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La Nouvelle / L'Union
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À qui appartient la pauvreté?

Article mis en ligne le 6 octobre 2008 à 10:22
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À qui appartient la pauvreté?
À l'occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre, les organismes membres de la Table de concertation et d’action contre la pauvreté de la MRC d’Arthabaska publient quatre chroniques hebdomadaires durant tout le mois d’octobre.
À qui appartient la pauvreté? Avec un tel titre, ce n’est pas certain que les gens vont se ruer pour s’avoir si on a trouvé quelque chose qui leur appartient! Pourtant, à la Table de concertation et d’action contre la pauvreté de la MRC d’Arthabaska, on croit que la pauvreté appartient à tout le monde, à vous comme à nous, autant qu’à ceux qui la vivent. On a tous une responsabilité parce qu’on vit tous dans le même monde.

La pauvreté, encore!? Qu’allons-nous dire de nouveau qui n’a pas encore été dit cent fois, mille fois? La pauvreté n’est pas un sujet inconnu, on en a entendu parler toute notre vie depuis l’enfance à la petite école alors qu’on était encouragé à donner aux pauvres.

Après vingt, trente, quarante ans, qu’est-ce qu’on peut faire de plus, de différent? Qu’est-ce qu’on peut dire de différent? On ne parle plus «des pauvres», on dit les plus démunis, les personnes à faible revenu, les gens en situation de pauvreté. On n’en fini plus de chercher les mots, pour faire connaître et comprendre cette réalité.

Il y a chez nous des personnes, des familles – parents et enfants – qui vivent une condition financière tellement serrée, étouffante, qu’elles arrivent difficilement, parfois pas du tout, à joindre les deux bouts, à combler leurs besoins essentiels. Se loger, manger, se vêtir, chauffer, aller à l’école, payer les factures, les médicaments, se divertir, tout ce que nous devons assumer dans nos vies quotidiennes devient un casse-tête de mille morceaux. Le casse-tête perdure, semaines après semaines, mois après mois, saisons après saisons et les gens jonglent avec les morceaux à la recherche de solutions.

La pauvreté n’est ni une vocation, ni de la simplicité volontaire. Les gens ne font pas le choix de la pauvreté. C’est quelque chose qu’ils subissent et dont ils aimeraient bien se sortir. On ne vit jamais la pauvreté confortablement, les deux pieds sur la bavette du poêle. Quand on sait qu’on n’aura pas assez d’argent pour payer son loyer, pour manger trois repas par jour, pour payer le téléphone, le chauffage, s’acheter des bottes chaudes et un manteau, pour habiller ses enfants et voir à ce que rien ne leur manque, c’est sûr qu’on veut que notre situation change.

Au delà du cliché des Bougons, les paresseux-profiteurs-gras-durs-le-steak-ben-assis-sur-leur chèque, il y a une mosaïque de situations qui ne fait l’envie de personnes. Les pertes d’emploi, le travail précaire, à temps partiel, au salaire minimum, le chômage à 50 ans, les accidents invalidants, la maladie mentale, la maladie tout court, les ruptures, les dépressions, les dépendances (jeu, alcool, drogues) sont autant de causes qui entraînent les gens dans le cercle de la pauvreté. On connaît tous quelqu’un qui, un jour, a été confronté à une telle réalité. D’ailleurs, personne ne peut se prétendre à l’abri de cela. Si beaucoup finissent par s’en sortir, un bon nombre verra cette condition perdurer… Bien sûr, on peut se dire qu’ils n’ont qu’à se secouer, se prendre en main, changer de travail, changer de métier, refaire leur vie. Malheureusement, tous n’ont pas les mêmes ressorts pour s’en sortir.

Mais qu’il s’agisse d’une situation temporaire ou permanente, comme communauté, comme membres d’une même société, qu’est-ce qu’on fait? On veut dire les bons mots, on veut poser les bons gestes, mais, au bout de la ligne, on veut faire quoi?

Soulager la pauvreté, pour qu’elle fasse moins mal? Pour la rendre plus acceptable? Détourner notre regard pour croire qu’on l’efface, comme un dessin au crayon de plomb? Ou la regarder bien dans les yeux, pour la comprendre, la confronter, la contrer.

On doit reconnaître qu’on n’a pas tous le même rôle à jouer mais, aussi, qu’on ne peut rester les bras croisés, indifférents.

Une personne seule prestataire de l’aide sociale reçoit 572 $ par mois. C’est évident qu’elle ne peut pas arriver. Et même si ses médicaments, ses lunettes sont remboursées, on ne peut pas dire qu’elle va se mettre riche avec ça. Quand on sort du cliché (tellement confortable) des Bougons, qu’est-ce qu’on pense qu’on peut faire comme société?

Les groupes communautaires revendiquent auprès du gouvernement huit mesures sociales pour lutter contre la pauvreté. Des mesures sociales pour toutes les personnes pauvres d’aujourd’hui, pour toutes les personnes pauvres de demain… mes voisins… mes cousins… mon frère Martin? En fait, un filet social pour tous les citoyens.

À qui appartient la pauvreté? Parce qu’on vit tous dans le même monde, les uns près des autres, il nous appartient à tous, de trouver le rôle qu’on peut jouer, ce qu’on veut faire. Et ça, ensemble, on peut le faire!

Isabelle Voyer

La Sécurité alimentaire

Victoriaville

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Guylaine Cloutier

Commentaire mis en ligne le 13 octobre 2008
J`espère que tu vas voter NPD Isabelle au moins tous les efforts que tu as fait seront récompensés.

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