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La 17e journée de campagne se transforme en journée de la culture

Presse Canadienne Article mis en ligne le 22 septembre 2008 à 23:00
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La 17e journée de campagne se transforme en journée de la culture
Le néo-démocrate Jack Layton. LA PRESSE CANADIENNE Jacques Boissinot
MONTREAL - Le jour même où les artistes québécois montaient sur scène pour dénoncer les compressions budgétaires des conservateurs dans les programmes culturels, le chef conservateur Stephen Harper a choisi son camp, et ce n'est pas celui de la colonie artistique.
M. Harper, qui ne cesse de courtiser la classe moyenne depuis le début de la campagne, s'est en fait appuyé sur ce segment de la population, mardi, pour justifier les coupes de 45 millions $ de son gouvernement en culture.
Les gens ordinaires n'ont rien à faire des crises de vedettes, a fait valoir le chef conservateur, ajoutant qu'il ne croit pas que les revendications des artistes suscitent la sympathie des électeurs.
Pourtant, ils étaient des centaines à s'être déplacés, mardi, pour appuyer les artistes qui prenaient part à un spectacle visant à dénoncer la politique culturelle des conservateurs.
Une brochette d'artistes d'horizons variés, allant du groupe Mes Aïeux à Arianne Moffat en passant par André Robitaille et Michel Rivard, ont pris pour cible Stephen Harper.
"Je ne crois pas qu'il y ait des candidats conservateurs dans la salle, quoique j'ai vu quelqu'un avec un sac sur la tête", a lancé l'humoriste Daniel Lemire, qui a donné le coup d'envoi à la soirée.
Il faut dire que le chef conservateur avait mis de l'huile sur le feu, plus tôt en journée.
"Lorsque les gens ordinaires rentrent à la maison, allument la télévision et voient un groupe se plaindre que leurs subventions ne sont pas assez élevées, lors d'un riche gala subventionné par les impôts des contribuables (...), je ne crois pas que cela les interpelle", a lancé M. Harper en anglais lors d'une conférence de presse à Saskatoon, mardi.
Il faisait visiblement référence au gala des Gémeaux où les acteurs, réalisateurs et producteurs qui ont défilé sur scène ont repris en choeur les critiques envers le gouvernement conservateur.
Ce n'est pas la première fois, depuis le début de la campagne électorale, que les conservateurs tiennent ce genre de commentaires sur les artistes et leurs revendications. La semaine dernière, la candidate conservatrice dans le comté de Québec, Myriam Taschereau, déclarait que les artistes sont "gâtés". La ministre du Patrimoine, Josée Verner, n'allait pas aussi loin, mais soutenait que cet enjeu n'intéressait pas les électeurs.
Mardi, M. Harper n'a cependant pas voulu répéter ses propos en français. Ce n'est probablement pas fortuit puisque c'est au Québec que le mécontentement des artistes est le plus important.
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, ont compris qu'ils pouvaient marquer des points sur ce sujet. Les deux hommes étaient présents au grand spectacle dénonçant les compressions, mardi soir au Club Soda à Montréal.
De passage à Québec plus tôt dans la journée, M. Duceppe a dénoncé les commentaires de son adversaire conservateur, des commentaires qu'il juge méprisants.
Plutôt que de sabrer 45 millions $ dans les enveloppes dévolues aux arts, le chef conservateur devrait couper dans les avantages fiscaux de 2,7 milliards $ consentis aux pétrolières, a soutenu le chef bloquiste.
"Ce ne sont pas seulement que les hommes et les femmes connus, ce sont beaucoup d'emplois artistiques, cela va jusqu'aux menuisiers, aux gens du transport, aux cuisiniers et ainsi de suite. C'est énorme", a-t-il évoqué.
M. Layton était lui aussi à Québec, mardi, où il a promis d'annuler les compressions des conservateurs. Il a également défendu la nouvelle campagne publicitaire de son parti qui présente les conservateurs comme les "conservatueurs de la culture".
"M. Harper est en train de réduire le financement nécessaire de la culture et des arts, ce sont des actions très néfastes et dramatiques, on a besoin de mots forts pour le décrire", a justifié Jack Layton.
Cette "journée de la culture" dans la campagne électorale s'est aussi étendue jusque dans la caravane libérale.
En point de presse en Colombie-Britannique, le chef libéral Stéphane Dion a refait sa profession de foi envers les investissements en culture. Il a réitéré la promesse de son parti d'investir davantage dans ce domaine.
"On veut plus de plaisir dans la vie. Sous un gouvernement libéral, le Canada aurait plus de films, plus de romans, plus de théâtre et plus de musique", a résumé M. Dion, qui a par ailleurs dû défendre son "Tournant vert" dans une province déjà aux prises avec une taxe sur le carbone impopulaire.
Par ailleurs, les maires des grandes villes ont dressé la liste de leurs demandes, où un meilleur partage des responsabilités trône en tête.
Les villes revendiquent donc plus d'argent, des sources de revenus plus stables et plus rentables afin de s'attaquer à des enjeux qui touchent tout le monde.
"La pauvreté et l'itinérance ne sont certainement pas un problème local. Les routes et les ponts en mauvais état et les conduits d'aqueduc rouillés ne le sont certainement pas non plus. Les bouchons de circulation et le smog non plus. Les crimes violents commis avec des armes à feu et les gangs organisés ne sont pas des enjeux locaux non plus. Ce sont des enjeux nationaux", a illustré Jean Perrault, maire de Sherbrooke et président de la Fédération canadienne des municipalités.
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