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Le FIMAV restera muet en 2009

Et reviendra en force en 2010

Manon Toupin par Manon Toupin
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Article mis en ligne le 9 octobre 2008 à 9:52
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Le FIMAV restera muet en 2009
Isabelle Voyer, présidente du conseil d'administration et Michel Levasseur, directeur général et artistique du FIMAV.
Le FIMAV restera muet en 2009
Et reviendra en force en 2010
Le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), est en excellente santé, mais essoufflé, aux dires des membres du conseil d'administration. Alors, ils ont décidé, avec le directeur général de l'événement, Michel Levasseur, de faire une pause d'une année avant de présenter la 26e édition du festival.
C'est ainsi que le prochain FIMAV n'aura lieu qu'en 2010 (du 20 au 24 mai). «Il est important de prendre le temps de consolider les choses à l'intérieur. Il y a une certaine fatigue de l'organisation et nous avons besoin d'un temps pour soupeser la structure financière», a indiqué la présidente du conseil d'administration, Isabelle Voyer.

Depuis mars dernier, une réflexion a été entamée pour en arriver à la conclusion qu'il valait mieux suspendre l'événement en 2009 afin de revenir plus fort en 2010. «Nous prenons du temps pour préparer la suite», a-t-elle ajouté.

Il faut dire que, depuis 25 ans, le directeur général et artistique, Michel Levasseur, est le salarié à temps complet de l'organisation. D'autres gens viennent se joindre à lui, mais à certaines périodes de l'année seulement. «L'événement n'est pas en danger et nous avons un bas de laine de 55 000 $ qui nous aurait permis de continuer. Mais nous voulons consacrer plus de temps à la prochaine édition afin de mieux garantir l'avenir», a-t-il indiqué.

Après le 20e anniversaire du festival, en 2003, l'événement a connu cinq années plus difficiles et un budget global en constante diminution. «Tout cela a impliqué des coupures, partout sauf en ce qui concerne le niveau artistique», insiste M. Levasseur.

Ainsi, le financement du FIMAV semble avoir atteint un plafonnement sur lequel l'organisation devra travailler. «Et les programmes gouvernementaux diminuent», ajoute Isabelle Voyer en prenant comme exemple Tourisme Québec dont l'aide financière est passée de 30 000 $ à 15 000 $ et dont on craint même que la subvention soit coupée.

«La Ville de Victoriaville, le Conseil des arts et lettres du Québec et Patrimoine canadien sont nos principaux bailleurs de fonds. Mais du côté de Patrimoine canadien, on recevait 60 000 $ en 1992 et en 2008 on est à 80 000 $. L'aide financière n'a pas suivi la croissance de l'événement», déplore Michel Levasseur.

Avant de prendre cette difficile décision, les impacts ont été analysés, dont ceux sur le public. D'ailleurs, lors de l'édition 2008, une étude de clientèle et de retombées économiques a été réalisée par les firmes CROP et CFM Stratégies. «Les résultats sont très positifs et stimulants. Il y a croissance de l'achalandage, de l'impact économique, de la satisfaction de la clientèle. Cela contribue à alimenter notre volonté à poursuivre l'aventure du FIMAV, à y croire plus que jamais. Mais cela cache aussi l'immense pression qui est supportée par les ressources internes», ajoute-t-il.

Cette pause d'une année permettra, en plus de faire un réaménagement financier, d'amener des idées nouvelles. De ce côté, il est question d'ajouter des éléments afin d'insuffler une énergie et toucher davantage de gens, avec des expositions ou des installations sonores par exemple.

«La clientèle du FIMAV est composée de gens innovateurs, de leaders d'opinion qui ne se laissent pas facilement rejoindre par une campagne de communication traditionnelle. Pour poursuivre notre développement, il faut trouver comment augmenter notre portée auprès de ces gens et les convaincre de quitter les grands centres urbains, indique Steeve Gagné, directeur du marketing.

La pause permettra aussi de tenter d'aller intéresser des commanditaires nationaux pour soutenir l'événement.

Et pendant l'année qui vient, le FIMAV restera présent par des opérations de communication. «Nous allons garder un lien avec le public et surtout en mai alors que le festival a habituellement lieu», soutient Mme Voyer.

Pour Michel Levasseur, la décision n'a pas été facile. «C'est là qu'on a besoin d'un conseil d'administration fort», a indiqué Michel Levasseur en avouant qu'il était très nerveux lors de l'annonce. «Ça rappelle des souvenirs de 1993», se souvient-il. À ce moment, le Festival avait dû s'interrompre une année à cause de divergences avec le conseil municipal de l'époque. «Mais l'énergie est toute autre aujourd'hui», s'est-il empressé d'ajouter.

Somme toute, toute l'équipe du FIMAV considère que la décision prise en est une de maturité qui permettra d'assurer la pérennité de l'événement.

Outre les membres du conseil d'administration, le conseiller municipal de Victoriaville, Jacques Gagnon, le commissaire touristique Alain Provençal et Yves Zahra de Tourisme Centre-du-Québec étaient présents pour l'annonce.
Le portrait
En détail, l'étude CROP/CFM établit un comparatif de l'étude réalisée en 2004 (l'année suivant le 20e anniversaire) et celle de cette année. Cela permet de constater, entre autres, une croissance générale de 30% et de déterminer que 35% des entrées de la 25e édition provenait de la clientèle hors Québec et de ce nombre, 97% viennent exclusivement pour assister au festival.

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