Annie Loichot et Jean Béliveau de l’Auberge du Cœur La Maison Raymond-Roy de Victoriaville
Une 12e Nuit des sans-abri pour manifester sa solidarité
À Victoriaville, à l’instar de 20 autres villes du Québec, la population est invitée à se rassembler dans la rue, le vendredi 17 octobre, pour participer à une vigile en signe de solidarité envers bon nombre de jeunes vivant dans la précarité.
Organisée par le Regroupement des Auberges du Cœur, dont fait partie la Maison Raymond-Roy de Victoriaville, la Nuit des sans-abri en sera, au niveau provincial, à sa 19e édition pour démontrer concrètement les conditions précaires auxquelles plusieurs jeunes sont confrontés au quotidien.
«La Maison Raymond-Roy souhaite recréer ce moment unique de solidarité et d’espoir envers ces personnes qui ont droit à une place plus équitable», plaide Annie Loichot, intervenante à la Maison Raymond-Roy.
Mme Loichot signale que l’itinérance peut atteindre toute personne à un moment ou à un autre, d’où le thème de la nuit Personne n’est à l’abri. «Des témoignages de jeunes nous apprennent que leur vie a basculé à un certain moment et qu’ils se sont retrouvés à la rue, souligne Annie Loichot. Nul n’est prédestiné à vivre dans la rue et personne n’est à l’abri de lendemains difficiles, d’épreuves et de solitude, voire de détresse.»
Et le visage de l’itinérance change, observe-t-elle. «Son rajeunissement, sa féminisation et la désinstitutionnalisation modifient de plus en plus le portrait déjà connu du phénomène», dit-elle.
L’intervenante de l’Auberge du Cœur de Victoriaville invite, à la nuit du 17 octobre, ceux et celles qui croient à un avenir plus juste et plus heureux pour les jeunes et moins jeunes vivant actuellement dans des conditions inacceptables. «Ne laissons pas l’indifférence gagner notre cœur», exprime-t-elle.
Encore cette année, la Nuit des sans-abri se déroulera dès 18 h, le 17 octobre, dans le stationnement De Bigarré à l’intersection de la rue Perreault à Victoriaville. «Outre la marche qu’on ne fait pas cette année, la Nuit des sans-abri sera semblable aux précédentes, avec prise de parole du maire de Victoriaville, des députés et de représentants d’organismes. Il y aura aussi la partie spectacle entre 20 h et 23 h et une soupe populaire servie vers 21 h», précise Jean Béliveau de la Maison Raymond-Roy.
Chansons, texte, mais aussi la présence du Cirque du monde marqueront la soirée.
La vigile autour du feu commencera vers 23 h, après les spectacles pour prendre fin vers 2 h 30. «On fait un bout de nuit, cette année. L’activité est davantage symbolique», souligne Jean Béliveau.
La vigile permet davantage les échanges. «C’est après minuit que les gens viennent jaser. C’est à ce moment qu’on peut davantage échanger et conscientiser», note M. Béliveau.
«C’est important pour les gens vivant avec un stress sur la tête de pouvoir compter sur des intervenants pour ventiler leur vécu. Il s’agit d’un moment privilégié pour se parler», renchérit Annie Loichot.
La Nuit des sans-abri porte, une fois de plus, des revendications, à savoir la reconduction du Programme d’Initiative des partenariats de lutte contre l’itinérance, l’implantation à Montréal d’un site d’injection supervisée pour les toxicomanes et l’adoption d’une politique sur l’itinérance. «Une cinquantaine d’organismes souhaitent une telle politique, note Jean Béliveau. Une politique qui toucherait des questions comme le logement et la déjudiciarisation.»
Enfin, sur la scène provinciale, trois personnalités politiques, le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc (pour son refus d’implanter un site d’injection supervisée), le premier ministre canadien Stephen Harper (pour la révision de ses politiques sociales notamment) et la présidente du Conseil du Trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget (pour la non-indexation des prestations d’aide sociale) figurent parmi les finalistes pour l’obtention du Pompon Minute, un prix citron.
«Une centaine d’intervenants ont voté dans la région et Stephen Harper l’a emporté», confie Jean Béliveau.
Quant au choix des gens d’ici pour le Pompon d’Or, il est allé au Refuge La Piaule de Drummondville, finaliste aux côtés du Réseau Solidarité Itinérance Québec et du chanteur Dan Bigras, le lauréat de l’an dernier.
L’itinérance, au pays, touche 150 000 personnes, dont 30 000 à Montréal seulement. «Et les itinérants sont de plus en plus jeunes et les filles se font de plus en plus nombreuses», fait remarquer Jean Béliveau.