La Journée internationale des femmes était célébrée pour une 30e année à Victoriaville.
«Nos acquis sont toujours fragiles»
La Journée internationale des femmes se veut un moment bien particulier dans le cœur des Victoriavillois. Pour une 30e année, des dizaines de personnes étaient au rendez-vous, le 8 mars, afin de participer à ce rassemblement tenu par neuf organismes de la région, qui ont mis leurs expertises en commun afin de concocter un évènement d’échanges.
Pour amorcer le tout, une période de réflexion était à l’horaire, alors que huit femmes, issues de quatre générations, ont échangé sur différentes questions formulées comme suit : L’autonomie des femmes représente-t-elle une menace pour les hommes? Y’a-t-il marchandisation du corps des femmes? Un contrôle est-il encore exercé sur les femmes? Y’a-t-il discrimination à l’encontre des femmes?
«Ce partage intergénérationnel est d’une richesse incroyable, puisqu’une personne de 16 ans n’a pas nécessairement la même perception qu’une autre âgée de 70 ans, a confié Marie-Line Molaison de la Maison des femmes. Notre objectif n’est pas de mettre des réponses dans la bouche des gens, mais de laisser des personnes avec des expériences différentes donner leur opinion.»
Pour ce rendez-vous offert gratuitement, les organisatrices souhaitaient accueillir près de 80 personnes. Cependant, elle assure que le plus important est que celles présentes soient ensemble dans la joie.
«Même si les femmes ont gagné plusieurs batailles au cours des dernières années, nos acquis sont toujours fragiles. En organisant un tel rassemblement, les participants repartiront avec une réflexion de plus et seront, à leur tour, des ambassadeurs du féministe.»
Des acquis fragiles, voilà une raison évoquée par Mme Molaison expliquant pourquoi ces organismes doivent continuer à se faire entendre.
«La nouvelle génération prend pour acquis certains droits que les femmes viennent à peine d’obtenir. C’est pourquoi il est important d’avoir des personnes comme nous qui portent un regard extérieur sur cette mentalité. Ainsi, on peut rappeler aux nouvelles femmes qu’il va falloir encore se battre pour conserver certains droits, comme l’avortement.»
Un moment plus festif a aussi été offert aux participants, alors que Lynda Leblond et Julie Morin ont fait entendre leur voix, sur les rythmes et le doigté de la pianiste Lucie Laforêt.