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Dure épreuve que d’accoucher… d’un ange

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 8 octobre 2008 à 11:11
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Dure épreuve que d’accoucher… d’un ange
À l'avant-plan, Patricia et son père Normand Bourque. Derrière, Manon Rivard et Guylaine Camiré.
Dure épreuve que d’accoucher… d’un ange
Enceinte de 38 semaines, Patricia Bourque était loin de penser que son examen de routine allait lui assener un tel coup. Le cœur de son petit bébé s’était brusquement arrêté. Elle allait devoir accoucher… d’un ange, qu’elle et son conjoint, Stéphane Roberge ont appelé Alexia. «J’ai pensé qu’avec les poussées, peut-être, son cœur se serait remis à battre.» Le miracle n’a pas eu lieu et les résultats de l’amniocentèse n’ont pas permis d’expliquer ce qui s’était passé.
La jeune femme de Plessisville est sortie de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska non pas dans la joie, avec des ballons, des cadeaux et des cartes de meilleurs vœux… mais avec une grande peine, des cartes de condoléances et le fardeau d’organiser des funérailles.

C’était en octobre 2006.

Depuis, chaque année, Patricia, parfois même avec son père, Normand Bourque, participe à l’Envolée de ballons qu’organise le groupe de soutien au deuil périnatal, Toi mon ange, de Parents-ressources des Bois-Francs.

Encore cette année, ils y seront, le samedi 18 octobre, à 13 h 30, à la Maison des familles située au 86, rue St-Paul à Victoriaville.

C’est la troisième fois que s’organise une telle cérémonie réunissant les parents, les amis, la famille de ceux qui ont perdu, récemment ou il y a longtemps, un tout-petit, soit en cours de grossesse ou quelques mois après l’accouchement. L’an dernier, 85 personnes avaient lâché 45 ballons dans le ciel.

La cérémonie fait partie du lent processus du deuil, expliquent l’intervenante sociale Manon Rivard et l’éducatrice spécialisée, Guylaine Camiré, toutes deux proches du groupe de soutien Toi mon ange.

Elles ajoutent que l’Envolée de ballons constitue une occasion de partage, d’écoute et de soutien.

De réconfort aussi, ajouterait Patricia Bourque qui, jamais, ne s’est empêchée de parler de ce qu’elle avait vécu, d’évoquer la mémoire de sa petite Alexia, d’inviter, par exemple, ses collègues de travail à porter du rose lors du premier anniversaire du décès de sa deuxième petite fille. Même sur le chantier de construction de son conjoint, en silence, ses collègues avaient aussi osé porter un foulard rose, compatissant avec le papa.

«D’en parler, c’est dur et libérateur en même temps. Mais quand je le fais, je reçois du réconfort et je peux en donner aussi, parce que bien des gens ont vécu ce genre de deuil», dit la jeune conseillère en orientation à la Poly La Samare de Plessisville. Par le groupe de soutien, elle dit qu’elle plonge et replonge dans le deuil et la souffrance, disant avoir compris que c’est de cette manière qu’elle finira un jour par en émerger et qu’elle pourra vivre en paix.

La petite Alexia fait partie de la famille et sa photo est toujours en évidence dans la maison de ses grands-parents, assure Normand, grand-papa de sept autres petits-enfants.

La perte d’un fœtus ou d’un nourrisson serait encore taboue, affirment les intervenantes.

«Je pense à toutes ces mères siphonnées par la douleur», dit M. Bourque qui a du mal à refouler ses larmes lorsqu’il entend parler sa fille.

C’est lui qui a dû apprendre la triste nouvelle à son gendre, Stéphane, alors que Patricia était admise à l’hôpital. Et cela, inévitablement, fait émerger en lui le souvenir de sa mère qu’il a vu pleurer pendant des jours à la suite du décès d’une de ses petites sœurs.

«J’étais le seul garçon d’une famille de dix enfants. Ma mère était une femme ayant l’habitude de maîtriser ses émotions. Un jour, alors que j’avais cinq ans, j'ai encore l'image de la couchette que ma mère avait revirée à l'envers à la suite de la mort de ma sœur qui n'était âgée que de quelques mois.» Normand Bourque avait alors cru que sa mère allait mourir au bout de ses larmes. «On voudrait que tout aille bien pour nos enfants. Ce qui est arrivé à Patricia et à Stéphane, ça affecte toute la famille, incluant les autres petits-enfants.»

Malgré son deuil et cela depuis plus d’un an, Patricia souhaite toujours réaliser son rêve d’avoir quatre enfants, des frères ou des sœurs pour sa petite Jolyanne.

Elle et son père livreront leurs témoignages à l’occasion de l’Envolée de ballons du 18 octobre. Les gens intéressés à participer à la cérémonie doivent se manifester à la Maison des familles avant le jeudi 16 octobre, en composant le numéro 819 758-4041. Les parents endeuillés peuvent aussi composer ce numéro pour participer aux rencontres du groupe de soutien se réunissant à chaque dernier mercredi du mois à 19 heures à la Maison des familles.

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