Le Carrefour des défis constitue un outil de plus en plus cité comme source de référence par les intervenants sociaux de la région. On aperçoit ici la coordonnatrice du CRDS, France Fradette.
Le Carrefour des défis met en lumière les côtés plus sombres du Centre-du-Québec
Une 3e version bientôt accessible sur le Web
Le Comité régional en développement social Centre-du-Québec (CRDS) a dû lire bien des rapports et prendre part à des consultations multiples pour en venir à créer cet outil : Le Carrefour des défis. Identifiant les principaux obstacles vécus au Centre-du-Québec, un premier document a d'abord circulé en 2003. Au cours des prochains mois, une version améliorée sera de nouveau disponible... cette fois sur le Web.
Ayant comme mission d'assurer la pleine participation de tous les acteurs concernés en développement social, le CRDS se devait de saisir le portrait régional afin d'identifier les faiblesses, orienter les actions et dégager un financement, notamment via le fonds régional en développement social.
Dans la poursuite de cet objectif, le Comité s'est non seulement demandé si les problématiques au Centre-du-Québec étaient bien connues, mais aussi si elles étaient financées par l'État. «On voulait savoir s'il y avait des craques dans le plancher», a imagé France Fradette, coordonnatrice du CRDS.
Ainsi, la dernière édition accessible du Carrefour des défis a retenu une trentaine de problématiques typiquement centricoises. Pour des fins de classification, ces dernières ont été regroupées au sein des catégories suivantes : femmes, population, jeunes, aînés, enfance et famille, monde du travail, éducation, santé et hommes.
Par exemple, le document relève le faible revenu d'emploi des femmes, établi à environ 62 % de celui des hommes. Il soulève l'intérêt de développer un sentiment d'appartenance au Centre-du-Québec ou encore le manque de places en services de garde et de mesures alternatives pour combler des besoins spéciaux. Sans surprise, l'ampleur du décrochage scolaire y est souligné.
Selon Mme Fradette, trois problématiques étaient récurrentes aux cinq MRC de la région 17. Il s'agit de l'isolement des personnes, faute d'accès à un système de transport collectif, de l'exode des jeunes vers les grands centres et des difficultés relatives aux familles en situation de pauvreté.
En plus de personnaliser la réalité centricoise, le Carrefour des défis fait état de diverses statistiques sur les sujets ciblés. «C'est impressionnant de voir comment c'est documenté. Les gens travaillent avec une telle rigueur. Ces chiffres servent d'argumentaires, de leviers dans leur milieu pour aller chercher des sous. Ça démontre les besoins», a commenté la coordonnatrice.
Au dire de cette dernière, le CRDS est à même de vérifier si le soutien apporté est adapté. «On essaie d'être un réseau de moyens et de mettre ça à contribution. On sort de plus en plus du concept et on s'en va vers l'application, a-t-elle indiqué. Ça commence à prendre une couleur.»
C'est entre autres pour cette raison que le Carrefour des défis porte désormais le titre «Pour une région à dimension humaine».
Mme Fradette rappelle également que le document en question se développe continuellement. Voilà pourquoi la chargée de projet, Manon Samson, travaille depuis peu à actualiser la troisième édition qui se retrouvera aussi sur le Web.
Cette évolution se réalise à l'image de ce secteur. «Le développement social n'a pas de début ni de fin; c'est un processus», a-t-elle communiqué.