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Sommes-nous vraiment une nation Tanguy?

Article mis en ligne le 27 novembre 2006 à 17:42
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Sommes-nous vraiment une nation Tanguy?
Quand j’ai eu 21 ans, j’ai pu voter et aller dans les clubs (c’était l’âge légal en 1966). Déjà, j’habitais en ville pour mes études et, bientôt, j’ai eu mon premier emploi et ma première voiture. Je devenais un adulte responsable de ses choix et de son budget. Peu après, ma mère l’a réalisé le jour où je suis venu vider pour de bon mes tiroirs à la maison familiale. Je revois encore la femme déterminée qu’elle était, mais peu portée à verbaliser ses sentiments. Elle m’a simplement souhaité, avec un sanglot dans la voix, d’être heureux dans mon nouveau chez moi avec ma compagne.

Jamais elle n’a trouvé anormal que je fonde mon propre foyer. Sa peine de mère était compensée par de la fierté envers l’adulte émancipé que je devenais. La famille ne serait pas moins unie et jamais elle ne m’aurait obligé à lui confier la moitié de mes revenus pour les gérer en mon nom. Sa porte m’est restée ouverte, mais elle n’aurait pas accepté que, comme Tanguy, je demeure un adolescent attardé qui colle à la maison par peur de s’engager. J’avais dit OUI à ma vie à moi… Je pouvais lui jaser de mes défis, mais c’est moi qui décidais. Elle est même devenue une grand-mère complice de mes réussites d’adulte et de mes bonheurs. Aujourd’hui, c’est à mon tour de vivre le «nid vide» et d’être fier du destin autonome de mes enfants. C’est la vie.

Ce qui m’amène au débat actuel sur la reconnaissance de notre nation québécoise. Je suis convaincu que les nations évoluent comme les individus. Elles naissent, grandissent et prennent leur place. Depuis bientôt 400 ans, nous avons d’abord été une colonie, puis un territoire et ensuite le peuple fondateur, il y a 239 ans, d’un pays qui est devenu «une vraie maison de fous», comme le disait René Lévesque dans les années 60. Après les Durham, Colborne (qui a pendu les Patriotes), Diefenbaker, Trudeau, Chrétien, Martin, Stéphane Dion, et j’en passe, qui nous niaient notre statut de nation adulte, voilà que Stephen Harper nous reconnaît au nom du Canada, mais à condition que, comme le «têteux» Tanguy, nous soyons un peuple de «chialeux» soumis à jamais…

Pourtant, même Bourassa avait compris et affirmé en 90 «quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement» et même Charest est allé affirmer en Europe cet été que nous avons «les moyens financiers» de devenir un vrai pays.

En conclusion, j’affirme que rien ni personne ne peut empêcher une vraie nation de grandir vers la responsabilité… quand elle le décide démocratiquement. Et j’ai hâte à la prochaine occasion…

André Arpin

Chesterville

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Vos commentaires

J'aime votre point de vue !

Francis Laroche
Article mis en ligne le 28 novembre 2006
Je considère votre point de vue intelligent et bien fondé et je le partage ! La réflexion est intéressante, merci pour votre opinion !


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