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L’entraide serait-elle devenue illégale?

Article mis en ligne le 26 avril 2007 à 8:41
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L’entraide serait-elle devenue illégale?
Le comité pour les droits des personnes assistées sociales est très inquiet à la suite du témoignage de Fernand paru dans le Devoir du 18 avril et des préjugés véhiculés par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale dans le Journal de Québec du 23 avril.

Rappelons que c’est après avoir été soupçonné de recevoir de l’aide d’amis pour se nourrir que Fernand s’est vu couper entièrement son chèque d’aide sociale. Ce prestataire reçoit un chèque de 548 $ par mois et doit payer un loyer de 400 $. Une fois ses comptes payés, il lui reste seulement 50 $ par mois pour se nourrir.

Son agent d’aide sociale l’a convoqué pour lui demander comment il arrivait à boucler son budget. On lui a alors demandé de fournir la liste des personnes qui l’aident, soit en lui offrant le repas ou de la nourriture. Ce prestataire a répondu qu’outre quelques invitations occasionnelles à souper chez des amis, il se débrouillait seul.

«J’ai appris à cuisiner et je fais tous mes repas moi-même, souvent en style asiatique, avec des fèves, des légumineuses et du riz», écrit-il, énumérant des endroits où il peut s’approvisionner à faible coût. Fernand a refusé de fournir la liste des personnes qui l’aidaient occasionnellement et les autorités de la sécurité du revenu lui ont coupé son aide sociale.

Nous avons accueilli avec un certain soulagement, le porte-parole média pour le ministère, Claude Morin, a répondu par le biais des médias que le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale reconnaît et encourage l’entraide de la part de la famille, des amis ou d’un organisme communautaire.

Mais le règlement stipule que cette aide ne doit pas être répétitive. Par exemple, si un prestataire va prendre régulièrement un repas chez des amis ou chez ses parents, on pourrait lui couper financièrement l’équivalent des coûts de ces repas sur son chèque. C’est pourquoi un agent d’aide sociale pourrait, à la limite, enquêter à tous les mois, les personnes qui reçoivent de l’aide sociale et qui ont un loyer qui dépasse de 60% ou 70% le montant qu’on leur accorde. Le droit à la vie privé est également en cause, car si ces personnes doivent fournir à leur agent le nom des personnes qui les aident afin de s’assurer de la non-récurrence des dons. Il y a donc ingérence dans la vie personnelle non pas seulement des personnes assistées sociales, mais également des personnes qui les aident.

Claude Morin, porte-parole du ministère, disait qu’il s’agissait là d’une simple garantie de saine gestion des fonds publics, mais où est la garantie du respect des droits à se loger, se nourrir et de se garder en santé et que dire de la dignité et du droit à la vie privé?

Le nouveau ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, a, quant à lui, accordé une entrevue au Journal de Québec dans lequel il affirmait «Les BS qui n’ont pas de contraintes sévères à l’emploi ne sont pas intéressés à aller travailler actuellement, ils ont tout : les soins dentaires, les médicaments, ils ont même trois jours de garderie». M. Hamad aurait-il omis de parler avec son prédécesseur, Michèle Courchesne, qui a dit clairement, lors du lancement de la publication de la planification et des orientations 2006-2009 du Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, que seulement 10% des 150 000 personnes dites sans contrainte à l’emploi, sont sans aucun handicap à l’emploi. M. Hamad a-t-il pris le temps de visiter des organismes comme le nôtre avant d’associer les personnes à l’aide sociale à la populaire télé série Les Bougon? M. Hamad sait-il que la pauvreté rend malade?

M.Hamad termine en mentionnant que le retrait de certains avantages liés à l’aide sociale pourrait être étalé dans le temps pour en diminuer l’impact. Il est certain qu’une élimination à petit feu est moins apparente qu’un génocide rapide.

Dans un sens, nous espérons que l’attitude de M. Hamad est due à l’ignorance et que le gouvernement investira rapidement dans un programme de formation adaptée à celui-ci. En contrepartie, si tel est le cas, comment a-t-il pu récolter le titre de ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale?

Isabelle Gélinas

CDPAS Victoriaville

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Hélène Paulette

Commentaire mis en ligne le 27 avril 2007
Cet homme entretient manisfestement des préjugés à l'égard des démunis. Alors que les chèques n'ont pas été véritablement indexés depuis des lustres et que le gouvernement Charest a coupé dans les programmes d'intégration à l'emploi, on tente de culpabiliser les victimes. Parlez-nous donc plutôt de la loi anti-pauvreté que votre gouvernement a voté M.Hamad.

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