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Les enseignants du Cégep manifesteront

Article mis en ligne le 2 octobre 2008 à 11:10
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Les enseignants du Cégep manifesteront
Le lundi 6 octobre, de 7 h à 8 h, les profs du cégep de Victoriaville manifestent leur opposition face à la décision du gouvernement du Québec de ne dédier officiellement aucune somme d’argent, en provenance des transferts fédéraux, à l’enseignement proprement dit.
Le Ministère a accordé aux cégeps 40% de ces montants reçus au titre de l’enseignement supérieur, tel que le réclamaient les différents intervenants du milieu collégial. Mais le gouvernement Charest a décidé qu’il n’y aurait, à même ces enveloppes, aucune somme pour soutenir la tâche inhérente des enseignantes et des enseignants.

La Fédération des cégeps a beau clamer que 92 profs seront engagés, la réalité est que seul un maigre 10% des sommes mises à la disposition des collèges pourra être utilisé pour des activités périphériques à l’enseignement.

Dans les faits, aucun poste ne sera créé dans le réseau. Les directions des collèges doivent soumettre des projets axés entre autres sur la réussite ou l’amélioration de la qualité de la langue, mais la charge de travail des enseignantes et des enseignants, elle, ne sera en rien améliorée.

Le montant obtenu du gouvernement fédéral demeure bien en deçà des besoins de réinvestissement en enseignement supérieur. Il est difficile dans ce contexte de voir le gouvernement du Québec passer à côté des véritables besoins du réseau collégial, d’autant qu’il n’a pas pris la peine de consulter le milieu enseignant avant de prendre ses décisions.

L’enseignement est au cœur de la mission des cégeps. Pourtant, depuis 15 ans, la tâche n’a cessé d’augmenter et les ressources de diminuer. Aux coupes liées à l’atteinte du déficit zéro, à la fin des années 1990, se sont ajoutées, depuis la réforme de 1994 réalisée à coût zéro, de nouvelles obligations en matière de programme.

De plus, un alourdissement important de la charge de travail des enseignantes et des enseignants, provoqué par l’inadéquation entre le financement et l’organisation scolaire, des mesures administratives comme la modification de la date d’abandon ou encore les doubles imputations des ressources enseignantes, n’ont fait qu’accentuer le problème.

Les pertes d’enseignantes et d’enseignants au cours des douze dernières années se chiffrent par centaines, au moment où les défis deviennent plus importants compte tenu de l’hétérogénéité croissante des effectifs étudiants, de la baisse des seuils d’entrée et des attentes toujours plus grandes en matière de technologie, de formation et de réussite.

La réalité du travail enseignant aujourd’hui amène des profs à encadrer jusqu’à 160 étudiantes et étudiants, et parfois plus. Cela n’a pas de sens et ce plafond doit baisser. Il arrive qu’une charge de travail comporte jusqu’à 7 ou 8 cours différents à préparer : est-ce raisonnable?

Les enseignantes et les enseignants du réseau collégial réclament la pleine reconnaissance des activités liées directement à l’enseignement. Ils estiment nécessaire de pouvoir offrir aux étudiantes et aux étudiants le meilleur enseignement et la meilleure disponibilité possible. C’est ça, le véritable chemin vers la réussite.

La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport doit reconnaître que cette réussite des jeunes Québécoises et Québécois inscrits dans les cégeps est directement liée aux conditions d’enseignement qui y prévalent.

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