Claude-Henri Léveillé, directeur général de la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec, pose ici en compagnie de Michel Viens, directeur général de l’Unité régionale de loisir et de sport du Centre-du-Québec. Pour le dossier des sentiers interrégionaux, ils agissent respectivement à titre de président et de coordonnateur.
Le Centre-du-Québec fera partie du réseau interrégional de véhicules hors route
850 km de sentiers pour novembre 2009
La commande lancée par le ministère des Transports du Québec (MTQ) a été bien reçue au Centre-du-Québec, car ici comme dans les autres régions de la province, une table de concertation régionale a été mise sur pied depuis peu. Le but : créer deux réseaux totalisant 10 000 kilomètres de sentiers permanents ou semi-permanents, interrégionaux et praticables à l’année, soit un pour la motoneige et un deuxième pour le quad.
Voilà l’objectif commun qui mobilise actuellement pas moins d’une trentaine d’intervenants centricois, à l’exemple de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les MRC du territoire, le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, la Sûreté du Québec, le ministère des Affaires municipales, etc.
À ce jour, à peine quelques rencontres ont été organisées. Il s’agissait d’abord de donner un plan de travail afin de réaliser le principal défi voulant que les réseaux de sentiers permettent une pratique sécuritaire et respectueuse des citoyens riverains ainsi que de l’environnement, tout en générant des retombées économiques en région.
Au Centre-du-Québec, la table doit établir ses sentiers permanents et semi-permanents d’ici novembre 2009. Selon le président régional du projet, Claude-Henri Léveillé, et le coordonnateur de la table, Michel Viens, il s’agit d’un échéancier réaliste.
«On va mettre à contribution notre expérience acquise lors du développement de la route verte», a soutenu M. Léveillé.
Ainsi, les deux responsables estiment qu’au Centre-du-Québec, le réseau interrégional comptera environ 850 kilomètres, soit quelque 440 kilomètres pour la motoneige et un peu plus de 400 pour le quad.
«Ce qui caractérise notre région, c’est que notre territoire est fortement agricole et qu’au sein des utilisateurs de véhicules hors route, on compte beaucoup d’agriculteurs», a fait savoir M. Viens.
De fait, il est à espérer que cette réalité vienne jouer en faveur du projet, compte tenu de la pérennité visée. D’après les orientations du MTQ, les réseaux devront être fondés sur des droits de passage d’une durée minimale de trois à cinq ans. Des droits consentis à plus long terme ou sur une base permanente devront être recherchés, en accord avec les parties participant à cette démarche.
«On va examiner kilomètre par kilomètre les ententes de droits de passage qui existent. On va connaître chaque propriétaire. Un registre va relater l’essence de ces ententes», a renchéri M. Viens.
Si la démarche peut sembler complexe compte tenu du nombre important d’intervenants, l’objectif du réseau interrégional semble faire l’unanimité.
«Ce qui arrive à l’heure actuelle, c’est qu’il n’y a pas toujours de liens entre les réseaux. Si on part de Québec pour se rendre au Centre-du-Québec, il y a beaucoup d’endroits où c’est coupé», a pour sa part transmis Jean-Pierre Vallée, représentant de la MRC de Drummond.
Bon ménage entre le quad et la motoneige?
Selon M. Vallée, il est question, par endroits, de faire un seul réseau pour la motoneige et le quad. Des représentants de ces associations font d’ailleurs partie de la table de concertation régionale. Soulignons que des normes régissent déjà les partenariats possibles.
Du côté de la Fédération des motoneigistes de la Mauricie et du Centre-du-Québec, la situation augure bien. «Nous, on a des droits de passage seulement l’hiver, donc les agriculteurs ne sont pas réticents. C’est plus le quad qui a des sentiers à développer», a signifié l’administrateur de la Fédération, Clément Marcoux.
Le son de cloche est le même du côté du président de Motoclub Drummond, Réjean Paulhus. «L’accès quatre saisons est intéressant, sauf que pour les zones agricoles, il va falloir que le gouvernement s’implique. Il y a des endroits critiques à l’heure actuelle, entre autres le long de la 55. L’été, c’est impossible. On fait beaucoup de poussière. On est rendu comme les chevreuils, on se tasse tout le temps», s’est-il exclamé, soulignant que le nombre de membres de son association a littéralement explosé au cours des dernières années, évalué maintenant à près de 800.
Pour M. Paulhus, en instaurant des sentiers permanents, il devient aussi plus encourageant d’investir dans le réseau.
Finalement, en matière de sécurité, les règles du jeu courent la chance de changer. Au dire de M. Viens, le réseau est actuellement géré par des bénévoles, mais des normes gouvernementales s’ajouteront. «Le tout sera beaucoup plus sécuritaire que ça peut l’être présentement. Ça va permettre un meilleur management», a-t-il estimé.