Éric Lefebvre
«Je serai votre employé»
Si la circonscription de Richmond-Arthabaska veut «compter des buts», elle doit élire le candidat conservateur Éric Lefebvre. «Je serai votre employé!», a promis M. Lefebvre aux collégiens venus l’écouter et le questionner à la salle de regroupement du cégep de Victoriaville.
Invité d’abord à se présenter, il a rappelé être originaire de Victoriaville, un «ancien» du Cégep, bachelier en enseignement de l’éducation physique de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a exploité un centre de conditionnement physique pour, ensuite, devenir le copropriétaire du Caméléon.
Conseiller municipal de Victoriaville depuis 2001, il a créé la Fondation Christian-Larochelle pour réaliser les rêves d’enfants malades.
À 37 ans, papa de deux fillettes, il a pris sa décision de se lancer en politique fédérale après avoir passé la nuit à lire le programme du Parti conservateur. «Le PC me rejoint pour 90 à 95% de son programme.»
Il a ainsi ouvert la porte à un perspicace étudiant souhaitant qu’il identifie les aspects du programme conservateur qui ne le rejoignaient pas. M. Lefebvre n’a pas révélé ces aspects, mais, s’appuyant sur son expérience au conseil municipal, a dit que, en tant que député de l’«équipe au pouvoir», il discuterait de «ses bémols» avec ses collègues. «C’est comme au conseil municipal ; on a des caucus et c’est le maire qui est notre porte-parole. En politique fédérale, c’est le PM qui est le porte-parole.» Il a toutefois assuré que, en tant que député, il serait une «voix pour vous autres».
Comme les autres candidats, M. Lefebvre a dû répondre à trois questions du comité organisateur sur l’environnement, l’économie et la présence du Canada en Afghanistan.
À la première question, Éric Lefebvre a dit que son chef avait été assez «honnête» pour dire qu’il serait impossible d’atteindre les objectifs de Kyoto avant la date butoir, le Canada ayant dû encaisser une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre sous le règne des libéraux, a-t-il dit. «Il est plus logique de proposer une diminution de 20% des gaz à effet de serre d’ici 2020. C’est un objectif réaliste. Il vaut mieux se fixer un objectif plus facile à atteindre collectivement.»
Il a, entre autres, rappelé que le gouvernement avait versé 350 millions $ au Québec pour son plan vert, 25 M $ de plus que ce qu’il avait demandé.
Disant qu’environnement et économie étaient liés, il a parlé des 2 milliards $ investis dans les carburants renouvelables, des crédits d’impôt pour le transport en commun, du retour sur la taxe d’accise et du règlement du déséquilibre fiscal.
Éric Lefebvre n’a pas disserté longtemps sur les questions économiques, disant que les collégiens auraient toutes leurs réponses lors du débat des chefs (qui avait lieu quelques heures plus tard).
«On se doit d’être là!», a répondu le candidat conservateur sur la question de la présence du Canada en Afghanistan, disant avoir parlé avec des militaires canadiens. «Je ne suis pas pour la guerre, mais il y a de graves problèmes en Afghanistan, des histoires d’horreur. Et avant de reconstruire, il faut sécuriser. On se doit d’aller aider les Afghans à former leur armée et leur police.»
À plusieurs reprises, le candidat conservateur s’est fait rassurant en disant aux collégiens qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter. Non, a-t-il répondu, le débat sur l’avortement ne serait pas ouvert. Sur la question de peines plus lourdes pour les jeunes criminels, il a dit que le projet de loi visait à donner aux juges l’opportunité d’imposer des sentences maximales pour les auteurs de meurtres crapuleux. Des peines plus lourdes «sensibiliseraient et responsabiliseraient» les jeunes de 16 ans.
Quant aux coupes dans la culture, il a dit qu’elles ne représentaient que 2% du budget et qu’un gouvernement conservateur introduirait de nouveaux crédits d’impôt pour les inscriptions des jeunes à des activités artistiques. «Et j’utiliserais mon budget discrétionnaire pour soutenir les activités culturelles d’ici.»
À celui qui voulait savoir quelles actions concrètes il voulait réaliser dans Richmond-Arthabaska, le candidat conservateur a répété qu’il n’avait pris qu’un engagement, celui de dresser la «liste d’épicerie des dossiers priorisés» par des intervenants d’ici réunis autour d’une table qu’il formerait.
Il en a fait tiquer certains lorsqu’il a dit qu’il fallait envoyer à Ottawa un député conservateur pour s’assurer que la voix de Richmond-Arthabaska soit entendue. «Quoi, si un député n’est pas au pouvoir, on ne l’entend pas?» «Il est peut être entendu, mais sa portée n’est pas le même. Demandez à André Bellavance s’il aurait pu amener ici Stephen Harper, Josée Verner pour traiter des dossiers de Peintures récupérées et de la salle de spectacles?»
Ayant affirmé que le Bloc ne pourrait constituer l’opposition officielle, un jeune branché à son portable lui a dit qu’au scrutin de 1993, les 54 députés bloquistes avaient formé l’opposition officielle devant les 177 élus libéraux, comptant deux députés de plus que les réformistes.