On achève de voir le nom de Capilano sur les étiquettes des produits de Miel Labonté.
Miel Labonté se sépare de sa partenaire australienne
La Victoriavilloise Miel Labonté a mis fin à son association avec l’entreprise australienne Capilano. «C’est un friendly divorce, résume le président Jean-Marc Labonté.
Il explique que le «divorce» a été consommé en mars dernier et que le nom de Labonté devrait désormais s’imposer, tout seul et en gros, sur les nouvelles étiquettes des produits qui sortent de l’entreprise victoriavilloise.
Parce qu’il manquait de miel au Canada, Miel Labonté s’était associée à Capilano en 2003. «En 2007, l’Australie a connu l’une de ses pires récoltes, ne pouvant plus nous assurer un approvisionnement constant. Même si nous ne sommes plus associés, Capilano nous confie toujours des contrats d’emballage. On pourrait parler d’une restructuration.»
La fin de cette association a entraîné la mise à pied d'une dizaine des quelque trente employés de l’usine victoriavilloise. «Parce que nous avons réduit notre production de 30%.»
Les temps sont durs pour l’apiculture, reconnaît Jean-Marc Labonté. Le pou de l’abeille, qu’il compare au sida, fait toujours des ravages. L’Ouest canadien, le plus gros producteur de miel, se débat toujours avec ce «fléau» qui réduit considérablement les colonies de petites ouvrières.
Au Québec, les conditions météorologiques de l'été ont été «déplorables» pour les récoltes, Jean-Marc Labonté estimant leur réduction à au moins 50%. «Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un été comme ça!», s’exclame-t-il.
Il explique que les abeilles ne sortent pas lorsqu’il pleut. «Une goutte de pluie peut leur être fatale.» Pour fabriquer une once de miel, une abeille doit effectuer 1 600 butinages, dit-il.
Les bleuets, présents en grande quantité, devraient compenser certaines des pertes, offrant un bon potentiel de pollinisation, croit Jean-Marc Labonté.
Malgré les hauts et les bas de l’apiculture, toujours soumise aux aléas de cette nature qu'«on ne contrôle pas», Jean-Marc Labonté prend les choses avec philosophie. «Aujourd’hui, rien n’est facile pour personne. Il faut s’adapter, rationaliser nos opérations», de façon à traverser ce qu'il appelle des «tempêtes».