En ce temps d’élection...
Ma lettre s’adresse à vous politiciens ou aspirants politiciens qui désirez avoir nos votes aux prochaines élections. On vous entend souvent parler à la télévision et à la radio de lutte à la pauvreté et l’exclusion sociale. Pourtant, certaines de vos lois favorisent ce phénomène. En voici un cas :
Charlotte et Hervé (noms fictifs) vivent un grand amour et souhaitent cohabiter ensemble, seulement Charlotte souffre de dystrophie musculaire, ce qui fait d’elle une personne à contraintes sévères à l’emploi et ce, depuis l’enfance. Hervé travaille à petit salaire et ne peut prendre en charge toutes les dépenses du ménage.
Les lois de la Solidarité sociale (BS) sont très fermes à ce sujet. Si une personne à contraintes sévères à l’emploi cohabite avec une personne qui travaille légalement, elle risque pratiquement de tout perdre au bout d’un an.
Logiquement, Hervé devrait, lui aussi, embarquer dans le système de Solidarité sociale. Il pourrait vivre avec Charlotte et travailler au noir.
Un couple de plus sur l’aide sociale, me direz-vous, n’y en a-t-il pas suffisamment? Voilà ce que favorisent les lois présentement.
Si nous aidons des criminels à se réintégrer socialement, si nous donnons des services à des gens difficilement intégrables à la société, pourquoi ne pas laisser une chance aux gens à contraintes sévères à l’emploi de vivre une vie de couple plus normale.
«La meilleure manière de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire.»
Anik Tourigny
Victoriaville
maureen martineau
Commentaire mis en ligne le 3 mars 2007Madame Tourigny, vous avez tout à fait raison de soulever la question de la lutte à la pauvreté car, à part Québec solidaire, plus aucun parti ne priorise la lutte à l’appauvrissement et ce malgré la loi 112 votée au Québec en 2002 pour contrer la pauvreté et l’exclusion sociale. Lors de son dernier mandat, le Parti québécois a laissé dormir cette question et n’a pas voté de plan d’action. Dès son arrivé au pouvoir, Jean Charest a mis en place quelques mesures, nettement insuffisantes dont la très indigne « demie indexation » des prestations à l’aide sociale pour les soi-disants personnes « aptes à l’emploi ». Les bénéficiaires de la sécurité du revenu ne sont pas des « demi-personnes », celles qui vivent avec un conjoint non plus. Le candidat de Québec solidaire aux prochaines élections provinciales, Bill Ninacs, a choisi de mettre la lutte à l’appauvrissement au cœur de sa campagne électorale. Avec Québec solidaire, il s’engage à hausser le salaire minimum à $10 de l’heure, à augmenter substantiellement les logements sociaux subventionnés, à viser la gratuité scolaire. Pour y arriver, Françoise David et Amir Khadir, les deux porte parole de ce parti, ont annoncé publiquement , une revision importante de la fiscalité, afin de mieux répartir la richesse et permettre ainsi à tous les Hervé et Charlotte de Victoriaville et du Québec d’avoir eux aussi accès à une vie décente et à la réalisation de leurs rêves.
Maureen Martineau
Membre de Québec solidaire Arthabaska