L'activité a permis d'asseoir les six candidats à la même table.
Droit de parole… et de vertes répliques
Félicitations, vous avez gagné! Quel est votre premier engagement auprès des électeurs de Richmond-Arthabaska?, a demandé Réjean Cajolet, président de la Chambre de commerce et d’industrie des Bois-Francs et de l’Érable aux six candidats au scrutin fédéral attablés pour le Droit de parole de mercredi midi.
Dans l’ordre où ils avaient une petite minute pour répondre, le député bloquiste sortant, André Bellavance a dit vouloir s’engager dans la «continuité» de ce qu’il avait toujours fait, rappelant qu’il était en politique depuis onze ans (d'abord comme adjoint). «Difficile, a-t-il précisé, de n’avoir qu’une seule priorité. Il faut jouer un rôle proactif. Notre rôle c’est d’ouvrir des portes.»
Le candidat indépendant Jean Landry s’est engagé, pour sa part, à faire «progresser l’économie de ma région», par le maintien et la création d’emplois en réclamant des investissements pour le soutien des entreprises.
Le candidat François Fillion a lancé une série de mesures «vertes», la lutte aux gaz à effet de serre constituant sa priorité, évoquant, entre autres le projet d’une concertation entre Municar, Taxibus et la coopérative de location de voitures pour réduire le nombre de véhicules.
Le néodémocrate Stéphane Ricard favorise le développement «vert et durable». Il a énoncé quelques «outils» afin de simplifier, pour les entreprises l’accès à des programmes d’infrastructures, un meilleur support financier pour les sociétés d’aide au développement des collectivités.
L’«économie verte» constitue également une préoccupation pour la libérale Gwyneth Grant. À quelques reprises, au cours de l’activité, elle a dénoncé le «déficit d’idées et d’originalité» du Parti conservateur, disant que si elle était élue elle réunirait les décideurs des Bois-Francs et de l’Estrie pour convenir de son plan d’action.
Le conservateur Éric Lefebvre a déjà évoqué, au cours de sa campagne, cette idée de former un comité composé d’intervenants de toutes les sphères pour établir les priorités de Richmond-Arthabaska. Il a énoncé ce projet comme étant son principal engagement, assorti d’un bilan annuel de ses réalisations et de celles de son parti.
Des vertes… et des meilleures!
Au cours de cette rencontre publique avec les six candidats – la seule probable d’ici le scrutin – il a été question d’éducation, d’assurance-emploi et d’aide aux entreprises. À ces questions – plus longues que les réponses - que la Chambre de commerce, la Corpo économique, la Corpo communautaire et le Cégep leur avaient fait parvenir à l’avance, chacun disposait d’une minute pour répondre, ce qui, parfois, nuisait à la compréhension de l’exposé.
Du public (majoritairement composé de partisans), cinq questions ont été posées sur le vif, visant surtout les politiques du Parti de Stephen Harper : coupes dans les programmes culturels, coûts du Bloc, allègements fiscaux aux pétrolières, le protocole de Kyoto et le cas du ministre Michael Fortier. Toutes ces questions ont été adressées soit à Éric Lefebvre, soit à André Bellavance.
Si l’activité n’a pas vraiment donné lieu à un «débat» entre les candidats, elle n’a pas manqué de couleurs et de répliques savoureuses.
Le candidat néodémocrate Stéphane Ricard y est allé de certaines envolées, d’attaques directes à l’endroit du candidat conservateur Éric Lefebvre. M. Lefebvre devrait être «gêné» d’appartenir à une formation politique qui coupe, entre autres, dans des programmes culturels parce qu’ils ne produisent pas de résultats. «Et en Afghanistan, y’a-t-il des résultats?». Il a fait rire l’auditoire avec sa ritournelle «C’est terminé, il faut le NPD avec Stéphane Ricard dans Richmond-Arthabaska!», estimant que seul son parti peut vraiment changer les choses.
La lutte est vive entre le candidat conservateur et le député sortant. Éric Lefebvre affirme qu’il faut cesser d’envoyer des députés qui «resteront éternellement dans les gradins» pour leur préférer des joueurs sur la patinoire. Le fait qu’il ait pu, lui, simple candidat, traiter des dossiers d’immigration et obtenir une subvention pour le Forum SESAME, prouve, selon lui, qu’il est avantageux de faire partie du gouvernement au pouvoir. Et il a rappelé que la semaine dernière, il avait pu faire venir Stephen Harper chez Peintures récupérées, l’entreprise ayant un projet d’agrandissement de 5 millions $.
Le bloquiste André Bellavance lui a rétorqué qu’un député du gouvernement n’avait pas nécessairement plus de «pouvoir». À Victoriaville, a-t-il dit, on a gardé un souvenir bien plus impérissable du créditiste André Fortin qui a toujours été dans l’opposition, que du député conservateur au pouvoir Maurice Tremblay. «On ne se souvient de lui que parce qu’il a cassé le nez de son organisateur!» Peu importe qui sera élu le soir du 14 octobre, a dit M. Bellavance, plus tard, ce sera le bon choix, celui des électeurs.
La candidate libérale Gwyneth Grant s’en est tenue, la plupart du temps, aux mesures contenues dans le programme de son parti, décochant quelques flèches à l’endroit du Parti conservateur. Elle a dénoncé les «coupes idéologiques» dans la culture, la réduction de la TPS qui n’est que «poudre lancée aux yeux» et a relevé les «excuses» hebdomadaires de Stephen Harper pour les bourdes des membres de son équipe. Quant au député sortant, André Bellavance, il est «génial», a-t-elle dit, «mais il n’a pas amené beaucoup de subventions dans le comté».
Jean Landry affirme qu’en tant que député indépendant, il sera «libre d’écouter et d’agir avec et pour vous». Il partage d’ailleurs le point de vue de son ancien attaché politique (André Bellavance) lorsqu’il dit qu’un bon député n’a pas nécessairement besoin de faire partie du gouvernement du pouvoir. Il a rappelé qu’au temps où il était député bloquiste, il avait pu contrer le projet de fermeture du centre d’emploi de Victoriaville.
«Les candidats du Parti vert sont peut-être poches en politique, parce que notre force c’est d’être des militants», a lancé le vert François Fillion. Et il a profité de cette tribune pour révéler qu’un parti municipal vert, «démocratique et solidaire», était actuellement en formation à Victoriaville.
Les téléspectateurs de la Télévision communautaire des Bois-Francs pourront assister, en différé, à cette activité, le Droit de parole étant présenté au petit écran le lundi 29 septembre à 20 h 30, repris le jeudi suivant à 20 heures, le vendredi à 13 heures et enfin le samedi 4 octobre à 21 h 30.