des justiciables.
En réplique, la procureure de la Couronne, Lori Weitzman, a soutenu que l'arrestation de Guy Lafleur avait été menée avec beaucoup de précautions, que les règles de l'art avaient été respectées, au point d'ailleurs où Guy Lafleur avait exprimé des remerciements en sortant du poste de police.
Si Guy Lafleur s'est senti embarrassé, cela n'est pas tant parce qu'il a été arrêté, mais en raison de la nature des accusations portées contre lui, a-t-elle fait valoir.
Me Weitzman a souligné que de rendre des témoignages contradictoires est un crime sérieux, punissable de plus de 14 ans de prison.
Lors de son témoignage, en novembre, Lafleur avait déclaré qu'il ne connaissait personne ayant fait l'objet d'un mandat d'arrestation qui n'était pas un criminel.
"Je ne me considère pas comme un criminel. Ça été très difficile à vivre", avait-il dit.
Le juge fera savoir dans les prochaines semaines quel sort il réserve à la requête de Guy Lafleur.
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