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Jean-François Provencher nie tout

Il ne pourrait avoir abusé d'une fillette qu'il jure n'avoir jamais vu seule

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 18 juillet 2008 à 11:09
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Jean-François Provencher nie tout
L'accusé, Jean-François Provencher
Jean-François Provencher nie tout
Il ne pourrait avoir abusé d'une fillette qu'il jure n'avoir jamais vu seule
Jamais, de toute sa vie, a juré Jean-François Provencher, il n’a commis des gestes sexuels ou tenu des propos, des blagues, des jeux de mots à connotation sexuelle à l’endroit de celle qui le lui reproche aujourd’hui et avec qui, il a toujours eu «d’excellentes relations».
D’ailleurs, prétend-il, entre les années 1965 et 1968, en raison de son horaire de travail au Palais de justice d’Arthabaska, de ses études et de ses nombreuses activités, il était impossible qu’il se retrouve seul en sa compagnie, contrairement à ce que soutient la victime alléguée.

«Je ne l’ai jamais vue seule dans la maison de mes parents», a-t-il affirmé.

Entamé mercredi, le procès devrait prendre fin vendredi avec, tout au moins la plaidoirie du procureur de la défense, Me Jean-Philippe Anctil. Accaparée par un rôle chargé, la procureure de la poursuite, Me Nathalie Leroux n’était pas certaine de pouvoir, vendredi, présenter, oralement, sa plaidoirie devant le juge Guy Lambert.

Une chose est sûre, le juge a déjà annoncé qu’il rendrait son verdict le 22 octobre.
Le témoignage de l’accusé
Ce procès que lui intente cette dame avec qui il a toujours eu d’«excellentes relations» tout au long de sa vie, plonge Jean-François Provencher dans l’«incompréhension totale».
Si ces abus avaient vraiment été commis, le père de la fillette, très «près» de son père à lui, aurait réagi. Selon l’accusé, le père de la fillette ne se serait pas gêné pour demander à son ami d’avertir son fils d’«enlever ses mains de sous la jupe de ses filles».

La seule explication plausible ayant incité la dame de 49 ans à lui intenter un procès quarante ans plus tard, c’est qu’elle se serait pour ainsi dire vengée, parce que déçue et fâchée qu’il refuse d’intervenir auprès de son patron – un ami de M. Provencher –.

Jean-François Provencher prétend que la plaignante lui a demandé son aide pour régler un conflit de travail et la soulager du fardeau de ses tâches. Ces deux demandes auraient d’ailleurs constitué les seuls sujets de la rencontre de mai 2005 qu’aurait sollicitée, chez lui, la victime présumée. Quelques mois plus tard, elle déposait sa plainte pour attentat à la pudeur.

Il n’a jamais été question d’autre chose lors de cette rencontre, Jean-François Provencher réfutant la version présentée la veille par la victime alléguée. Elle soutenait qu’elle voulait cette rencontre pour le «confronter», lui dire qu’ayant abusé d’elle alors qu’elle était fillette, il lui avait gâché une partie de sa vie.
Le juge accepte l’autre témoignage
La deuxième journée du procès de Jean-François Provencher s’est amorcée, jeudi matin, par la décision du juge Guy Lambert d’accéder à la demande de l’avocate de la poursuite, Me Nathalie Leroux, pour déposer au fond de la preuve, le témoignage d’une des sœurs de la victime.
Elle aussi, alors qu’elle était âgée de 4 ou 5 ans, se serait retrouvée sur les genoux de Jean-François Provencher (alors âgé de 13 ans), l’ayant invitée à lui lire une histoire. Il aurait introduit sa main dans la culotte de la fillette, appuyant fortement sur sa vulve. L’arrivée inopinée d’une personne dans la maison familiale a suspendu son geste. Ce n’est que tout récemment, qu’elle a appris que sa jeune soeur aurait vécu, mais à répétition, la même chose.

