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Et le GRAVE, il est où?

Article mis en ligne le 26 mars 2007 à 8:24
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Et le GRAVE, il est où?
Comme tous les samedis, je lis méticuleusement le journal local «La Nouvelle» pour me mettre au fait de ce qui se passe dans ma région semaine après semaine. L’édition du 25 mars 2007 est manifestement consacrée aux élections dans le comté d’Arthabaska. En particulier, Hélène Ruel y fait un compte rendu du débat organisé par la Corporation de développement communautaire des Bois-Francs, tenu dans les studios de la Télévision communautaire le 21mars dernier. (Je n’ai pas pu suivre ce débat télévisé, car je n’ai pas accès à la télévision communautaire à partir de Chesterville).

À l’image de ce qui s’est passé au niveau national, c’est grâce à une question d’un citoyen que le thème de la culture a été abordé. Tous les candidats ont eu l’occasion d’exprimer leur point de vue et d’y aller de quelques promesses vagues. Entre autres, Jean-François Roux et Bill Ninacs ont souligné le dynamisme des créateurs et des organismes d’ici, en citant les Chick’N Swell, Robin Aubert, La Gamacherie, le Parminou et le Fimav. Et le GRAVE, il est où? Personne n’en a parlé. Encore une fois, personne n’en a parlé, comme lors des entrevues faites par La Nouvelle l’an dernier auprès de deux personnalités artistiques de la région portant sur l’état de la culture dans la MRC d’Arthabaska.

Comment expliquer ce silence? Ignorance? Sûrement pas de la part de Thérèse Domingue, car elle a été directrice générale du Grave pendant plusieurs années. Quant à Claude Bachand, je lui ai appris l’existence du Grave après son élection en 2003, lors d’une rencontre avec la ministre Beauchamp. Quant aux autres, l’information (communiqués de presse et comptes rendus) sur les activités du Grave est diffusée régulièrement dans les médias locaux. Alors quoi? Serait-on gêné (je n’ose parler de mépris ou de mauvaise foi) de ce que diffuse le Grave, parce que les expositions présentées témoignent de la recherche actuelle en arts visuels, s’éloignant ainsi d’une pratique plus traditionnelle de l’art et, par le fait même, du «vrai monde»? Chacun sait que s’éloigner du «vrai monde» pendant une campagne électorale n’est pas la meilleure chose à faire…

Et pourtant, le public fidèle du Grave sait que les expositions qu’on y présente questionnent la réalité d’aujourd’hui et jettent un regard éclairant sur l’expérience humaine, rejoignant ainsi les préoccupations du monde actuel. En ce sens, elles se révèlent beaucoup plus près du vrai monde qu’on peut le croire a priori. Mais là n’est pourtant pas le premier but poursuivi, car non seulement l’art n’est pas un produit, mais il n’est pas conçu pour répondre aux exigences et aux goûts du consommateur.Quel est en effet le rôle de l’art et du créateur sinon que d’éloigner de la surface pour introduire dans un univers de surprise et d’émerveillement, certes, mais aussi de questionnement et de réflexion?

Et pourtant, le Grave, centre d’artistes autogéré, existe depuis maintenant 21 ans à Victoriaville; il est né, a évolué et continue de progresser grâce à l’implication bénévole de plusieurs artistes professionnels de la région. En plus de diffuser dans ses salles d’exposition (qui font l’envie de plusieurs centres), les artistes du Québec et d’ailleurs, il a organisé et organise encore des événements de création in situ, a collaboré et collabore encore avec d’autres centres d’artistes, a reçu et reçoit encore des artistes (du Québec et d’ailleurs) en résidence, a participé et participe encore à des manifestations artistiques à l’étranger. Ses membres artistes (une soixantaine) proviennent de toutes les régions du Québec, exposent et interviennent autant au Québec qu’à l’étranger; ses membres de la région immédiate s’impliquent en plus bénévolement dans le développement culturel de la région (Comité de la politique culturelle de la MRC d’Arthabaska, Conseil de développement culturel du Centre-du-Québec, Comité permanent des arts et de la culture de la Ville de Victoriaville).

Et pourtant, le Grave est reconnu par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et la Ville de Victoriaville comme l’un des trois organismes professionnels de la ville (avec Parminou et Plateforme), ce qui lui donne accès au Fonds victoriavillois pour les arts et la culture et aux programmes de l’entente Ville-MCCQ ; il est reconnu directement par la Ville de Victoriaville comme organisme accrédité; il est aussi reconnu directement par le CALQ et donc admis au programme de soutien aux organismes. Il s’est mérité en 2006 le prix du diffuseur de l’année au Centre-du-Québec. Il est membre du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ) et participe ainsi au débat national sur la culture et les arts visuels. Il est le seul centre consacré à l’art actuel au Centre-du-Québec et son inexistence priverait le public de la région d’une fenêtre privilégiée sur les pratiques exploratoires et expérimentales de l’art qui se fait maintenant.

Comment alors ignorer après plus de 20 ans un organisme profondément ancré dans son milieu qui, à force de détermination et de bénévolat, a développé une expertise qui place la région au même niveau que les autres régions du Québec et ce, malgré l’absence d’institutions d’enseignement consacrées aux arts visuels? Peut-être cela confirme-t-il que les politiciens appuient une conception plus populiste et plus divertissante de l’art? Ou encore que les arts visuels et la culture en général soient les moindres de leurs préoccupations? Sauf en période électorale, si tant est qu’on leur pose une question là-dessus.

Nul n’est prophète en son pays.

Laurent Luneau

Chesterville

Artiste multidisciplinaire et membre du conseil d’administration du Grave

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maureen martineau

Commentaire mis en ligne le 26 mars 2007
Bonjour, je suis d'accord avec vous sur le fait que la culture a été,encore une fois,une grande absente de la campagne électorale tant au niveau national que local. Fort heureusement cette importante question a trouvé une place au débat organisé par la Corporation de développement communautaire et diffusé à la TVCBF. Dans sa réponse, le candidat de Québec solidaire, Bill Ninacs a voulu souligner l'aspect de l'économie sociale que représentent les organismes artistiques et culturels de la région. Considérant le court temps de réponse accordé, il s'est limité à ne citer que deux exemples,mais aurait très bien pu allonger sa liste en y rajoutant Le Grave, le Musée Laurier, le Festival des Films Courts,le Ciné-Plus etc...La culture est une priorité pour Québec solidaire même si nous n'avons eu le temps que d'élaborer l'engagement d'un filet social pour les artistes. Dans le programme qui est présentement à l'étude et qui a été soumis au dernier congrès national de Québec solidaire, nous prévoyons mettre en place une mesure qui obligerait les étudiants du primaire, secondaire et collégial, à assister à au moins quatre manifestations artistiques par année dont une en arts visuels. Nous comptons sur vous pour nous aider à défendre cette mesure et à continuer d'élaborer un programme au niveau de la culture qui reflète nos préoccupations régionales.
Merci de nous rappeler que nous avons ici, chez nous, un centre unique en arts visuels qui mériterait , il est vrai, d'être mieux reconnu, soutenu et plus souvent cité.

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