Les CSSS du Centre-du-Québec participaient, le 3 octobre, à la Journée Carrière Québec, à Montréal, afin de susciter l’intérêt de la région auprès des étudiants en médecine.
Neuf personnes sur dix devraient avoir leur médecin de famille
Actuellement, dans la région 04-17, les effectifs médicaux sont comblés à 79 % seulement. L’Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (ASSSMCQ) compte faire augmenter ce pourcentage à 90 % dès l’an prochain. Comment? En acceptant, en 2007, 43 nouveaux omnipraticiens, et ce, même si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) n’en a autorisé que 28. Des représentations politiques seront menées pour défendre les besoins du milieu.
L’ASSSMCQ et les centres de santé et de services sociaux (CSSS) du territoire prenaient part, le 3 octobre dernier, à la Journée carrière, à Montréal, visant à recruter des médecins.
Cette participation s’inscrivait parmi les initiatives pour contrer la pénurie d’omnipraticiens dans la région.
«Pour les années à venir, on va voir la lumière au bout du tunnel, a promis Luc Grégoire, conseiller aux affaires médicales de l’ASSSMCQ. Notre région devient de plus en plus attirante pour les médecins.»
C’est que la campagne pour faire connaître la Mauricie et le Centre-du-Québec auprès des étudiants en médecine a porté fruit.
«On se rendait compte que, pour eux, ça semblait nébuleux comme région. C’est mieux maintenant. Les résidants savent que ce n’est pas si loin que ça, qu’on est situé entre Québec et Montréal», a-t-il expliqué.
À ce sujet, les chiffres sont révélateurs. Si quelque 300 stages ont été effectués en 2004-2005 dans la région 04-17, ce nombre a doublé cette année.
«On s’attend à ce que, l’an prochain, il y en ait encore plus et que cette hausse perdure dans le temps», a ajouté M. Grégoire.
La grande force du recrutement se fait par le biais des stages, qui permettent un contact direct. «Sur place, les stagiaires jasent avec le personnel de l’établissement, ils voient la pratique médicale, les services et la qualité de vie qu’il peut y avoir. Ça les intéresse davantage», a fait valoir le conseiller aux affaires médicales.
Jouer la corde sensible
Un sondage réalisé il y a deux ans auprès des résidants et des externes en stages ici révélait que le choix d’une région plutôt qu’une autre se faisait d’abord en fonction du milieu de vie, à savoir s’il était favorable pour élever une famille. La diversité et la qualité de la pratique médicale faisaient aussi partie des priorités.
Voilà pourquoi, notamment, la récente Journée carrière assurait sur les lieux un service de garderie et la présence du Carrefour jeunesse-emploi, pour soutenir les conjoints des médecins qui voudraient se trouver du travail.
Ce salon a donc permis aux résidants d’échanger avec les nombreux médecins présents lors de l’événement et de s’informer du nombre de places disponibles par établissement, via le Plan régional d’effectif médical (PREM), établi en 2003.
Rappelons que ce dernier relève d’ententes survenues entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le Ministère afin d’éviter que les finissants se dirigent tous vers les grands centres et d’offrir une répartition plus équitable.
L’an dernier, dans la région 04-17, le PREM a autorisé 23 nouveaux médecins. Sur les 215 finissants au Québec cette année, 28 pourraient pratiquer ici, un nombre qui sera toutefois défié par l’ASSSMCQ.
«On pense avoir 43 omnipraticiens cette année. Pour que chaque personne ait son médecin de famille, il nous en manque 110, soit 34 en établissement et 76 en cabinet privé. Avec ces 43 nouveaux, 90 % des effectifs médicaux seraient comblés. Ce n’est donc pas nous qui allons refuser les candidats», a précisé M. Grégoire.
Avec le département régional de médecine générale (DRMG), des représentations auprès du Ministère demanderont des dérogations.
«On ne remet pas la méthode de calcul du PREM en question parce qu’elle est entérinée par la FMOQ et l’ensemble des établissements du Québec. On a plutôt demandé qu’il y ait un facteur de correction pour que des régions comme la nôtre, qui a seulement 79 % des effectifs médicaux comblés, puisse atteindre la moyenne provinciale qui s’élève à 90 %. Chacun tire sa couverte de son bord, mais on a une écoute attentive du Ministère sur nos revendications», a-t-il rapporté.
Les finissants ont jusqu’au 30 octobre pour soumettre leur candidature au sein des établissements de santé. L’ensemble des nouveaux arrivants sera déterminé d’ici Noël.
Nombre d’omnipraticiens autorisés au Centre-du-Québec
Plan régional d’effectif médical (PREM) 2007
-CSSS d’Arthabaska-Érable : 6
-CSSS de Bécancour-Nicolet-Yamaska : 3
-CSSS Drummond : 4