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Michel Dumais : un irréductible diffuseur

Manon Toupin par Manon Toupin
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Article mis en ligne le 1 octobre 2008 à 16:34
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Michel Dumais : un irréductible diffuseur
Michel Dumais
Michel Dumais : un irréductible diffuseur
Dans son bar Le Vieux St-Pierre, Michel Dumais produit, bon an mal an, une cinquantaine de spectacles, mettant en vedette les artistes en émergence. Depuis 13 ans, sa petite salle de 90 places à Victoriaville s'est forgé une réputation dans le monde artistique et aujourd'hui, il n'a plus à chercher les artistes à y produire. Ce sont eux qui veulent venir jouer dans cette salle où ils sont certains de pouvoir se produire, dans le respect.
Tout a commencé, tout simplement parce qu'il est mélomane et qu'il a voulu proposer autre chose à ses clients. «J'ai été un des premiers petits bars à offrir des spectacles», indique-t-il fièrement.

Alors, pour se faire plaisir à prime abord, il a commencé à mettre en vedette des groupes, de la relève, dans son établissement et à imposer un coût d'entrée pour y assister. «Depuis les débuts, je propose des choses différentes aux gens. Je n'attends pas que les artistes soient populaires pour les faire jouer. J'écoute quelque chose, j'aime ça, alors je présente le groupe», explique-t-il tout simplement.

Il faut croire qu'il a un certain flair pour les artistes qui vont percer puisqu'il a eu l'occasion, au fil des ans, de présenter, bien avant les autres, des groupes ou des artistes solo qui ont su se tailler une place de choix dans le milieu musical.

C'est ainsi qu'il peut se vanter d'avoir fait jouer dans son bar, Les 3 Accords, Les Cowboys Fringants, Alfa Rococo, Dumas ou Vincent Vallières (pour ne nommer que ceux-là). «Et je peux vous dire que le groupe Beast, qui sera ici le 25 octobre, sera le show de l'année. Tout comme Alexandre Desilets», prédit-il.

S'il a un sixième sens pour prédire les groupes qui feront du chemin, Michel Dumais avoue toutefois ne pas avoir la bosse des affaires. «Je ne suis pas un homme d'affaires », insiste-t-il. En effet, ce n'est pas avec la présentation de spectacles qu'il parvient à faire des profits. C'est plutôt le contraire même. «J'amène les spectacles pour me faire plaisir, pas pour remplir la salle», avoue-t-il. C'est ainsi qu'il prend des risques et se retrouve parfois avec une salle presque vide ou d'autres fois avec une salle remplie et des gens qui sont obligés de demeurer à l'extérieur.

«Les artistes veulent venir jouer ici parce qu'il y a un respect de ce qu'ils font. Je m'arrange pour que tout fonctionne bien et qu'il y ait une ambiance autour du spectacle», indique-t-il. Cela fait en sorte que les gens se sentent bien dans cette salle. Si bien que, plus souvent qu'autrement, les artistes, après leur prestation, restent dans le bar, s'assoient avec les gens et font la fête…«Cette proximité des spectateurs et des musiciens et chanteurs est différente de ce qui se fait ailleurs».

Le diffuseur n'a jamais eu peur de risquer un groupe ou un artiste. Au contraire. Une seule condition fixe ses choix : il faut qu'il aime ce qu'il présente. C'est pourquoi certains groupes ou gens ne viendront jamais au Vieux St-Pierre, même si Michel était certain de remplir sa salle. «Mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas bon», se défend-il.

«C'est sûr que ce n'est pas facile de produire des spectacles à Victoriaville, peu importe la personne qui le fait. Même si les spectacles sont accessibles, les gens ne viennent pas nécessairement. Je ne sais jamais, d'une fois à l'autre, si les gens vont venir ou non», mentionne-t-il. Si, au début, il se mettait en colère lorsqu'il voyait qu'un spectacle n'attirait pas les spectateurs comme il l'aurait souhaité, aujourd'hui il prend les choses avec un grain de sel. «Je «booke» l'artiste et advienne que pourra».

Il donne la possibilité aux gens d'avoir un endroit où des groupes intéressants viennent chanter. «Je le fais parce que j'aime ça. À la limite, si les gens ne viennent pas, c'est tant pis pour eux».

Si depuis les débuts, il a mis l'accent sur les groupes francophones, il tente maintenant une percée avec les groupes anglophones. Il estime qu'il est important d'exposer les gens à différents styles musicaux, de leur donner le goût de voir des spectacles. C'est justement pour cette raison qu'il se dit totalement en faveur de l'implantation d'une salle de spectacles à Victoriaville. «Si ce n'avait été que de moi, ça fait longtemps que ce serait réglé», mentionne-t-il.

Même s'il ne s'est donné aucune mission, avec sa diffusion, il participe activement au développement culturel dans la région. Mais qu'on ne lui parle pas de l'industrie culturelle. En effet, il ne veut pas qu'on dise que la culture est rentable. «La culture c'est essentiel, c'est ce qui fait ce qu'on est. C'est au-delà de tout, c'est notre essence», croit-il.

Avec sa programmation, tout ce qu'il souhaite c'est que les gens puissent découvrir des groupes et aimer ça. «Ils pourront aussi dire qu'ils les ont vus, bien avant qu'ils ne soient célèbres, ici à Victoriaville», termine-t-il.

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