Ça ne pue pas!
Les algues «bleues» ont peu d’odeur. Pourtant, elles rendent vraiment l’eau non potable. Bravo! Notre bassin versant n’a pas encore été touché par elles. Ces algues sont issues du phosphore dont les porcs sont de grands fabricants.
Notre MRC ne peut pas faire beaucoup pour la préservation du territoire. Aussi, ce n’est pas elle qui détermine les régions qui doivent être zonées ou pas. Seules les odeurs fortes sont de son ressort, mais pas celles des lisiers : l’épandage dépend d’un autre organisme.
Les algues «bleues» ont peu d’odeur, donc la MRC n’a pas à y voir. De plus, quand elle doit s’occuper des odeurs qui ne sont pas celles des lisiers, il lui faut franchir tout un fatras de règlements. Ces derniers ralentissent grandement son fonctionnement.
La MRC n’a pas la possibilité de lutter pour le bon sens, car elle doit s’assurer essentiellement que le droit de produire soit respecté. Sur son propre territoire, elle ne peut pas considérer comme trop fragile une région de cinq lacs et du départ de trois bassins versants dont le sien.
Pourtant, il y a de très grands risques pour une partie de sa population. S’il fallait que la rivière Nicolet soit envahie par des algues nocives! Pensons aux puits traditionnels, aux puits artésiens, aux nappes phréatiques situés le long de la rivière qui traverse tout le territoire de la MRC.
Ces propos ne sont plus exagérés, ils ne sont plus déconnectés, ils ne sont plus alarmistes, car tout près de nous, il y a des algues nouvelles qui se sont développées l’été passé. Quand l’hiver sera passé, vont-elles agir?
Puis, le lac le plus grand de Saints-Martyrs-Canadiens est encore, en ce moment, une grande réserve d’eau potable qui pourrait servir d’urgence aux citoyens de la MRC.
Mais notre MRC a peu de pouvoir pour prévenir une catastrophe proche. Le territoire de Saint-Martyrs-Canadiens a un sol particulier. L’eau de sa grande partie zonée se jette au début de la rivière Nicolet avec presque tous ses débris.
Curieux, tout cela. Pour le simple principe du droit de produire, on doit prendre tous les risques, même ceux de détruire pour très peu.
La MRC doit garantir le bon sens, la concertation et considérer que les odeurs doivent être traitées avec l’ensemble qui pose problème. Il est grand temps de dépasser le stade des odeurs, de fixer ce qui doit être préservé et de ne pas prendre de risques inutiles.
L’eau peut être rendue non potable par des éléments presque inodores. Pour la protection de leurs citoyens, les maires et mairesses rassemblés doivent exiger plus de pouvoir pour gérer ce qui s’en vient.
Jean-Claude Duchesne
Victoriaville