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La Croix-Rouge : une façon pour Jean-Denis Lavigne de «rester aux aguets»

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 10 novembre 2006 à 10:34
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La Croix-Rouge : une façon pour Jean-Denis Lavigne de «rester aux aguets»
À 64 ans, le Victoriavillois Jean-Denis Lavigne occupe la présidence du conseil divisionnaire du Québec de la Croix-Rouge. (Photo : La Nouvelle)
La Croix-Rouge : une façon pour Jean-Denis Lavigne de «rester aux aguets»
Retraité du monde scolaire où il a bien peu longtemps enseigné, mais beaucoup milité, conseillé et même occupé un poste de direction, le Victoriavillois Jean-Denis Lavigne a eu, en 1999, un coup de cœur pour la société de la Croix-Rouge.
Un tel coup de cœur qu’il en est devenu, il y a quelques semaines, le président du conseil divisionnaire du Québec.

«Ce bénévolat me permet de redonner à la société… qui m’a donné beaucoup!», dit-il.

Et il ajoute être doublement réconforté à l’idée d’œuvrer dans une organisation essentiellement vouée à l’aide humanitaire, lui qu’on a également connu dans des fonctions politiques (président du PQ-Arthabaska et même candidat du NPD à deux scrutins fédéraux).

Pourtant, Jean-Denis Lavigne a beaucoup apprécié ses années de militantisme, tant à la présidence des enseignants qu’à titre de conseiller syndical, surtout dans ces années d’effervescence où la mobilisation était grande pour revendiquer une meilleure organisation du travail.

Et il a aussi aimé ses années où il a été promu, de conseiller en gestion du personnel au secrétariat général, même à la direction des services de l’enseignement de la Commission scolaire Jean-Rivard (Plessisville).

«À ce poste, j’ai vécu les cinq plus belles années de ma vie parce que je me sentais comme un entraîneur, travaillant dans le positif avec des professionnels désireux de rehausser la qualité des services. Quand on est conseiller syndical, le téléphone ne sonne que pour ce qui va mal; on travaille toujours avec du négatif», se souvient-il.

De le retrouver aujourd’hui à la Croix-Rouge n’est finalement pas si incongru qu’il y paraît à première vue.

«Toutes ces années passées tant du côté syndical que du côté de l’administration m’ont permis de travailler avec tout le monde, lance-t-il. Mon fil conducteur, c’est que j’ai toujours souhaité travailler à aider.»

Il se rappelle que c’est très exactement en janvier 1998 qu’il a été personnellement «sensibilisé» à l’existence de la Croix-Rouge, dans la noirceur où l’avait plongé la grande panne occasionnée par la tempête de verglas.

«J’habitais alors à Saint-Rémi-de-Tingwick. On a été 12 jours sans nouvelles de personne, à se chauffer au poêle à bois jusqu’au moment où la Sûreté du Québec a finalement débarqué chez nous…», rappelle-t-il.

Jamais il n’aurait pensé que, cinq ans plus tard, en 2003, alors qu’il était déjà devenu président du conseil territorial, il se retrouverait cette fois au coeur de l’équipe de secours aux sinistrés des inondations dans les Bois-Francs.

«C’est la plus belle démonstration de solidarité à laquelle j’ai participé!, affirme-t-il. Avec tous ces bénévoles sur le terrain, ces gens d’affaires pour amasser des fonds, ces élus municipaux empressés. Dans des événements de ce genre, les gens mettent de côté leurs orientations et leurs intérêts personnels. On s’en sort, les coudes serrés, et ça nous réconcilie avec la condition humaine!».

La Croix-Rouge, rappelle-t-il, c’est l’organisme qui, grâce à ses 10 000 bénévoles au Québec, son aide financière, son matériel d’urgence, offre des services aux sinistrés, orchestre des programmes de prévention, offre des formations éducatives.

«C’est une très vieille organisation qui évolue avec le temps, une des seules qui peut intervenir autant à Chibougamau, qu’en Gaspésie ou à Val d’or», informe-t-il.

Et, selon lui, le moment d’y travailler est encore plus intéressant, parce que l’organisme vit une nouvelle période de mutation.

Sans être alarmiste, Jean-Denis Lavigne dit qu’avec les perturbations climatiques que provoque le réchauffement de la planète ou la menace d’une pandémie - pour n’évoquer que cela -, un organisme comme la Croix-Rouge, spécialisée dans les interventions en cas d’urgence, se doit d’accentuer ses services de prévention et de se préparer à parer à toutes les éventualités.

Pour le président de 64 ans, œuvrer pour la Croix-Rouge, c’est une façon de «rester aux aguets» de ce qui se passe dans le monde.

L’organisme a, en quelque sorte, les défauts de ses qualités. Il vit du bénévolat… et de la générosité. Des ressources à la fois précieuses et renouvelables, en autant qu’elles soient constamment stimulées. «Nos bénévoles vieillissent; on a le défi d’intéresser les jeunes», soutient-il.

Et puis, dit-il encore, pour s’assurer des fonds, la Croix-Rouge ne doit jamais négliger de se faire connaître. «Personne n’aime à dire qu’il a été aidé par la Croix-Rouge», rappelle-t-il.

Malgré ses hautes fonctions au conseil divisionnaire, même s’il est membre du comité canadien de planification stratégique, Jean-Denis Lavigne promet de ne pas s’éloigner du terrain… et des 400 bénévoles de la section Bois-Francs.
«Nos bénévoles vieillissent; on a le défi d’intéresser les jeunes.»
Jean-Denis Lavigne

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