Les jeunes ont participé à un atelier de fabrication de masques.
Un petit village dans les souliers d’un grand continent
Sans devoir traverser l’Atlantique, plusieurs personnes ont eu la chance de plonger littéralement dans le monde culturel de l’Afrique dans le cadre de la deuxième Fête africaine à Inverness. Musique, cours de danse et fabrication de masques étaient au rendez-vous, permettant aux passionnés et aux assoiffés de nouvelles connaissances de vivre une expérience unique en son genre.
En amour avec ce pays alors qu’ils y ont vécu durant six ans et demi, Roch Richard et son épouse France Houle sont comblés de pouvoir refaire l’activité encore une fois cette année.
«Depuis que nous somme revenus, nous avons toujours à cœur ce pays, surtout France. Avec cet évènement, on souhaite créer un esprit de fête, à travers des moments de discussions et d’apprentissage», explique M. Richard.
Alors que la première édition avait accueilli environ 200 personnes, le scénario est un peu différent pour cette année.
«C’est difficile à expliquer, car la programmation est même meilleure que la dernière. Nous sommes situés à un endroit un peu retiré alors le prix de l’essence peut jouer contre nous. Également, avec l’été pluvieux que nous avons, les gens n’ont pas eu la chance de travailler sur leurs terrains alors lorsque le soleil se pointe, ils en profitent», explique Mme Houle.
Cependant, ce n’est pas le nombre de personnes qui importe pour les organisateurs, mais bien que les participants repartent avec le sourire, soutient Roch Richard.
«Nous avons des activités diversifiées et très intéressantes. Par exemple, un atelier de fabrication de masques a été offert et à la fin, les enfants ont mis leurs œuvres et ont fait la parade», raconte-t-il.
Pour ceux qui sont plus agiles des pieds que des mains, Iris Lindsay était présente pour offrir des ateliers de danses africaines, elle qui offre des cours à Québec et Trois-Rivières depuis 12 ans.
«Puisque ce sont des danses différentes des nôtres, il arrive souvent que les gens trouvent cela drôle et soient un peu gênés d’essayer. Par contre, ce sont des danses qui impliquent toutes les parties du corps. L’important, c’est de voir le monde bouger!», raconte-t-elle.
En plus de ces ateliers, trois membres de la troupe des Batteurs Atomiques, en compagnie de leurs invités guinéens, ont électrifié la scène avec leurs percussions de toutes sortes. Impossible de rester assis, et ce, même pour les plus paresseux, assure M. Richard.
«Ce groupe joue de la musique traditionnelle de la Guinée et du Burkina Faso. De plus, lors de la soirée de samedi, les gens présents étaient invités à prendre une percussion et de jouer avec eux pour le plaisir. C’est vraiment un échange culturel, car à part les Africains, nous avons des Italiens, des Mexicains et bien sûr, des Québécois», explique Roch Richard.
Un des membres du groupe, Fodé Bangoura, est heureux de pouvoir partager sa culture avec les Québécois. «Je vis à Québec depuis huit ans et je me promène aux quatre coins de la province pour enseigner la musique africaine aux jeunes dans différentes écoles. La Fête africaine est vraiment une activité intéressante et je suis certain qu’elle prendra beaucoup d’expansion au cours des prochaines années», assure-t-il.
Aussi, un évènement surprise s’est déroulé dans la même soirée. «Lorsque nous sommes allés en Afrique, nous avions rencontré un jeune virtuose. Nous avons appris récemment qu’il est décédé d’un empoisonnement alimentaire. On a décidé de faire un montage avec les vidéos que l’on a filmé afin de lui rendre hommage. C’était vraiment touchant», conclut-il.
Denis Poisson
Commentaire mis en ligne le 28 août 2008Excellent reportage et photos descriptives. Bravo surtout aux organisateurs France et Roch pour leur initiative interculturelle: une autre démonstration de leur sens du partage que de faire occasionnellement vivre l'Afrique ainsi dans leur patelin pour le plus grand plaisir de leurs amis et invités, et surtout pour les nostalgiques d'un séjour ouest-africain. Souhait de répétition d'une telle expérience, et d'avoir l'occasion d'y assister.