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La Nouvelle / L'Union
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«La vie n'est pas un long fleuve tranquille»

Article mis en ligne le 10 octobre 2008 à 11:57
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«La vie n'est pas un long fleuve tranquille»
À l'occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre, les organismes membres de la Table de concertation et d’action contre la pauvreté de la MRC d’Arthabaska publient quatre chroniques hebdomadaires durant tout le mois d’octobre.
Mise en garde : Certains trouveront peut-être ce commentaire négatif ou agressif, mais nous ne voulons pas culpabiliser, mais dénoncer; nous ne voulons pas attaquer, mais revendiquer. Il ne s'agit pas non plus de s'apitoyer, mais de comprendre et d'aider au mieux de nos possibilités. Nous voulons partager le sentiment d'injustice sociale que nous inspire souvent la situation de pauvreté vécue par nos concitoyens et aggravée par les préjugés. Merci de votre compréhension.
À qui appartient la pauvreté ?
Qu'est-ce qui conduit une personne à demander l'aide du Dernier Recours à sa communauté? Bien sûr, tout ce qui entrave l'accès au marché de l'emploi pour un adulte : perte d'emploi évidemment, mais aussi séparation difficile ou deuil important; maladie physique ou mentale -temporaire ou permanente- pas toujours évidente (parfois, des personnes sont dans une zone grise quant à leur santé : par exemple, pas de déficience mentale diagnostiquée, mais fonctions cognitives insuffisantes pour remplir des conditions d'emploi); histoire personnelle complexe et douloureuse perturbant la capacité d'apprentissage, de performance et d'estime de soi nécessaire pour mener à bien la course formation /compétence /entrevue /emploi; manque de formation ou «dropping» scolaire, et la liste peut s'allonger.
La capacité de résilience n'est pas égale chez tous. L'être humain est un tout susceptible de se briser si, tôt dans l'enfance, toutes les conditions d'équilibre ne sont pas réunies.

La condition de vie des parents a un effet direct sur l'évolution sociale : la perception de soi-même prend les couleurs que les autres nous renvoient. Qu'est-ce qu'un enfant ressent lorsqu'il entend sur les ondes que son ou ses parents sont des BS qui ne devraient pas avoir le droit de vote à moins d'avoir un emploi?

Quelle estime de soi a-t-il quand les autres les décrient comme fraudeur, profiteur ou paresseux? Est-ce que notre développement économique n'est pas basé sur le profit? Est-ce que l'évasion fiscale n'est pas une sorte de fraude ? Est-ce que notre conscience sociale ne tourne pas au ralenti à l'heure où il s'agit de partager nos richesses autrement qu'un don à Noël?

Nous voulons porter à votre attention que «la vie n'est pas un long fleuve tranquille» pour beaucoup de citoyens et que l'accès à l'emploi n'est pas évident à certaines périodes de la vie de ces personnes. Mais, lorsque cette personne reçoit une prestation d'aide qui ne couvre pas ses besoins essentiels, combien de temps ça prendra-t-il avant d'être «déclassée» dans le marché du travail?

Quel emploi y-a-t-il pour se dépanner -en attendant de se mieux former ou carrément d'apprendre à lire- quand on exige un secondaire cinq pour un emploi de balayeur, par exemple? Le bassin d'emploi est de plus en plus restrictif et exigeant. Les programmes de l'aide sociale sont déficients à bien des points de vue : les mesures d'aide excluent toutes sortes de personnes en en favorisant d'autres.

Depuis le Programme EXTRA jusqu'au Pacte pour l'emploi, de «cheap labor» en précarité, de «jobinnes» en petits salaires, on arrive à baisser les statistiques pour un temps, mais a-t-on réglé le problème?

C'est la colère qu'inspirent souvent les drames causés par des avis de coupures de prestations, à 15 jours d'avis, pour une famille déjà en situation de pauvreté à cause d'une mesure administrative mal appliquée ou abusive. Un autre préjugé veut que les personnes qui veulent vraiment s'en sortir y arrivent. Se sortir de quoi, exactement?

Alors que le système économique tel qu'on l'a connu est en train de se déconstruire, alors que nous devrions être solidaires en veillant à ce que l'État resserre le filet de protection pour ses citoyens, les mal protégés vont descendre la pente de plus en plus vite et être exclus des autres activités humaines nécessaires à son développement et à sa participation sociale : peu d'argent pour manger, alors le cinéma oubliez ça; difficulté à payer l'Hydro, alors un cours de danse oubliez ça.

Non seulement l'être humain doit-il manger trois repas par jour, mais sa faim d'être reconnu comme une personne de valeur égale aux autres est inassouvie si le discours social le juge sans appel dès que son parcours n'est pas conforme à l'image idéalisée du citoyen modèle.

L'être humain n'est pas qu'un robot au service du Dieu Production. Et puis, sa capacité de payer des impôts n'est pas la seule manière d'être un bon citoyen.

Ce qu'il reçoit en prestations est dépensé entièrement dans sa communauté et n'aboutit pas dans un compte d'épargne Liberté35. Donnez-nous les bons outils, mais aussi donnez-nous le temps de nous remettre des ruptures dans nos vies, que nous puissions nous sortir de la pauvreté, au bénéfice de tous en bout de ligne.

Les préjugés sont toxiques, ils ajoutent une pierre sur le fardeau des personnes défavorisées et démunies à des niveaux peu imaginables et la rengaine T'as-Rien-Qu'À... devrait arriver bien en aval des problématiques développées sur une base personnelle, oui, mais amplifiées par le jugement social.

À qui appartient la pauvreté? Chez CDPAS, notre expertise nous porte à conclure : à tous. Nous sommes tous liés dans notre structure sociale : famille, éducation, formation, accessibilité aux services publics, etc. Quand un maillon casse, toute la chaîne en partage les conséquences. Pour le bien commun, il appartient à tous de favoriser l'entraide, l'écoute, la recherche de solutions, la distribution de la richesse et le pouvoir de changer les choses.

Manouck Germain, Victoriaville

Personne en situation de pauvreté et bénévole à CDPAS-Victo

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Pierre Alain

Commentaire mis en ligne le 13 octobre 2008
Au lieu de vous plaindre sur la pauvreté, allez donc voter NPD et vous aurez trouvé la solution.

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