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Un autre "poisson" d’avril pour les consommateurs d’électricité québécois ?

Article mis en ligne le 28 mars 2007 à 13:15
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Un autre "poisson" d’avril pour les consommateurs d’électricité québécois ?
La Régie de l’énergie du Québec a autorisé Hydro-Québec à accroître ses tarifs d’électricité pour les clients résidentiels de 1,92% à compter du 1er avril 2007 ce qui représente une augmentation d’environ 2$ par mois. Il ne s’agit pas d’un poisson d’avril, mais bel et bien de la 5e hausse des tarifs d’électricité depuis janvier 2004, date du dégel des tarifs.

Une augmentation des tarifs d’électricité de 13,5% en 3 ans : presque 2 fois supérieure au taux d’inflation observé au Québec pour la même période.

Ainsi, entre janvier 2004 et le 1er avril 2007 les tarifs d’électricité ont augmenté de 13,5% contre une inflation au Québec de l’ordre de 7,7% (considérant un taux d’inflation de 1,5% au Québec en 2007). En 3 ans, les consommateurs d’électricité, particulièrement les consommateurs à revenu modeste et les familles, ont subi une perte importante de leur pouvoir d’achat. En effet, la dépense électrique constitue une part significative de leurs revenus (environ 10%, en opposition à 1% pour les consommateurs les plus fortunés).
Les familles et les ménages à revenu modeste pénalisés
Depuis quelques années, les familles et les ménages à revenu modeste qui chauffent à l’électricité subissent des hausses supérieures à la moyenne. Cette réalité s’explique par la hausse rapide de la tarification de la deuxième tranche d’électricité (au-delà du 30 kWh/jour) en comparaison au prix de la première tranche qui est supposée couvrir les usages électriques de base. En principe, cette mesure a été mise en place pour faire contribuer plus fortement les gros consommateurs d’électricité. En réalité, elle contribue à appauvrir les ménages à revenu modeste. En effet, environ le tiers des ménages à revenu modeste chauffant à l’électricité, particulièrement les ménages habitant des logements moins bien isolés, consomment plus d’électricité que la moyenne. Par conséquent, ces ménages subissent des hausses de tarif supérieures à la moyenne pouvant dépasser les 2,4%, ce qui représente une augmentation de plus de 5$ par mois.

Au Québec, 70% des ménages chauffent à l’électricité. Le chauffage électrique du logement est un service essentiel et environnementalement acceptable. Le Québec devrait reconnaître comme normal et non comme une marque de gaspillage, le fait que les familles consomment plus que la moyenne. De même on ne devrait pas pénaliser les ménages qui habitent des logements moins bien isolés, sachant que les programmes d’efficacité énergétique ne permettent de réduire à chaque année qu’une proportion infime de la consommation électrique des ménages à revenu modeste.
Hausser les tarifs d’électricité pour payer la dette et financer les baisses d’impôt?
Certains économistes bien en vue au Québec proposent de hausser significativement les tarifs d’électricité pour rembourser la dette du gouvernement et d’offrir une aide spécifique aux ménages à faible revenu. Selon ce scénario, les ménages à faible et moyen revenus ne seraient pas immunisés contre les hausses importantes de tarifs. Ainsi, les plus riches retireraient sans doute des avantages fiscaux plus importants. Pourtant les impôts doivent assurer un financement équitable des services publics incluant le remboursement de la dette ainsi que la juste redistribution de la richesse.
Le pacte social de la nationalisation de l’électricité relégué aux oubliettes?
Le pacte social, qui a mené à la nationalisation de l’électricité au Québec dans les années soixante, visait à offrir des tarifs justes, uniformes et stables aux consommateurs du Québec. En tant qu’actionnaires de longue date, ils ont le droit, en priorité, à un traitement équitable avec des tarifs justes et stables fondés sur les vrais coûts de production, de transport et distribution de l’électricité.

Considérant les profits importants sur les activités courantes d’Hydro-Québec, soit quelque 2,5 milliards $, la Coalition des associations de consommateurs du Québec croit que le gouvernement du Québec profite amplement de la rente offerte par l’exploitation de nos ressources naturelles et considère normal qu’une partie de la rente soit retournée aux actionnaires véritables que sont les consommateurs d’électricité du Québec.

Dans le futur, la Coalition des associations de consommateurs du Québec souhaite que :

∑ Hydro-Québec minimise ses coûts (incluant les coûts sociaux et environnementaux);

∑ La Régie de l’énergie protège adéquatement les intérêts des clientèles résidentielles en adoptant des tarifs justes et raisonnables qui respectent leur capacité de payer.

Selon la Coalition des associations de consommateurs du Québec, cette pratique garantirait l’accessibilité à nos ressources naturelles à prix juste et permettrait à tous les ménages et à toutes les familles du Québec de satisfaire leurs besoins essentiels, sans compromettre la capacité des générations futures d’en faire autant.





Louise Tardif

ACEF des Bois-Francs
Honda

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