Rachel Germain
«Les Absents», un film qu'on ne verra pas au cinéma
Rachel Germain a écrit le scénario d'un film. Mais ce projet cinématographique n'avait pas pour objectif premier la production d'un film. Ainsi, son film, intitulé «Les Absents», ne sera probablement jamais diffusé au cinéma ou même tourné.
La jeune cinéaste, bachelière en beaux-arts avec une majeure en «film production» de l'université Concordia, a bénéficié d'une bourse du Fonds des arts et lettres du Centre-du-Québec afin de réaliser ce projet. «C'était une recherche d'écriture scénaristique pour un moyen métrage de fiction qui se déroule au Centre-du-Québec», explique-t-elle.
Ainsi, le but de l'exercice était d'écrire un scénario de film. «Quand j'ai fait ma recherche, il devait y avoir des actions avec des gens. J'avais mis sur pied un comité de lecture et je devais travailler avec les organismes. Alors, le projet a débordé. Davantage que l'artiste versus la création, il y a eu l'artiste versus la communauté», souligne Rachel.
Cette dernière a donc crée l'histoire, le scénario qu'elle a soumis à un comité de lecture. Ce dernier y a apporté des modifications, des bonifications dira Rachel. Ensuite, des comédiens (Fabienne Aubuchon, Nicolas Gendron et Simon Allaire) ont répété des bouts du scénario en y apportant aussi leur grain de sel, leur propre interprétation des personnages.
«Puisque le film ne sera probablement pas réalisé, il s'agissait d'une façon de le faire vivre, autrement», insiste-t-elle.
Ces interactions ont permis, selon elle, de bonifier le résultat, d'approfondir davantage la matière.
Ce film, qualifié d'étrange par Rachel, se veut un faux polar. L'action se passe à Warwick et met en scène un professeur d'histoire dont le fils se meure d'une étrange maladie. Parallèlement, Hervé est dans la ville et fait des affaires louches. Il rencontre Alice, une jeune veuve revenue vivre à Warwick. «Chacun observe l'autre et ça se termine par un meurtre», indique l'auteur. Le film (en fait le scénario), aborde les questions de l'absence et de l'identité.
Le projet est en cours depuis avril et devrait se terminer, par une conférence qui aura lieu le 30 septembre prochain, à 19 h, à la salle d'animation de la bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot de Victoriaville. À ce moment, il y aura une publication se rattachant au projet, qui explique l'origine, l'élaboration et qui sera accompagné d'un CD avec la vidéo du déroulement ainsi que la trame sonore réalisée par Joe Jack Wagner.
La deuxième phase du projet pourrait être de faire le film dans une autre localité et voir comment il pourrait évoluer ou encore de le produire comme tel. Mais dans un cas comme dans l'autre, la jeune cinéaste voudrait le réaliser d'une manière différente. «J'aime beaucoup travailler avec les autres. C'est nourrissant. Ça permet d'obtenir une œuvre plus intéressante et ça lui donne une utilité sociale», croit-elle.
Rachel parle alors d'art relationnel, où le processus de création est aussi important que le résultat final. «C'est le début de quelque chose qui pourrait se développer et qui m'intéresse beaucoup», indique-t-elle.
Elle demeure bien réaliste lorsqu'elle dit que le film ne sera probablement pas tourné. Puisqu'il s'agit d'un moyen métrage (entre 45 et 50 minutes), il faut beaucoup de ressources, et de budget pour le réaliser. «L'écriture est plus simple. La matière première c'est toi», apprécie-t-elle. Et le fait que le film n'est pas la fin en soi, lui permet de continuer à cheminer.
En attendant le prochain projet, Rachel travaille à la Télévision communautaire des Bois-Francs où elle réalise une série d'émissions sur l'immigration au Centre-du-Québec. «Je participe aussi au projet Rallye Diversité du Grave pour lequel je fais la bande sonore et je serai à l'Artifest de Drummondville avec le collectif Chels où nous présenterons des projections vidéo.
On peut consulter le blogue du projet «Les Absents» logé à lesabsentsprojet.blogspot.com.