La Société canadienne du cancer doit répondre
Le 16 juin 2007, une activité de financement pour la Société canadienne du cancer (SCC), «Le relais pour la vie», a été organisée à Asbestos, ce qui a permis d’amasser plus de 114 000 $.
Le 11 juillet 2007, à peine un mois après avoir bénéficié de la générosité de notre Ville, la SCC a annoncé par communiqué une demande pour bannir l’amiante.
D’abord, sur quels critères la SCC demande-t-elle de bannir l’amiante? Sur quelles études se base-t-elle? La SCC s’est-elle donné la peine d’évaluer notre qualité de vie? Peut-elle prouver que nous, les citoyens vivant à proximité d’une mine d’amiante chrysotile depuis 130 ans, avons plus de cancers, sommes davantage malades et décédons plus jeunes qu’ailleurs au Canada?
De plus, la SCC a fait fi de toutes les recommandations de l’Institut du chrysotile, du Mouvement PROChrysotile québécois et des récentes études scientifiques démontrant que la fibre chrysotile peut être utilisée de façon sécuritaire, qu’elle est moins dangereuse, moins coûteuse et plus résistante que certains produits de substituts.
Pourquoi après de longues années de lutte contre le tabac, dont la dangerosité n’est plus à démontrer, la SCC n’a-t-elle jamais demandé de bannir celui-ci, et autres produits, sauf l’amiante? Pourtant le tabagisme tue plus de 45 000 personnes par année au Canada.
Bien que l’amiante chrysotile soit classé au 119e rang des produits dangereux et toxiques par l’Agence pour le registre des substances toxiques et maladies aux États-Unis, pourquoi la SCC s’attaque-t-elle à ce produit en particulier plutôt qu’à d’autres produits plus nocifs et d’usage courant dans notre quotidien? Si la SCC demande de bannir l’amiante chrysotile, elle devra aussi demander que soient bannis les 118 produits qui la précèdent, dont la fibre de verre, le plomb, le bérylium, le cobalt, le méthane, le nickel etc …
La SCC préfère faire confiance aux produits de substituts alors que plusieurs études dont celles sur la biopersistance démontrent le risque accru d’utiliser des matériaux de substitution au chrysotile qui est un minéral naturel et facile à contrôler. Se pourrait-il que la SCC se laisse influencer par les groupes de pression anti-amiante dont l’objectif avoué est de bannir globalement l’amiante et la fibre chrysotile au profit des produits synthétiques?
Je crois fermement que la SCC fait fausse route et se trompe de cible en demandant de bannir l’amiante sous toutes ses formes sans distinction des types de fibres et de leur dangerosité et ce, sans égard à tout ce qui a été prouvé et écrit scientifiquement sur l’usage sécuritaire de la fibre chrysotile. Il me semble que la SCC demande de bannir l’amiante et la fibre chrysotile sur une base de perception plutôt que basée sur la science qui a bien évoluée par ses outils de recherche et par sa capacité d’évaluer.
Cet inlassable acharnement contre l’amiante depuis les années 1980 est, à mon avis, la plus grande injustice jamais faite contre un produit à travers le monde. Je ne peux comprendre qu’en 2008, on puisse encore demander le bannissement de l’amiante chrysotile quand la littérature scientifique démontre que l’amiante chrysotile utilisée de façon sécuritaire ne comporte pas de risque mesurable pour la santé.
Pour tous les motifs énoncés plus haut, il est à mon avis tout à fait justifié de demander à la SCC, une réponse valable à ces interrogations. Dans un refus de se rétracter publiquement, je demande à celle-ci de nous fournir ses motifs et ses arguments. La SCC se doit de nous répondre à défaut de quoi, son silence sera interprété comme un faux-fuyant ou même une dérobade et sera considéré comme un aveu.
Je crois qu’en toute justice, la SCC ne peut cibler et condamner un seul produit quand la liste des produits dangereux est si longue et si bien identifiée par les chercheurs de notre planète. J’espère ainsi que la SCC saura reconnaître en toute simplicité et humilité que sa demande de bannir l’amiante fut un faux pas et qu’elle acceptera de se rétracter publiquement.
En écrivant cette lettre, je tiens à préciser que je ne valorise pas le développement économique et la richesse au détriment de la santé de la population, voir même la santé de la planète. Néanmoins, en prenant du recul et en comparant la dangerosité de l’amiante à plusieurs autres produits nocifs pour la santé, j’en viens à me poser de sérieuses questions et par surcroît à ressentir une profonde injustice en tant que citoyenne d’Asbestos.
Ghislaine Roger Leroux
Asbestos