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Tribune Libre
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L’eau, cette grande oubliée de la campagne électorale 2007

Article mis en ligne le 15 mars 2007 à 14:55
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L’eau, cette grande oubliée de la campagne électorale 2007
Les cyanobactéries, la didymo, la pollution diffuse, les inondations, les 1 053 avis d’ébullition sur l’eau potable, ça vous dit quelque chose? Si ces phénomènes présentent un dénominateur commun facilement identifiable, l’eau, il n’en demeure pas moins qu’un second dénominateur est qu’aucune de ces importantes problématiques n’a été soulevée, pour le moment, dans le cadre de la présente campagne électorale.
Bien que Greenpeace et plusieurs collaborateurs aient organisé un débat sur les grands enjeux environnementaux la semaine dernière, aucune question n’a porté sur le thème de l’eau. Il est troublant de voir que les gaz à effet de serre et surtout le financement en direct d’Ottawa éclipsent si facilement la question vitale de l’eau.

La Politique nationale de l'eau adoptée en 2002 promettait une réforme de la gouvernance de l’eau et une gestion intégrée de l’eau dans un esprit de concertation pour le développement d’une vision globale. Cependant, aucun plan stratégique concret pour sa mise en œuvre ne l’accompagnait. Pire encore, le financement et les outils pour la mise en œuvre de ces orientations devaient attendre la mise sur pied des redevances de l’eau. Redevances dont les mécanismes de redistribution ne sont toujours pas au rendez-vous quatre ans plus tard.

Bien que le thème de l’eau n’ait pas été abordé dans un débat public et que le débat télévisé ne lui a offert aucune place, il n’en demeure pas moins que quelques éléments intéressants se trouvent dans les différents programmes électoraux. La majorité des partis reconnaît l’eau comme chose commune ou publique (PQ, QS, PVQ). Certains désirent appliquer la Politique nationale de l'eau sur l’ensemble du territoire du Québec (PLQ, PQ, PVQ) et l’utilisation responsable de l’eau (PLQ) alors que d’autres désirent contrer les problématiques (cyanobactéries, didymo) de qualité de l’eau (PQ, PLQ). Quelques partis prévoient le financement de groupes environnementaux et des organismes de bassin versant ou d’outiller ceux-ci (PQ, ADQ et PVQ).

Les partis auraient avantage à exposer publiquement les éléments de leur plateforme qui concerne l’eau et par le fait même tous les électeurs. Le débat sur l’eau est nécessaire dans une société dépositaire d’une grande quantité d’eau et dont sa gestion est le principal défi de l’avenir.

Le Regroupement des organisations de bassin versant du Québec organise, en collaboration avec l’INRS-ETE, un débat public sur l’eau ce qui permettra enfin aux différents représentants de prendre position et d’exposer clairement les engagements de leur parti sur les enjeux de l’eau.

Les changements climatiques sont présentement au centre du discours environnemental, cependant il ne faut pas oublier pour autant qu’ils auront des implications sur l’eau : inondations, acidification, pénurie, eutrophisation accélérée des lacs, sécheresse, etc. Votre eau, vous la voulez comment?

Jean Landry

Marie-Claude Leclerc

Jean-Paul Raîche

ROBVQ

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