Une image vaut mille mots
En plus d’offrir des activités participatives de découverte et d’appréciation des arts, les Journées de la culture se veulent également une occasion de sensibiliser les Québécois sur la triste réalité d'autres pays. C’est à travers une exposition de photos intitulée «Résistance Visuelle» que les représentants du Projet accompagnement solidarité Colombie (PASC) ont voulu démontrer le vrai visage de la Colombie.
Captés par les équipes du PASC entre 2005 et 2007 dans le Choco, les clichés, qui parlent d’eux-mêmes, illustrent les liens entre la répression et les intérêts économiques de ce pays. «Les gens n’ont pas idée de ce qui se passe là-bas, a confié un représentant du PASC, Maxime Comeau. Il y a quatre millions de villageois qui ont été déplacés, des milliers qui ont été assassinés et le premier ministre du Canada dit que leurs droits sont respectés… C’est gênant!»
Selon M. Comeau, ce manque d’information n’est pas difficile à comprendre. «Durant les derniers mois, on a entendu parler d’Ingrid Betancourt et de seulement elle. On a l’impression que les médias ne vont pas chercher les sources du problème. C’est vraiment dommage», admet-il.
Également, le jeune homme rappelle que tous les Québécois et les Canadiens profitent de cette misère. «Ce sont les pays du Nord qui bénéficient du Sud, en consommant leurs produits comme l’huile de palme. On a un État qui reste discret sur certains sujets afin de faire profiter les plus riches et de faire payer les plus pauvres», soutient-il.
Le PASC est un organisme qui souhaite créer un réseau de solidarité direct avec des organisations et communautés colombiennes en résistance pour la défense de leur territoire et le respect de leurs droits.
En plus de faire de la dénonciation sur le terrain, le PASC organise environ trois voyages par année dans le Choco afin d’offrir un accompagnement pour les communautés menacées. M. Comeau en sera à sa première expérience en sol colombien, lui qui quittera le Québec dans à peine un mois. «Même si je suis excité de partir, il y a beaucoup de nervosité. La situation du pays est dans une période très difficile, car on entend parler beaucoup d’enlèvements. Dépendant de la nécessité et si tout se déroule comme prévu, je prévois rester entre quatre et six mois. En profitant de notre statut de Canadien, on peut assurer la protection des villageois face aux paramilitaires, qui sont le bras droit du gouvernement», conclut-il.
Dominique Ravanel
Commentaire mis en ligne le 30 septembre 2008Parrain et Marraine d'un jeune Colombien de la région de Choco,nous sommes inquiets : les nouvelles sont de plus en plus rares et il semblerait que les associations humanitaires se retirent de cette région. Elles sont très discrètes (c'est le moins qu'on puisse dire) sur les causes exactes de ce retrait.
Quel moyen aurions nous d'avoir plus de renseignements?
Merci