Maureen Martineau
Culture : les coupures inquiètent
Directement, les coupures en culture, annoncées récemment par le gouvernement fédéral, affectent, dans la région, les sources de soutien aux films documentaires d'auteurs, dont ceux du réalisateur Serge Giguère.
C'est la disparition du Fonds canadien du film et de la vidéo indépendante (1,5 million $) qui prive le réalisateur qui s'est mérité un Jutra et une bourse de carrière du CALQ.
Pour la codirectrice du Théâtre Parminou, Maureen Martineau, la façon dont les programmes ont été coupés, «même s'ils étaient performants et rencontraient leurs objectifs», a de quoi inquiéter. «Au Québec, le Conseil des arts et lettres a révisé ses programmes, mais ils n'ont rien arrêté pour autant. Au fédéral, ils coupent et disent qu'ils vont remplacer par des programmes meilleurs et plus performants. Mais la confiance est ébranlée», indique-t-elle.
La région, continue-t-elle, se démarque par ses pratiques artistiques spécifiques et singulières. «Nous avons une personnalité artistique particulière, alternative, qui commence aussi à s'exprimer par le cinéma», explique-t-elle. Beaucoup de jeunes étudient actuellement dans ce domaine et, avec la fin du Fonds canadien du film et de la vidéo indépendante, se voient retirer un soutien de départ de carrière, comme le déplore Mme Martineau.
Pour d'autres programmes coupés, tels que Prom'Art ou Les routes commerciales, ils permettaient aux artistes de voyager à l'étranger. L'impact se fait moins sentir dans la région. Si Mme Martineau estime que les programmes en question sont utiles et permettent de développer des marchés, on ne peut toutefois pas dire qu'ils sont beaucoup utilisés dans la région. «Il y a des programmes similaires au Québec. Mais nous sommes en développement culturel dans la région et nous étions en approche de les utiliser», estime-t-elle.
D'autres organismes culturels de la région reçoivent actuellement des subventions par l'entremise du programme «Présentation des arts», un programme de Patrimoine canadien qui n'a pas été coupé et qui aide à la diffusion des spectacles. Parmi ces organismes, selon Mme Martineau, on retrouve le Festival international de musique actuelle de Victoriaville et les Fêtes victoriennes. «Les programmes à côté ont été coupés, de façon drastique», souligne-t-elle.
Si les impacts directs ne sont pas trop importants en région, les impacts indirects pourraient avoir des conséquences sur le développement culturel. «Plusieurs groupes se sentent menacés par la façon dont le gouvernement gère la culture», termine Maureen Martineau.