Malgré les objections du procureur de la défense, le juge a retenu ce cas, parce que, a-t-il expliqué, il y a beaucoup de similitudes entre ce témoignage et celui de la plaignante : elles sont sœurs, elles avaient le même âge au moment des gestes allégués et le contexte était le même.
D’impossibles rencontres
Jeudi, contrairement à la veille, il a été peu question des accusations d’attouchements sexuels que M. Provencher aurait commis il y a une quarantaine d’années –sur la plaignante.
Son avocat a passé un long moment à l’interroger sur les différentes étapes de sa carrière, une longue carrière de fonctionnaire surtout dans les services judiciaires. M. Provencher a travaillé un peu partout au Québec dirigeant divers palais de justice, dont ceux de Sherbrooke et de Longueuil. Âgé de 66 ans, il est à la retraite depuis 1998.

S’attardant aux années 1960, moment où selon la victime présumée, les abus auraient été commis, Me Anctil a déposé en preuve un vieux registre que Jean-François Provencher, alors coordonnateur adjoint du Palais de justice d’Arthabaska (son père en était le directeur), où il consignait les horaires de travail et les salaires.

Il a raconté qu’à l’époque, sa journée de travail se terminait à 16 h 30. Il revenait en voiture avec son père qui avait pris l’habitude de reconduire chez eux les employés du Palais résidant à Victoriaville. Il ne pouvait donc se retrouver à la maison familiale du 18, rue St-Augustin, avant 17 heures, bien longtemps après le départ de la fillette qui s’arrêtait parfois chez sa mère après la classe.

Sa mère Florence, une dame de 91 ans, se déplaçant en fauteuil roulant, a d’ailleurs été invitée par Me Anctil à corroborer la version de son fils. Oui, a-t-elle dit à la Cour, la fillette s’arrêtait chez elle après la classe lorsqu’elle la voyait dehors sur sa grande galerie. Elle arrivait vers 15 heures et quittait toujours avant 16 heures, a dit Mme Provencher, sa mère souhaitant qu’elle rentre à la maison pour faire ses devoirs.

Au cours de son témoignage, la victime alléguée avait raconté que les attouchements pouvaient se produire après la classe ou les fins de semaine. Là-dessus, Jean-François Provencher a affirmé que ses occupations de fin de semaine ne lui auraient pas permis, non plus, de se retrouver seul à la maison de ses parents avec la fillette. Ses études et ses amis qui «attendaient à la porte» accaparaient tout son temps. Il a surpris la procureure de la poursuite, Me Leroux, en se décrivant comme un «ado» parlant de lui alors qu’il avait 23 ou 24 ans. «Fils unique, j’ai été gâté et ma corde était longue.» Il a aussi admis qu'il était grand amateur de lecture, activité à laquelle il s'adonnait surtout dans sa chambre où il possédait une bibliothèque.

Il avait aussi une explication pour cet autre événement qu’a raconté la victime présumée, cette fois où, l’une de ses sœurs l’aurait retrouvée «sidérée» dans le hall de la maison de Jean-François Provencher, lui n’étant vêtu que d’une robe de chambre.

Il est plausible qu’il soit arrivé juste avant son épouse, alors que l’adolescente gardait ses enfants. À l’époque, il travaillait et étudiait tout à la fois, les fins de semaines incluses. Il a pu, ce jour-là, arriver un peu plus tôt que son épouse et, comme il en avait l’habitude, s’élancer vers la douche pour repartir ensuite pour un souper entre amis.

À rebours, on comprend aussi pourquoi Me Anctil avait tant insisté la veille pour que la victime présumée et une de ses soeurs décrivent les deux maisons où se seraient produits les attouchements. Jean-François Provencher a parlé de pièces à aires ouvertes à la maison familiale et de l’absence d’un «banc» où l’une des sœurs aurait pu le voir assis, en robe de chambre, lui et la victime présumée, dans le hall de sa maison de la rue des Érables.

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