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Charest poursuit sa visite en France, visite le village natal de Champlain

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 mai 2008 à 0:00
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BROUAGE, France - Après avoir assisté samedi - dans une ambiance joyeuse mais sous un ciel pluvieux - au lancement des fêtes du 400ème à Bordeaux, le premier ministre Jean Charest s'est rendu dimanche à Brouage, le village natal de Samuel de Champlain.
M. Charest a vécu cette visite en Charente-Maritime comme une sorte de "retour aux sources", après le récent débat sur le sens historique des fêtes de 2008. Que célèbre-t-on cette année? La fondation de Québec, du Québec ou du Canada?
"Ici, on revient à la base, a reconnu le premier ministre. Il y a de la rhétorique dans le débat. Sur le plan de l'Histoire, il faut faire très attention. Ce que tout le monde reconnaît, c'est qu'au début, il y a eu Champlain. L'acte de fondation pour le Canada, c'est 1867. Entre les deux, il y a eu des événements. Mais le début, c'est l'arrivée de Champlain. C'est ce que nous reconnaissons."
Une dizaine de jours après la gouverneure générale Michaëlle Jean, Jean Charest a découvert avec une certaine émotion la petite citadelle, où s'entassaient au plus fort de sa gloire 4000 personnes.
"On est heureux d'accueillir, pour la première fois de l'Histoire, le premier ministre du Québec, en cette terre de Saint-Onge devenue terre de la Nouvelle-France", a lancé de son côté le président du comité français du 400ème, l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, débordant littéralement d'enthousiasme.
Guidée par la conservatrice de Brouage, Nathalie Fiquet, Jean Charest, son épouse et la délégation qui les accompagnait ont parcouru les petites rues du village de l'ancien port aujourd'hui perdu au milieu des Marais.
"Le lien entre la France et le Québec apparaît encore plus fort quand on visite un lieu comme celui-ci", a dit le premier ministre, le regard tourné vers l'Ile d'Oléron, à quelques kilomètres de là.
Le petit groupe a terminé sa visite à la Maison Champlain, un centre d'interprétation inauguré en 2004. Le premier ministre Charest y a fait une rencontre étonnante, celle de l'arrière petite-fille du maire Brandelys, qui dirigeait les destinées du village au début du siècle dernier.
M. Brandelys faisait partie, en 1908, d'une délégation française qui avait pris part aux fêtes du tricentenaire de Québec. La chose paraît d'autant plus extraordinaire que les autorités de la République française n'avaient pas été invitées à Québec. Le clergé québécois, qui n'avait pas digéré la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ne voulait pas de ces mécréants. Le maire Brandelys y était pourtant. Il a rapporté de Québec une médaille commémorative, que sa descendante a fièrement montrée dimanche à Jean Charest.
Dans un essai paru aux presses de l'Université de Toronto en 2003 (Founding Fathers: The Celebration of Champlain and Laval in the Streets of Quebec, 1878-1908), l'historien Ronald Rudin signale la présence du maire de Brouage au 300ème anniversaire de Québec. Il explique qu'en 1910 , l'élu fit appel aux contacts qu'il avait noués au Canada français pour l'aider à financer la réparation de l'église où "Champlain avait été baptisé" et dont le toit risquait de s'effondrer.
Publié dans les journaux de Québec, son appel en faveur de la "France catholique" victime d'un régime laïc "cruel" fut entendu. La société Saint-Jean-Baptiste récolta en quelques mois 6000 francs (1200 dollars), "plus de deux fois la somme qu'il avait sollicitée".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne
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