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L’école : le paradis ou l’enfer?

Article mis en ligne le 14 février 2007 à 11:46
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L’école : le paradis ou l’enfer?
Pour mes enfants, leurs amis et moi-même, c’est l’enfer! Ça chauffe dans les classes au régulier ou en formation générale (oublions les spécialités : arts visuels, PEI, langues).

En effet, il reste majoritairement, dans ces groupes, des élèves faibles ou des élèves dissipés, paresseux, démotivés qui chuchotent durant les cours. Ils empêchent mes enfants, comme les vôtres, de recevoir un enseignement de qualité auquel ils ont droit.

Peut-on transmettre des connaissances, une méthode de travail et le goût d’apprendre dans un climat infernal? Avec des groupes mal équilibrés (20 garçons et 9 filles par exemple) et des élèves qui se fichent de tout? Je les comprends de ne rien foutre. Avec la réforme, histoire de donner la chance aux coureurs, les élèves ne doublent plus (même si les parents insistent).

On invente des bulletins compliqués et on élimine les moyennes de groupe (il faut éviter de comparer les élèves, c’est mauvais pour l’estime de soi. Par contre, on soumet certains élèves à des examens d’entrée et on «écrème» comme à l’école privée. N’est-ce pas de la compétition, de la comparaison «malsaine»? Le système présenterait-il des contradictions?

La réforme ne vise-t-elle pas la diminution du décrochage? Avec de tels procédés : on ne double plus, on décroche moins. Les commissions scolaires n’auront-elles pas de formidables statistiques sur le plan de la réussite? Enfin, que vaudra un diplôme d’études dans un tel contexte?

Ah! J’admire les profs qui se débattent dans tous ces changements. Que leur reste-t-il pour stimuler les élèves à apprendre? Quelle emprise peuvent-ils avoir sur eux (tout le monde passe, avec ou sans effort)?

Grands patrons, directeurs, experts en pédagogie, sortez des commissions scolaires et rendez-vous dans les écoles. Accompagnez un prof, ne serait-ce qu’une journée, et vous constaterez qu’ils ont besoin d’aide. Les élèves aussi qui endurent les «chahuteurs» au quotidien. Et que dire des directions d’école, ne sont-elles pas dépassées par l’ampleur du problème?

J’ai un infini respect pour les enseignants, pour leur travail, alors je leur souhaite de pouvoir enseigner dans de «vraies» classes et non dans des «champs de bataille». Bref, je leur souhaite, non pas à la fin de leurs jours, mais dès maintenant, le paradis. Nul doute, ils méritent des auréoles.

J.-P. Côté

Victoriaville

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